Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

La chronique du Condjador (16)

 

A Jijel, la prostitution se pratique de différentes manières. La première  catégorie, pas vraiment professionnelle, regroupe des femmes en situation précaire qui ne travaillent qu’avec quelques clients, en nombre limité pour ne pas attirer l’attention et rendre la situation inacceptable par les voisins.

Il y a aussi les professionnelles qui utilisent Jijel comme dortoir pour aller se prostituer le soir à Béjaïa. Elles font cependant quelques passes à Jijel, là où elles habitent, avec une clientèle sélectionnée, mais avec l’accord direct du propriétaire de la maison, surtout lorsqu’il s’agit d’un appartement dans un immeuble collectif.

Celles qui se prostituent dans les jardins sont classées comme « prostituées sales » ; elles se font des clients de hasard, surtout des camionneurs de passage.

Les hôtels permettent aux prostituées de faire des passes rapides. Les réceptionnistes ferment les yeux, mais il y a des limites à ne pas franchir à Jijel. Les choses sont quasiment chronométrées : un client le matin, un client le soir, vite fait. Si elle adopte cette ligne de conduite, elles peuvent durer. Pour être en accord avec le voisinage, le réceptionniste veille à ce que la prostitution ne soit pas apparente devant l’hôtel.

Une autre catégorie de prostitution s’est installée dans des quartiers en retrait, peu fréquentés. Des locaux mal situés et sans avenir commercial sont transformés en salons de thé devant et bordels derrière. La passe coûte 800 dinars. Des dizaines de plaintes sont déposées par les voisins, mais, lors des descentes, la police ne trouve que des couples mangeant des pizzas et buvant des jus. Quelques habitants ont vendu leurs maisons. Des jeunes du Camps Chevalier essaient de couler ces commerces en projetant de la peinture sur les clients qui viennent chez les prostituées.

A Taher on utilise l’enseigne des fastfoods. Les proxénètes de cette ville se sont fait une spécialité de cette technique et importent à Jijel cette manne commerciale. Ils louent ou achètent des établissements, où, dans des décors de tables et de chaises, on ne vend rien d’autre que des passes.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article