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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le système qui régit le Monde est en train de cacher son dépôt de bilan. Dans toutes les contrées de la planète, les hommes perdent le respect pour les maîtres, qui naguère semblaient faire jaillir l’abondance. Le spectacle du pouvoir de l’argent, devenu grimaçant, continue pourtant sa pantomine, donnant et refusant, ressassant ses succes story, montrant en scène de manière jubilatoire, le récit de ses méfaits et catastrophes. A certains d’entre nous, de caractère trop solitaire, qui sont livrés à la seule force de leur âme, ce spectacle en boucle ne laisse plus que l’intelligibilité éclatante de l’acte vengeur de se faire mourir.

Chaque semaine, le vendredi dans la rubrique «est-ce ainsi que les hommes vivent», nous faisons un tour de ce monde peu montré par le spectacle.

 

Médecins du monde s'alarme d'un "krach sanitaire" en France

 

Médecins du monde (MdM) dans son rapport annuel 2010/2011 publié hier pointe "un décrochage très net sur le plan sanitaire, qui se caractérise par une augmentation" du nombre des consultations médicales, et parmi elles une hausse de la proportion de "publics fragiles, comme les femmes enceintes et les mineurs". "Après le krach boursier", l'association dénonce un "krach sanitaire".

L'accès aux soins des plus démunis continue de se dégrader, déplore l'ONG, qui note également une tendance chez beaucoup de patients à tarder à se soigner. MdM met en cause "la crise économique", mais aussi "les politiques publiques" qui "ciblent les populations marginales" pour les expulser, qui "rendent l'accès aux dispositifs de soin plus compliqué" et qui "réduisent l'hébergement d'urgence et le logement social". "Seuls 23 % des patients de MdM ont un logement stable", rappelle  son directeur Olivier Bernard, qui dénonce une politique qui "fait disparaître les quelques solutions même temporaires de mise à l'abri et de prise en charge".

Outre la baisse des budgets d'hébergement d'urgence, l'association déplore les restrictions d'accès à l'aide médicale d'Etat – notamment le "droit d'entrée" de 30 euros pour les patients – et le "démantèlement" du droit au séjour des étrangers malades résidant en France.

 

8 % des femmes enceintes vivent à la rue

 

Selon ce baromètre de l'accès aux soins publié avant la Journée mondiale de la misère, le 17 octobre, entre 2008 et 2010, les consultations médicales dans les 20 centres d'accueil, de soins et d'orientation (CASO) de MdM en France ont augmenté de 10 %, pour atteindre 38 606 consultations en 2010. Près de 12 % des patients reçus en 2010 dans ces centres étaient mineurs, dont la moitié avait moins de 7 ans et dont le tiers seulement était suivi par les services de protection maternelle et infantile.

Par ailleurs, 8 % des femmes enceintes suivies par MDM vivent à la rue, et plus de la moitié présentent un retard de suivi de grossesse. Au total, un quart des patients (24 %) est venu se soigner trop tardivement, et 45 % des consultations nécessiteraient un suivi d'au moins six mois, notamment pour des cas de diabète, asthme, hypertension artérielle, troubles psychiques ou troubles anxieux.

Le Monde.fr avec Afp et Ap, 13 octobre 2011

 

La tuberculose atteint Clichy-sous-Bois

 

Une vingtaine de cas de tuberculose ont été dépistés cet été, y compris sur des enfants, dans le quartier pauvre du Chêne-Pointu à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a annoncé mercredi l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France.

Une trentaine d'infections tuberculiniques latentes ont également été découvertes, lors d'un dépistage organisé au cours de l'été. Un nouveau dépistage à plus grande échelle va être organisé dans le quartier entre le 28 septembre et le 14 octobre, selon l'ARS.

L'ensemble des habitants du quartier pourront faire ce dépistage, "gratuit" et "mené sur la base du volontariat", écrit l'ARS dans un communiqué. "La tuberculose se soigne aisément avec des antibiotiques adaptés", précise-t-elle.

 

"Un marqueur de pauvreté sociale"

 

La tuberculose est une maladie contagieuse, qui reste potentiellement grave, rappelle l'ARS. "Pour avoir des cas de tuberculose, il faut des contacts étroits et répétés, dans des milieux familiaux ou fermés, comme les écoles", a expliqué à l'AFP le Dr Laurent Chambaud, directeur de la santé publique à l'ARS d'Ile-de-France. "C'est aussi lié à des conditions sociales et d'habitat dégradées, c'est un marqueur de pauvreté sociale", a-t-il ajouté.

En 2009, il y a eu en France 5 276 cas déclarés de tuberculose. Les régions Ile-de-France (principalement la Seine-Saint-Denis et Paris) et Guyane sont les plus touchées.

AFP, 21 septembre 2011

 

Saisies immobilière en hausses aux Etats-Unis

 

Au total, 65 047 logements ont été saisis par des créanciers en septembre, soit "moins de 1 %" de plus qu'en août, indique RealtyTrac dans un communiqué. Les saisies immobilières amorcent un mouvement de hausse qui devrait s'intensifier dans les mois à venir, selon le cabinet spécialisé RealtyTrac qui écrit : « les saisies commencent lentement à croître de nouveau".

 

Le cabinet, qui publie son indicateur des saisies depuis 2005, a recensé en 2010 un nombre record de 1 050 500 logements dont la propriété à été recouvrée par des créanciers aux Etats-Unis. Elizabeth Duke, gouverneur à la banque centrale américaine (Fed), avait indiqué début septembre que le problème des saisies ne donnait aucun signe d'amélioration et que ce fléau devrait toucher "plus d'un million de foyers" cette année et encore "un million environ" en 2012 puis en 2013.

Source AFP, 13 octobre 2011

 

 

"Ils estiment que leurs dirigeants ne les représentent plus"

 

Le mouvement "Occupy Wall Street" prend chaque jour plus d'ampleur aux Etats-Unis. Mardi 11 octobre, alors que plusieurs centaines d'Américains entamaient leur quatrième semaine d'occupation au cœur du quartier financier de New York, des manifestations d'indignation avaient lieu dans d'autres villes du pays, dont Washington, Chicago et Los Angeles, pour dénoncer la rapacité du milieu financier, jugé responsable de la crise économique.

Cette mobilisation "sans précédent" dans l'histoire du pays est le signe d'un "profond malaise de la société américaine", estime Nicholas Dungan, spécialiste des Etats-Unis et conseiller spécial à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).

 

Quelle est l'origine du mouvement des anti-Wall Street ?

 

Un fort mécontentement est apparu dans la société américaine lorsque le Congrès s'est révélé incapable, en juillet, de s'entendre sur un relèvement du plafond de la dette, nécessaire pour éviter un défaut de paiement des Etats-Unis. Si la loi a finalement été votée le 2 août, quelques heures avant l'ultime limite fixée par le Trésor, les Américains n'ont pas compris cette paralysie des institutions face à une échéance aussi cruciale pour leur pays, et plus largement pour l'économie mondiale. Ils estiment que leurs institutions sont sclérosées, que leurs dirigeants ne les représentent plus et que leur économie n'est plus autant performante, accréditant la thèse d'un déclin des Etats-Unis.

 

Ce mécontentement s'inscrit par ailleurs dans le cadre plus général d'un profond malaise de la société, alors que le chômage est au plus haut, avec 9,1 % de demandeurs d'emploi, et que les créations d'emplois, insuffisantes, se révèlent incapables de relancer l'économie.

 

Que réclament les manifestants ?

 

Les anti-Wall Street n'ont pas de revendication concrète, si ce n'est être écoutés. Ils représentent un large éventail de la population, à savoir des femmes et des hommes de tout âge et de toute profession, les 99 % de la population comme ils disent, qui ne tolèrent plus la corruption du 1 % restant, c'est-à-dire les dirigeants politiques et les milieux d'affaires.

Ils occupent donc les centres financiers des grandes villes américaines pour protester contre l'establishment, et l'incapacité des secteurs public et privé à faire de la politique et à créer des emplois. Ils souhaitent des institutions plus fonctionnelles et qui remettent l'Américain moyen au centre du débat politique.

Plus largement, les anti-Wall Street se revendiquent aussi d'un mouvement plus général d'indignation, qui veut effectuer un changement global de société, plus égalitaire et plus participative, à l'image des révoltes dans les pays arabes, en Espagne, en Grèce ou en Israël.

 

Comment expliquer l'importance prise par les anti-Wall Street dans une société américaine peu coutumière des mouvements sociaux ?

 

C'est un phénomène extraordinaire. Ces centaines d'Américains qui sont descendus dans la rue, spontanément et sans agenda particulier, pour manifester leur mécontentement, représentent une nouvelle forme d'engagement politique, qui tranche avec une tradition individualiste très marquée. Pour une fois, un groupe se réclame de l'intérêt général et non d'intérêts particuliers habituellement représentés par les différents partis et associations. Les Etats-Unis n'avaient jamais connu une telle mobilisation depuis le village de tentes dressé à Washington pendant la Grande dépression, sous le président Herbert Hoover.

La presse américaine a comparé l'émergence des anti-Wall Street au mouvement du Tea party, qui rassemble des citoyens mécontents des institutions. Mais en réalité, ces deux mouvements sont très différents : le Tea Party est un mouvement politique, très ancré à droite, qui organise des rallyes et des discours davantage que des manifestations ou des occupations de lieux. Au contraire, "Occupons Wall Street" s'apparente à un mouvement grass roots (de la base), populaire, et apolitique.

 

Estimez-vous que ce mouvement pourra perdurer jusqu'aux élections générales de l'an prochain?

 

Oui, je pense qu'il pourra se maintenir et même prendre de l'ampleur, à condition qu'il se réinvente. Il pourrait ainsi choisir de se transformer en parti politique ou de se rapprocher d'un parti existant. Mais ce choix pourrait aussi bien le légitimer que le délégitimer.

Dans tous les cas, tant les démocrates que les républicains devront composer avec lui. Déjà, aujourd'hui, le parti démocrate s'est exprimé en faveur des anti-Wall Street. Et il y a une semaine, les syndicats, puissants et riches aux Etats-Unis, ont rejoint le mouvement, lui permettant ainsi de tenir plus longtemps.

Si, au final, on n'aura certainement pas de Mai 68 aux Etats-Unis, faute d'une vraie culture de la mobilisation et d'un manque de concentration des mobilisations dans une seule ville, le mouvement devrait certainement déboucher sur des changements dans le fonctionnement des institutions.

 

ropos recueillis par Audrey Garric. 11 octobre 2011. Le Monde.fr

 

 

Effrayés par les émeutes, les riches Britanniques envisagent l'exil

 

Selon une étude publiée lundi 10 octobre par la banque Lloyds TSB, les riches Britanniques sont plus nombreux à envisager de quitter le Royaume-Uni à la suite des émeutes du mois d'août. Plus étonnant, la France serait dans ce cas leur destination préférée pour leur nouvelle vie.

Ils sont désormais 17 % à souhaiter quitter le pays dans les deux prochaines années, contre 14 % il y a six mois, d'après une étude de Lloyds TSB International Wealth effectuée auprès de 1 057 personnes faisant partie des 5 % des Britanniques les plus aisés.

La première raison citée pour fuir le pays est la criminalité — un motif qui a bondi de 43 % à 61 % en six mois —, des émeutes ayant embrasé plusieurs villes anglaises du 6 au 10 août. "Les émeutes du mois d'août, les augmentations d'impôts et la hausse du coût de la vie ont entaché la vie au Royaume-Uni pour une partie des riches", a jugé Nicholas Boys Smith, directeur général de Lloyds TSB International Wealth.

Parmi les candidats au départ, le France est la destination préférée (21 %), devant l'Espagne (15 %) et les Etats-Unis (11 %). Ils pensent, pour les trois quarts d'entre eux (73 %), que la criminalité est un problème plus grave au Royaume-Uni que dans les autres pays développés. L'étude précise que la notion de richesse y a été déterminée par le montant des économies ou des investissements des personnes interrogées, celui-ci devant être supérieur à 250 000 livres (290 000 euros).

Lemonde.fr avec Afp. 10 octobre 2011

 

 

Climat : "On ne peut pas négocier avec la nature"

 

Interview de Mohamed Nasheed, président de la République des Maldives

Quels impacts du changement climatique ressentez-vous dans l'archipel ?

Le changement climatique est une réalité que nous éprouvons fortement. Nous avons 16 îles dont nous avons dû déménager les populations en raison de l'érosion des côtes (due à la montée du niveau marin). Nos nappes d'eau douce ont été contaminées sur 70 îles en raison de l'intrusion de l'eau de mer sur les terres émergées. Pour obtenir de l'eau douce, nous devons dessaler l'eau de mer, ce qui est très coûteux. Avec le réchauffement des eaux de surface, les poissons demeurent plus en profondeur et deviennent inaccessibles au type de pêche que nous pratiquons - c'est-à-dire une pêche sans filet qui n'altère pas le reste de l'écosystème.

Nous avons donc des problèmes d'accès à l'eau, de sécurité alimentaire, de migrations internes, nous avons tous les problèmes sérieux auxquels les autres pourront être plus tard confrontés. Nous devons consacrer 40 % de nos investissements au financement de politiques d'adaptation. Pour cela, nous devons lever de nouveaux impôts, ce qui ne contente personne.

Pour comprendre la réalité du réchauffement, il faut avoir de l'eau dans son salon. A Manhattan, on réalisera tout cela un peu plus tard parce qu'ils sont derrière des digues. Mais un jour, à New York, ils verront de l'eau dans leur salon et ils se diront : "Tiens, le changement climatique est une réalité !" Chez nous, aux Maldives, l'eau est déjà dans la maison (…).

 

Comment analysez-vous l'état des négociations climatiques en cours ?

 

Le processus actuel de négociation est imbécile, inutile et sans fin. Il est fondé sur ce principe : deux parties sont d'accord, une troisième arrive et dit qu'elle n'est pas d'accord et elle réduit l'ambition des autres. En définitive, même si nous aboutissons à un accord, ce sera un accord pour rien. Il sera si dilué qu'il n'aura aucune utilité.

Nous savons que la science est fermement établie. Je pense que nous avons une petite fenêtre d'opportunités pour infléchir le cours des choses. Mais nous ne pouvons pas conclure un accord avec la nature. Nous ne pouvons pas discuter avec les lois de la physique, ne soyons pas fous ! Ce n'est pas l'Organisation mondiale du commerce, ce n'est pas un traité de désarmement ! On ne peut pas négocier avec la nature.

Comme je le vois, le système économique conventionnel ne peut pas résoudre cette question (…) il faut faire sortir de terre un nouveau système économique.

Propos recueillis par Jacques Follorou et Stéphane Foucart. Extraits. Le Monde.fr, 13 octobre 2011

 

Des poêles défectueux tuent deux millions de personnes par an dans le monde

Une étude des Instituts nationaux américains de la santé (NIH), parue dans la revue Nature, de deux millions de personnes meurent chaque année à cause des poêles défectueux dans les pays en développement et à revenu moyen. Les auteurs n'hésitent pas à qualifier les poêles défectueux, ainsi que la pollution intérieure qu'ils provoquent, de "fléau".

Les  femmes et les enfants, particulièrement exposées ont les mêmes risques de souffrir d'un grand nombre de maladies affectant les fumeurs comme la pneumonie, le cancer du poumon ou les affections pulmonaires chroniques. Des données préliminaires collectées pour cette étude indiquent qu'il faudrait réduire l'exposition à ces fumées de 90 % pour abaisser notablement le risque de pneumonie. Des recherches, telles que celle que viennent de mener les NIH, pourraient aussi confirmer un lien entre cette pollution intérieure et le faible poids des nouveau-nés, la cataracte, les maladies cardiovasculaires et l'asthme. L'alliance internationale pour éliminer ces poêles inefficaces s'est fixé comme objectif dans une première étape leur remplacement par des cuisinières propres et efficientes dans cent millions d'habitations d'ici à 2020.

Source AFP, 13 octobre 2011

 

 

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