Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Jeudi dernier, le tribunal de Larbaâ Nath- Irathen a débouté l’employeur et reconnu la légalité de  la grève des travailleurs de Leader Meuble. Personne n’ignore les graves défaillances  dans la gestion du secteur public en Algérie. Un collectif de salariés a-t-il le droit de remettre en cause la gestion autoritaire et désastreuse du responsable d’une entreprise publique, lorsqu’il juge cette gestion préjudiciable à l’intérêt de l’entreprise ? La grève se poursuit à Leader Meuble de Tizi-Ouzou, où les grévistes exigent la déchéance de ses responsabilités électives, de « l’homme terrible », qui cumulant la direction de la production, la présidence du comité de participation et celle de la section syndicale, a imposé aux travailleurs «plusieurs années de terreur”, avec le silence complice des structures!  Les tenants du statuquo catastrophique adoptent un légalisme effarouché, invoquant le monopole exclusif des « actionnaires » ou de la « tutelle », seule habilitée selon les responsables de la wilaya d’Oran à juger et sanctionner le travail d’un gestionnaire. Les salariés sont même accusés d’être « manipulés ». La grève a donc repris à l’ETO, elle vise dorénavant expressément, le directeur général qui a repris ses provocations.

 

Blog

 

 

Affaire «Leader Meuble» de Taboukert (Tizi-Ouzou)

 

La justice déclare la grève «légale»

 

Par

 

On peut tromper les travailleurs une fois, voire plusieurs fois, mais pas tout le temps! C'est le cas dans l'affaire «Leader Meuble» de Taboukert.

Jeudi dernier, le tribunal de Larbaâ Nath- Irathen a déclaré la grève des travailleurs de Leader Meuble «légale». Deux jours auparavant, une assemblée générale a eu lieu au sein de l'entreprise pour à la fois destituer l'actuel président du CP et annoncer la satisfaction de leurs revendications. Ils étaient tous là, le P-DG de «Leader Meuble», Amazouz Lounès, le directeur général du groupe «Wood-Manufacture», Ali Slimani, le président de l'Union de wilaya de l'Ugta, Ramdani Bachir, l'inspecteur du travail de la wilaya de Tizi Ouzou pour soi-disant satisfaire le droit de ces travailleurs en grève depuis le 10 juillet. Après de longs discours, des uns et des autres, en présence de l'ensemble des travailleurs, rien de concret ne s'est produit en fin de compte. Il est annoncé le gel des activités de l'actuelle section syndicale de l'entreprise par les responsables de l'Union de wilaya de l'Union générale des travailleurs algériens (Ugta) avec la promesse, de la part du P-DG de «Wood-Manufacture», de trouver une formule pour satisfaire leurs revendications socioprofessionnelles. Des promesses et des actions qui, en fin de compte, n'ont fait que pousser les travailleurs vers plus de radicalisation de leur mouvement. En effet, aux yeux des porte-parole des 400 travailleurs grévistes, «il s'agissait là d'une simple manoeuvre pour flouer et tromper encore une fois les travailleurs».

 

La solution est tellement claire pour ces travailleurs. Ils ont demandé en pleine assemblée générale de procéder à l'élection immédiate des nouveaux membres de la section syndicale pour voir l'homme par qui le scandale est arrivé éjecté de son siège de président de cette même section syndicale en même temps que président du comité de participation. Un siège que ce dernier occupe depuis près de 20 ans. Il faut dire que les travailleurs ont supplié, pour ne pas dire exigé de l'actuel président de l'Union de willaya, Ramdhani Bachir, d'organiser cette assemblée élective avec la promesse de rejoindre leurs postes de travail dans les minutes qui suivront. Une demande que les responsables du l'Ugta ont refusé, sinon juste accepter le gel de cette section syndicale. Les travailleurs ne voulant badiner sur aucun détail, claquent le portail de la société pour se retrouver encore une nouvelle fois sur les bancs de la contestation. Il décident de continuer leur mouvement de grève, car jugent-ils «ni le président de l'Union de wilaya, ni le président de l'Union locale, ni le P-DG de l'entreprise, encore moins celui du groupe «Wood-Manufacture» ne veulent régler de façon responsable et juste notre problème», tonne un des travailleurs grévistes. On peut tromper les travailleurs une fois, voire plusieurs fois mais pas tout le temps! C'est le cas dans l'affaire «Leader Meuble» de Taboukert.

Tout compte fait, «Leader Meuble» est au coeur d'un scandale. Une scandale mis au jour après «plusieurs années de terreur qu'ont subi les travailleurs». Ces derniers ont réussi à briser le silence et affronter la terreur pour se défendre et défendre leur société... Depuis 40 jours maintenant, la grève illimitée décidée par ces travailleurs a été majoritairement suivie et rien ne les arrêtera dans leur quête de justice. Cette justice même qui a fini par déclarer la grève légale.

A cette allure, l'actuel scandale risque d'accoucher de quelque chose d'autre encore pire si rien n'est fait en toute urgence... Affaire à suivre....

 

L’Expression, 22 août 2012

 

Les travailleurs ont réussi à briser le silence

 

 

L'assemblée générale des actionnaires  n'a pas été a la hauteur de leurs attentes



Les travailleurs de l’usine Leader Meuble maintiennent la pression

 

 

Par Fatima Benamer

 

 

 

En dépit de l'assemblée générale extraordinaire tenue le 16 du mois en cours, les employés de l'usine Leader Meuble de Taboukert, à l'ouest de Tizi Ouzou, en grève depuis le 10 juillet dernier, maintiennent leur mouvement de débrayage, réclamant le départ inconditionnel du président du comité de participation ainsi que d'autres points relatifs à leurs droits socioprofessionnels.

 

Joint hier par nos soins, Mouloud Djouad, membre du collectif des travailleurs, affirmera que la grève se maintiendra tant que leurs doléances ne seront pas prises en charge. «Nous sommes toujours en grève et nous comptons maintenir notre mouvement jusqu'à satisfaction de nos revendications», a-t-il dit.

 

Il nous fera savoir par la même occasion que l'assemblée générale extraordinaire (AGE) qui a eu lieu il y a six jours n'a pas été à la hauteur des attentes des employés. En effet, lors de cette AGE qui a regroupé outre les travailleurs, le directeur général du groupe auquel est affilié Leader meuble de Taboukert, le directeur général de l'entreprise, Bachir Ramdani de l'Union de wilaya UGTA, ainsi que Chabane Ramdani, représentant de l'Union locale, la direction de l'usine a pris la décision de geler les activités du CP, tandis que les représentants de la centrale syndicale ont décidé de suspendre les activités de la section syndicale. «Les travailleurs sont déçus que l'assemblée générale du 16 août dernier n'ait pas ramené un plus. Les responsables de l'entreprise n'ont pas fait preuve de volonté d'aller de l'avant pour mettre fin à cette crise qui secoue notre usine, puisque le départ du CP n'a pas été approuvé.

 

Le gel de ses activité ne signifie rien pour nous», a commenté M. Djouad. A l'opposé de la direction de l'entreprise, les travailleurs grévistes voulaient arracher la destitution du directeur technique et production (DTP) de la tête du CP, ainsi que la suppression définitive de la section syndicale pour permettre l'élection d'une nouvelle section.

 

A rappeler que le même DTP, qui ne fait plus l'unanimité au sein de l'usine, est aussi secrétaire général de ladite section depuis 18 ans. Les travailleurs avancent d'ailleurs «une violation de l'article 97 de la loi n° 90/11 du 21 avril 1990 relative aux relations de travail, qui stipule que les délégués du comité de participation ne sont pas éligibles».

 

Ainsi, il paraît que le bras de fer est à présent consommé entre la direction de l'usine et les travailleurs qui refusent de reprendre le travail. Les espoirs portés sur l'assemblée générale se sont évaporés juste à sa fin. En plus du départ immédiat du DTP de la tête du comité de participation, les travailleurs en grève depuis 42 jours réclament, faut-il le rappeler, une revalorisation salariale de 50%, le renouvellement des tenues de travail et la régularisation des contractuels.

Le Temps d’Algérie, 22 août 2012

 

 

 

Les travailleurs de l'ETO poursuivent leur débrayage : Sit-in devant la direction des transports

 

Anarchie dans les transports publics : La contagion a t elle gagné l’ETO ?

 

Par Salah C.



Seize jours après son entame, la grève des 304 agents de l'Entreprise des transports d'Oran (ETO) a pris une autre tournure hier suite à la tenue d'un sit-in devant le siège de la direction des transports, qui a regroupé une centaine de grévistes et qui devaient se regrouper ensuite devant le siège de la wilaya dans le but d'interpeller le chef de l'exécutif pour qu'il intervienne en vue d'une solution à ce conflit social qui n'a que trop duré.

Pourtant, un début de sortie de crise a été négocié, mercredi dernier, entre les délégués syndicaux et le chef de la daïra d'Es-Sénia et plusieurs représentants d'institutions telles que la sûreté de daïra et la gendarmerie nationale. Cette rencontre a débouché sur un ensemble d'accords contenus dans un procès-verbal dûment signé par le chef de daïra tels que la reconnaissance de l'actuelle section syndicale comme étant la seule et unique voix des grévistes, la remise d'un dossier ficelé à l'intention du wali d'Oran sur la gestion de l'entreprise par l'actuel directeur de l'administration et des finances et enfin le versement d'avances sur salaires, le lendemain jeudi, afin de permettre aux familles de passer la fête de l'Aïd dans de meilleures conditions.

 

Les délégués syndicaux ont pris l'engagement de reprendre le service le lendemain matin et sur toutes les lignes desservies par l'ETO. Jeudi et comme convenu, les grévistes ont repris le travail en attendant que les avances sur salaires soient virées. Vers la mi-journée et ne voyant rien venir de la part de la direction, les grévistes ont décidé de reprendre leur grève et tous les bus ont été retirés de la circulation. A ce sujet, selon un membre de la section syndicale qui a assisté à la réunion avec le chef de la daïra, «la décision de reprendre la grève a été engendrée par la provocation de la part du directeur qui a déclaré à un agent en service qu'il n'était pas près de céder à la pression. A ce sujet, M. Talha, le directeur des transports qui assume également depuis près d'une année l'intérim de directeur général de l'ETO, a développé un autre argumentaire. Tout en acceptant de verser des avances sur salaires au personnel pour des considérations purement sociales, le même responsable a révélé que «cette action n'a pu être concrétisée du fait que le directeur de l'administration et des finances a été empêché de rentrer dans son bureau pour finaliser la procédure. Pire encore, il a été violenté et délesté de son portable».

 

Interrogé sur les éventuelles solutions pour dépasser cette crise, M. Talha a tenu à préciser qu'il a été «de tout temps ouvert au dialogue mais dans des conditions claires et transparentes et sur la base d'une plateforme de revendications réalistes et réalisables». A propos de l'exigence des grévistes sur l'éviction de l'actuel DAF, apparemment devenu persona non grata, le même responsable a été clair et intransigeant en considérant que seul le responsable hiérarchique de ce fonctionnaire est apte à juger ses performances et le syndicat ne peut s'ingérer dans de tels aspects de la gestion. Concernant l'installation d'un directeur général à la tête de l'entreprise, M. Talha a estimé que cela relève de la tutelle ministérielle et que cette dernière a commencé à installer des responsables au niveau des entreprises comme celle de Tiaret et Tlemcen et pour Oran, la tutelle le fera incessamment au même titre que pour 7 wilayas du pays sachant que ces postes sont nommés par décret présidentiel, devait-il rappeler. Aussi, le même responsable a tenu de revenir sur la décision de la justice qui a qualifié la grève d'illégale et qui a été suivie par la notification de mises en demeure à l'adresse des syndicalistes les sommant à geler la grève et à reprendre le dialogue afin d'aplanir les points de divergence. M. Talha est allé plus loin pour accuser l'actuelle section syndicale d'être «manipulée et ceci explique son jeu flou et démontre que son seul objectif demeure de continuer à gérer l'entreprise d'une manière opaque afin de préserver certains privilèges et enjeux». Tout compte fait, les deux parties semblent ne pas lâcher du lest et l'entreprise est de plus en plus fragilisée avec des pertes sèches de 285 millions de cts par jour en plus des désagréments causés à des milliers d'usagers.

Le Quotidien d’Oran, 22 août 2012

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article