Publié par Saoudi Abdelaziz

Haaretz

 

Depuis sa cellule, Marwan Barghouti, le plus important dirigeant palestinien du Fatah emprisonné en Israël, vient de faire une déclaration inhabituelle en appelant son peuple à entamer un soulèvement populaire contre Israël, à interrompre les négociations et à suspendre la coordination sécuritaire. Jérusalem ferait bien de l’écouter.

 

Barghouti, qui purge cinq peines de prison à vie, est un des initiateurs de la deuxième Intifada. Avant que cette dernière n’éclate, il avait averti Israël qu’elle était imminente. A l’époque où il était encore un dirigeant épris de paix, populaire et non violent, Barghouti avait fait la tournée des partis sionistes israéliens et des faiseurs d’opinion pour les exhorter à conclure un accord avec les Palestiniens sous peine de voir éclater un nouveau soulèvement. Ses paroles étaient restées lettre morte et une terrible Intifada avait explosé. Barghouti y avait joué un rôle clé.

 

De sa cellule, Barghouti peut désormais observer le gel total des négociations et l’immobilisme d’Israël : les dossiers de l’occupation et de la paix ont disparu de l’agenda israélien. Et il appelle de nouveau son peuple à se soulever. On peut le comprendre. Si Israël avait voulu d’un accord avec les Palestiniens, il aurait dû libérer Barghouti, le dirigeant le plus authentique du Fatah. Israël a choisi de ne pas le libérer, pas même dans le cadre d’un échange de prisonniers. Quant à l’occupation, nous avons tendance à considérer que, si l’on n’en parle plus, elle n’existe plus. Cette approche pourrait bientôt nous exploser à la figure. En pensant que cette situation peut durer éternellement, le gouvernement nous mène vers un autre cycle de violence. Barghouti préconise aujourd’hui une opposition non violente et nous devrions l’écouter avant qu’il ne soit trop tard. Si un troisième soulèvement éclate, Israël ne pourra plus feindre la surprise. Barghouti nous aura avertis.

 

Haaretz, 12 avril 2012

 Haaretz est le troisième quotidien d'Israël, après Maariv et Yediot Aharonot, mais son influence est plus importante que sa diffusion.

courrierinternational.com

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