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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

On mange étranger, mais les toilettes nous appartiennent, et la chasse aussi. Mais el ma est facturé étranger.

On se soigne étranger, mais le mal est local.

On construit étranger, mais l'attribution de baraques est nationale. On téléphone étranger, mais on allolise local, d'où les termes bippili, flixili.

On se parabolise étranger.

On s'habille étranger. On se véhiculise étranger.

On se compare étranger.

On connaît mieux le personnel politique étranger.

On autoroutise étranger.

On vole étranger. Voler c'est prendre un vol, non un envol comme la compagnie Khalifa Air Ways dont le patron est à l'étranger.

On tramway étranger.

On s'arme étranger.

On sécurise l'étranger.

On se branche étranger, on diabolise l'étranger et on fait la chaîne et on se démène pour un visa pour l'étranger.

On hôtelise étranger. Nous shératonnons. Nous hiltonnons. Nous méridiennons, mais ha ! ha ! nous bidonvilisons et bidonvillamilliardairisons local.

Nos enfants préfèrent vivre à l'étranger. Ils cherchent le bonheur à l'étranger, ils sont pourtant nés chez nous. «Mine je serai grand j'irai m'installer à l'étranger et de là-bas, je t'enverrai ya mma des devises et tu pourras vivre comme à l'étranger».

Nos gosses nous sont étrangers.

Nous importons des réformes réfléchies à l'étranger.

Nos spécialistes s'épanouissent à l'étranger.

Nos ingénieurs font le bonheur des patrons étrangers. Nos malheurs nous viennent de l'étranger, alors là, arrêtons !

 

Tout nous vient de l'étranger ! Il est là notre malheur. Il n'y a que le pain qui est cuit dans la coucha nationale. Mais voilà que les boulangers nous promettent des jours sans pain. Maalich. Lors de la spéculation sur la batata, nos décideurs ont envahi le marché par de la pomme de terre importée de l'étranger Dans le même sillage, importons la baguette parisienne, les boulangers étrangers sont dans le pétrin, ils arrivent difficilement à gagner leur pain Aidons pour une fois l'étranger qui n'arrête pas de nous rouler dans la farine

 

El Guellil, 31 janvier 2013. Le Quotidien d’Oran

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