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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Photo El Watan

 

 

Au cours de sa conférence de presse, le DG de l’ETUSA dont les propos sont repris avec application par des quotidiens qui en font leurs titres, s’indigne : « La grève coûte tant de  dinars », assure M. Krim. C’est repris tel quel et sans commentaire par El Watan  qui donne au journalisme d’investigation de nouvelles lettres de noblesse. Mais une grève c’est fait pour coûter de l’argent et pour gêner, voire même troubler l’ordre des choses! C’est pour cela que c’est l’arme de dernier recours pour les salariés qui ne font jamais la grève de gaité de cœur.

Le directeur général de l’Etusa apprend aux journalistes -qui se mettent dans la peau de défenseurs des usagers perturbés- que la convention collective est désormais appliquée. L’augmentation des salaires est effective à partir du mois de novembre. Exceptionnellement, les fiches de paie du mois en cours ont été établies vendredi dernier au lieu du 22 novembre, comme cela était de coutume. » «Si les revendications se résument à ces points-là, elles sont toutes satisfaites. Et nous restons favorables au dialogue pour les autres revendications», assure M. Krim.

Liberté conclut ainsi son compte rendu,  se mettant dans la peau de défenseurs des usagers perturbés : « Rappelant la décision de justice, le DG exhorte les travailleurs “à aller à vos dépôts reprendre vos bus” et termine son appel en soutenant que “la preuve de notre bonne foi est là, votre nouvelle fiche de paie. Pour le reste, nous trouverons sans aucun doute des moyens de s’en sortir et des voies de dialogue s’ouvriront”. Les milliers d’usagers croisent les doigts pour que l’appel du DG soit entendu.

Ce n’est pas dans El Watan ou dans Liberté que nous apprendront les raisons qui poussent, malgré ces belles paroles, les travailleurs à maintenir leur grève avec une belle unanimité.

Sabrina Benaoudia a recueilli leurs explications pour le Temps d’Algérie : « En dehors de leur remise un vendredi, jour de repos hebdomadaire, les travailleurs contestent ces fiches de paie qui ne comportent pas le taux de retenue sur l'IRG, selon un des porte-parole des grévistes, M. Kheroubi, qui se demande «sur quelle base ont-ils procédé à la retenue IRG ? Nous dénonçons aux autorités cette pratique. Une enquête à ce sujet doit être menée car le problème est grave», s'indigne-t-il, ajoutant qu’hier, l'argent n'était pas disponible dans les comptes CCP, et que le DG avait menti en déclarant que le salaire d'un employé n'était pas inférieur à 35 000 DA, alors que sur cette fiche de paie, le montant s'élève à 29 335 DA.

Pour la majorité des travailleurs rencontrés hier à la centrale syndicale, ce mouvement n'est pas mené pour des considérations pécuniaires mais pour des principes socioprofessionnels et éthiques, à savoir «dénoncer la corruption qui règne au sein de l'entreprise (...) Avant, nous étions prêts à négocier le départ du DG mais maintenant, nous exigeons sa démission.

C'est un point sur lequel nous ne reviendrons pas», nous ont-ils dit.

 

 

Synthèse blog, 18 novembre 2012

 

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