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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Par Ahmed Selmane

 

 

On semble apprécier les jeunes gens chics, variantes locales des traders « géniaux » d’un improbable Wall-Street de cinéma, ou les élégants docteurs blanchis sous le harnois qui viennent expliquer comment les choses se passent ailleurs dans le « vrai » monde et comment elles devraient se passer sous nos cieux, nouvelle terre de mission.

 

On vénère d’autant plus leurs sagaces critiques, leur entêtement si admirable à « proposer des solutions », qu’ils ne font pas – quelle horreur ! – de politique. Et puis, il y a les autres. Le très vibrionnant patronat du Forum des Chefs d’entreprise (FCE) qui lui non plus – juré, craché – ne fait pas de politique, mais a le souci de l’économie, de l’avenir du pays, de la «bonne dépense ».

 

 Et puis ces patrons s’offrent – comme dans les pays « normaux » quoi ? – des Think-Tank et emploient des experts bardés de diplômes et de titres pour expliquer de manière «neutre » et « technique » ce qu’ils veulent : une libéralisation en bonne et due forme. Hic et nunc ! Ici et maintenant ! A présent que les classes dangereuses comme les urnes ont été neutralisées en amont, que les caisses sont encore pleines – encore que les signaux pétroliers suscitent quelques inquiétudes -, il faut « libéraliser ». Qu’entendent-ils par ce terme ? Plus de libertés politiques ? Que nenni ! Ils ne font pas de politique, ils font de l’économie.

 

 

Ecrans de fumée

 

En réalité, ces « capitaines d’industries » - soyons généreux, même si d’industrie il n’est que très légères – sont moins critiquables que les experts aux retournements parfois très acrobatiques. Certains – qui ne changent pas - passant avec la même certitude en acier trempé du marxisme de stricte observance au monétarisme le plus radical.

 

A chacun ses idées, of course, mais il est difficile de ne pas constater que ces éminences déplacent délibérément l’objet du débat. Une libéralisation accentuée de l’économie peut fabriquer des Khalifa Moumen mais elle ne répond pas à la question de la défaillance des appareils d'Etat. Elle n’apporte aucun remède à l'absence de conduite d'une politique économique, quelle qu'elle soit.

 

Ces experts à la parole autorisée, probablement rémunérée, finissent pas agacer les plus froids des ceux qui pensent qu’il n’existe pas de sciences économique mais qu’il n’y a que de l’économie politique. « N'importe quel clampin qui suit l'évolution du pays voit bien qu'avec ou sans argent, "socialiste" ou "libérale", l'économie est atone, sans dynamique, écrasée par la rente et sa dictature. Ce ne sont pas des tours de passe-passe "technique" qui pourront régler un problème dont l'énoncé est essentiellement politique. A moins, délire pour délire, de tenter une incursion sur le terrain de la surenchère anthropologique et conclure avec gravité que les investissements sont plus efficaces en Chine qu'en Algérie parce que l'Algérie n'est pas de tradition confucéenne... ». Ces éminents experts font bien de la politique. Celle de l’écran de fumée et de la confusion.

 

Ahmed Selmane, 26 Juin 2012

 

Extrait de l’article intitulé « Paroles creuses d’experts en temps d’inertie, diversions en veille de cinquantenaire ». La Nation.info

 

 

 

 

 

Débrayage au port d'Oran

par Houari Barti

 

Les travailleurs de l'Entreprise portuaire d'Oran ont observé hier un arrêt de travail qui a touché l'ensemble des services du port, a-t-on appris hier de sources portuaires. Cet arrêt de travail a été enclenché, selon les mêmes sources, dès 13h 30 suite à un appel de la section syndicale de l'EPO, affiliée à l'UGTA, et s'est poursuivi jusqu'en fin de journée.


Motif du débrayage, le taux de bénéfices accordé aux travailleurs du port d'Oran comme à chaque fin d'exercice. Ce taux, qui est actuellement de 8%, ne répond désormais pas aux aspirations des travailleurs et à leurs représentants qui exigent d'être alignés sur les même taux appliqués à d'autres ports comme celui d'Alger par exemple et, qui est, selon les mêmes sources, de 15%.

 

 

Certaines indiscrétions indiquent que les dernières négociations entre les syndicalistes du port d'Oran et les responsables de la SOGEPORTS qui gère les portefeuilles des dix ports commerciaux algériens n'ont pas pu aller au-delà d'un taux de bénéfices de 12%. Un taux jugé insuffisant par le partenaire social qui estime que les travailleurs du port ont droit eux aussi de toucher ce taux de 15%, surtout que les performances économiques de leur entreprise le permettent largement, ajoutent les mêmes sources.

 

 

Le Quotidien d’Oran,  28 juin 2012

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