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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Si l’Algérien est connu pour ses constructions anarchiques, son gouvernement est notoirement réputé pour ses promesses et l’inefficacité de ses actions qui n’obéissent à aucune planification.

L’eau continue de tuer. En gros et en vrac. Les averses automnales ont encore des effets d’ouragan dans l’Algérie de 2011. Trois ans après les inondations d’octobre (2008), El-Bayadh voit les eaux d’un orage emporter ses ponts, ses maisons, mais surtout ses habitants auxquels on avait promis l’oubli de la catastrophe dans le confort d’un plan qui redonnera vie à la localité éventrée par la crue.

Trois ans plus tard, au même mois, El-Bayadh célèbre, encore une fois, dans la douleur et le deuil, le sinistre anniversaire. Et la population, n’étant pas frappée comme le gouvernement d’amnésie, a tenu à le dire haut et fort aux trois ministres dépêchés sur place pour la rassurer. Ce qui confirme le constat du sociologue Djabi que “les Algériens n’aiment pas leurs ministres”… légitimement.
Si l’Algérien est connu pour ses constructions anarchiques, son gouvernement est notoirement réputé pour ses promesses et l’inefficacité de ses actions qui n’obéissent à aucune planification.

Quand le drame survient, il ressort les mêmes recettes pour anesthésier les mécontents feignant d’oublier qu’elles sont éculées.

Ce qui est valable pour El-Bayadh a été vérifié à Bab El-Oued, Biskra et ailleurs.
Les trois membres du gouvernement ont eu ainsi droit à une volée de bois vert venant de citoyens désabusés et las d’entendre la même récitation.

Jamais d’ailleurs des ministres n’ont été aussi hués et chahutés. Surtout en ces temps de tension généralisée et de ras-le-bol.

On va reconstruire et prendre des mesures ! C’est appris par cœur par l’Exécutif et les autorités locales qui en usent et abusent à tel point qu’on les croirait fatalistes.

“Que voulez-vous que j’y fasse ?” avait rétorqué un jour un haut responsable à une population désemparée qui réclamait de l’aide et du secours après les inondations de Bab El-Oued. Comme s’il s’agissait d’une imparable malédiction. Les mauvais plans, les mauvaises réalisations et les mauvais choix n’ont pas de responsables. Le ciel serait le seul responsable. Et cette litanie continue sur le même ton et la même mesure.

Benyoub Djilali. Liberté 4 octobre 2011.  

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