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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Le 15 mars 1962, quelques jours avant la signature des Accors d'Evian mettra à fin à la guerre, Mouloud Feraoun et cinq autres enseignants étaient assassinés par un commando de l’OAS, au centre social de Benaknoun.

 

En France, l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons (http://marchandferaoun.free.fr/) perpétue leur mémoire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les éléments biographique ci-dessous sont extraits d'un document de cette association

 

 

Les 6 enseignants assassinés

 

Max Marchand, né le 16 février 1911 à Montaure (Eure), brillant élève, École Normale d’Évreux, instituteur en Normandie, Inspecteur primaire à Oran, Inspecteur d’Académie à Bône (Annaba) et à Alger, Directeur des CSE. Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de guerre 1939-1945, Croix de la Valeur militaire, Officier des Palmes académiques.

 

Mouloud Feraoun, né le 8 mars 1913 à Tizi-Hibel (Grande Kabylie), très bon élève, l’obtention d’une bourse pour intégrer l’École Normale de La Bouzaréa- Alger fera qu’il ne sera pas berger mais instituteur. Il fut le premier Algérien nommé directeur d’un Cours Complémentaire à Fort-National (L’Arbaa Naît Irathen). À la suite de menaces par des militaires activistes, il sera nommé à l’école Nador du Clos-Salembier, un des quartiers les plus pauvres d’Alger. Il intégrera les CSE en i960, comme directeur-adjoint, chargé d’une mission d’inspection sur l’ensemble du territoire algérien.

 

Marcel Basset, né le 3 septembre 1922 à Fouquières-Lès-Lens (Pas-de-Calais), Résistant, gaulliste, son engagement dans les CSE correspond à son idéal.

 

Robert Eymard (et non Aimard selon l’OAS) était le chef du bureau d’études pédagogiques.

 

Ali Hammoutène, né le 16 décembre 1917 à Tizi-Ouzou (Kabylie) dans une famille pauvre, boursier, École Normale de La Bouzaréa-Alger. Instituteur, il passe le concours CAIP à Paris et devient directeur-adjoint des CSE.

 

 

Salah Ould-Aoudia, né le 8 novembre 1908 à Ouaghzen (Kabylie) où il n’y a pas d’école publique, il est éduqué par les Pères Blancs. Instituteur, directeur d’un CSE dès leur création, est nommé Inspecteur des CSE pour la région Alger-Est.

 

 

 

Max Marchand

 

Pendant sa captivité, prisonnier de guerre en Silésie, il ébauche un roman L’impossible héroïsme publié dans la revue Simoun  à Oran en 1952, et écrit un recueil de poèmes Au coeur de la prison qui paraîtra chez Fouque à Oran en 1957.

 Hygiène affective de l’éducateur. Couple de l’éducateur et de l’élève considérés dans leurs relations concrètes. Essai sur une éducation à base existentielle, paru chez Fouque à Oran en 1954 et repris en 1956 par les Presses Universitaires de France dans la collection Nouvelle Encyclopédie Pédagogique ; ouvrage qui acquerra une certaine notoriété dans les milieux de la recherche pédagogique tant en France qu’à l’étranger avec, par exemple, une traduction portugaise de 1985 pour les enseignants du Brésil A afetividade do educator chez Summus Editorial à Sào Paulo.

 Histoire de France et d’Algérie CEM 1950 chez Hachette.
 Histoire de France et d’Algérie CMS 1953 chez Hachette.
 Géographie de la France et de l’Algérie, quatre ouvrages pour les différentes classes de l’enseignement primaire, chez Fouque.
 Des larmes... au rire. Méthode de lecture chez Petit à Oran en 1953.

Version adaptée des revues pédagogiques Hachette :
 Le Manuel Général d’Afrique du Nord pour les instituteurs.
 Le Journal des Professeurs d’Afrique du Nord pour les collèges.

Lancement et collaboration à la revue Simoun.

Max Marchand choisit André Gide comme sujet principal de ses recherches littéraires. 1954 « Le complexe pédagogique et didactique d’André Gide. Un art ambigu... Une pédagogie équivoque... Recherches sur André Gide, l’écrivain au double visage... » sera sa thèse principale pour le doctorat de Lettres, soutenue à la Faculté d’Alger en 1954. L’année suivante c’est : « L’irremplaçable mari ou la vie conjugale d’André Gide » couronné par le grand Prix littéraire de la ville d’Oran. 1956, « Du marquis de Sade à André Gide. Essai de critique psychopathologique et psychosexuelle ». En janvier 1957, il est lauréat du grand Prix littéraire de l’Algérie. Trois ouvrages parus chez Fouque.

En plus de ses activités pédagogiques et littéraires, Max Marchand était :
 Président de la Fédération des OEuvres Laïques d’Oranie.
 Président de la Ligue de l’Enseignement d’Oranie.
 Militant de la SFIO, opposé à la politique algérienne de Robert Lacoste, Max Lejeune et Guy Mollet.
 Franc-maçon du Grand Orient de France, Vénérable de la Loge L’union africaine et la raison réunies à Oran.

 

 

 

 

Mouloud Feraoun

 

 

Mouloud Aït Chabane dont le patronyme avait été changé en Feraoun après l’insurrection kabyle de 1871 a la passion de l’écriture.

Très discret, il ne parle pas de son travail et fait le sacrifice de publier en 1950 son premier livre à compte d’auteur Le fils du pauvre. L’ouvrage apprécié par Albert Camus, c’est Emmanuel Roblès qui l’éditera dans la collection Méditerranée qu’il dirigeait au Seuil. Ce premier ouvrage sera couronné par le grand Prix littéraire de la ville d’Alger.
 1953, La terre et le sang, Éditions du Seuil.
 1954, Jours de Kabylie, illustrations de Charles Brouty, chez Baconnier à Alger puis aux Éditions du Seuil.
 1957, Les chemins qui montent, Éditions du Seuil.
 1960, Poèmes de Si Mohand aux Éditions de Minuit.
 1960-1963, une série de quatre livres de lecture, L’ami fidèle, pour l’enseignement primaire chez Hatier. Journal 1955-1962, publié par Emmanuel Roblès au lendemain de son assassinat. Ce recueil, le plus proche de la réalité dans la construction de l’homme algérien était épuisé, je l’ai fait réimprimer par les Éditions du Seuil.

Un extrait du Journal, p. 56, reflète parfaitement l’attachement mutuel de ces deux hommes de paix oeuvrant pour l’avenir de l’Algérie :

« Ah ! si nous pouvions discuter avec eux (Feraoun parle des rebelles) là, entre quatre z’yeux, nous nous comprendrions sûrement. Et nous établirions un modus vivendi. Essaie de les contacter, m’a demandé mon ami M. (Marchand) de la Ligue de l’Enseignement. M. est une espèce de moine laïc dont l’ascétisme et le regard me rappellent un peu Gandhi. Il se sent capable de réformer la société, de faire sauter la planète, de supprimer le genre humain pour le remplacer par un autre où la fraternité universelle serait une réalité. C’est un apôtre de la non-violence. Je l’aime comme un frère ».

 

Lien: ldh-toulon.net

 

 

LA-STELE-DE-MARIGNANE 2868499-L

                                                           Stèle glorifiant les faits d'armes de l'OAS à Marignane

 

 

 

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Assaru Thafath 14/03/2014 12:21

Une insulte pour l'Algerie !