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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

"(...) Mais ne voilà-t-il pas, qu'après des chefs de gouvernement et des ministres, c'est le boss de l'UGTA lui-même qui claironne qu'il ne fait pas d'idéologie !
Soutenir la politique ultralibérale de M. Bouteflika durant près d'une décennie, ce n'est pas faire de l'idéologie ! Applaudir, debout, un discours remettant en cause les acquis du 24 Février 1971, ce n'est pas faire de l'idéologie ! Cautionner les pratiques anti-sociales et les différentes remises en cause des acquis des travailleurs et vouloir barrer la route aux syndicats libres, ce n'est pas de l'idéologie ! Se taire devant la répression sanglante des jeunes Kabyles et le harcèlement des chômeurs du Sud, ce n'est pas faire de l'idéologie !

Pour beaucoup d'acteurs politiques de ce pays, se prévaloir d'une ligne anti-idéologie est tout simplement un moyen de faire passer leur reniement pour du pragmatisme politique !" (Maamar Farah, Le syndicat des béni-oui-oui)

 

 

 

Sans titre

 

 

Par El Guellil, 8 octobre 2013

 

 

 

 

Installé derrière son sifflet, le boulici arrête une voiture qui a grillé un feu rouge. Quand ce n'est pas le «tu ne sais pas à qui tu as à faire, moi je suis capable de te muter là où le soleil ne se lève jamais», c'est de la dictature.

Les bulldozers sont sur les lieux, les services d'ordre aussi. Ils sont décidés à raser ce bidonville qui gangrène la cité. C'est de la dictature. Les fourgons de la sûreté bouclent la rue marchande du centre-ville. Ils embarquent tous les marchands ambulants activant sans registre ni autre autorisation. C'est de la dictature.

A partir de dorénavant, il n'est plus permis aux charretiers de circuler en ville. Le transport et le commerce ambulant tiré par des bêtes - âne, mulet, bghal ou autre - est interdit. C'est de la dictature. Seuls les kiosques et les marchands autorisés auront le droit de vendre des cigarettes. Quiconque installera une table ou autre étal pour ce faire sera embarqué. C'est de la dictature.

Le matrag est une arme blanche, au même titre qu'une batte de base-ball, un couteau ou un sif. Se trimballer avec est passible de prison. C'est de la dictature. Le cafetier sort ses tables sur le trottoir, improvise un entourage, s'approprie des espaces publics. Les services de la voirie le somment de se limiter à ses locaux. C'est de la dictature.

Sur son balcon, le voisin du dessus installe une citerne d'eau à même d'alimenter tout le quartier. Celui du dessous porte plainte. Les autorités viennent constater le danger d'une telle opération. On lui donne un délai pour remettre le balcon en l'état. C'est de la dictature.

Pour faire la promo des derniers tubes qu'il a reçus, du matin au soir, le marchand de cassettes lâche dans la nature sa sono à fond les décibels, faisant fi de la proximité de l'hôpital, de l'école ou du voisinage. Toute la «vitraille» des alentours vibre au rythme furieux que vomissent les baffles. «Men fadlak khouya, j'ai un malade...». «Inâal dine...». C'est la bagarre, la police intervient. C'est de la dictature.

Au fait, c'est quoi l'anarchie yal ghachi ?

 

Le Quotidien d'Oran

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