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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Le Point.fr révèle le contenu d'un courrier adressé aux juges dans lequel Valls ne paraît pas enclin au déclassement de nouveaux documents de la DCRI.

 

 

DR-« Visiblement, Manuel Valls a décidé de ne pas aller voir plus loin

 

 

 

Par Aziz Zemouri et Jean-Michel Décugis

 

Mohamed Merah agent double ? C'est l'avis du juge d'instruction antiterroriste

Marc Trévidic, mais pas celui du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui n'est pas favorable à la déclassification de certains documents estampillés confidentiel-défense. Vendredi, le magistrat de la galerie Saint-Éloi a lancé un pavé dans la mare sur le blog de Frédéric Helbert, un journaliste d'investigation spécialiste du renseignement. "Ils (les agents de la DCRI, NDLR) ont tenté un coup particulier, risqué, mais qui à leurs yeux valait la peine et qui aurait pu se montrer gagnant. Ils ont tenté de recruter [Mohamed Merah], tout simplement. De faire une infiltration. D'en faire un agent double." C'est la première fois qu'un membre d'une autorité prend publiquement une telle position, aux antipodes de celle de l'ancien patron du renseignement intérieur Bernard Squarcini.

 

Le 20 septembre 2012, lors de son audition devant les juges d'instruction chargés du dossier Merah, l'ex-patron de la DCRI avait affirmé, pour démontrer que ses services n'avaient pas tenté de retourner Mohamed Merah, qu'une "veille opérationnelle" sur "le tueur au scooter" avait été effectuée après son débriefing, en novembre 2011, par des agents toulousains du renseignement intérieur qui l'entendaient à propos de son séjour au Pakistan. Pour récupérer les informations recueillies lors de cette "veille", les magistrats antiterroristes ont réclamé, le 5 octobre dernier, au ministre de l'Intérieur Manuel Valls de nouvelles déclassifications de documents de la DCRI.

 

 

Traitement bienveillant de la DCRI envers Merah

 

À la lecture du courrier adressé aux trois juges de la galerie Saint-Éloi du TGI de Paris, que Le Point.fr a pu consulter, on comprend en filigrane que la réponse est négative. Cependant, au passage, le ministre tacle le "Squale" qui semble avoir menti aux juges... "La veille opérationnelle à laquelle fait référence Bernard Squarcini... ne renvoie pas à des actes précis et identifiables de la DCRI. Aucune surveillance postérieure à l'entretien du 14 novembre 2011 n'a été menée, en l'absence de lien matérialisé entre l'intéressé et la mouvance djihadiste. Toute action de la DCRI ayant permis un recueil de données aurait été matérialisée par une note de renseignement. Il n'y en a pas... La DCRI ne dispose d'aucun document spécifique lié aux interceptions de sécurité effectuées sur M. Merah..."

 

En clair, Mohamed Merah n'était plus surveillé après son séjour au Pakistan. Il aurait réussi à faire croire aux hommes de Squarcini qu'il faisait du tourisme au Waziristan, dans les zones tribales. Bernard Squarcini a toujours prétendu que Mohamed Merah était "un loup solitaire". Pourtant, les "fadets" de Mohamed Merah ont démontré qu'il était bien en relation avec la mouvance djihadiste toulousaine, et pas seulement salafiste. Ses amis intimes, avec lesquels il correspondait jusqu'à la veille des assassinats, avaient été condamnés pour avoir mis en place une filière d'acheminement de djihadistes en Irak en 2006, mais aussi pour y avoir participé à l'instar de Sabri Essid, condamné puis libéré. C'est ce même Essid que Mohamed Merah avait appelé dès son retour du Pakistan ! Et c'est lui encore qui portera le corps en terre de son ami Merah.

 

Les doutes sur un traitement bienveillant de Mohamed Merah par la DCRI se trouvent renforcés. Dans quel but la centrale du renseignement s'est-elle montrée souple avec le terroriste toulousain ? Peut-être des notes de la DCRI classées secret-défense l'expliquent-elles. Mais visiblement, Manuel Valls a décidé de ne pas aller voir plus loin...

 

 

27 janvier 2013. Le Point.fr

 

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