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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

FEU VERT DE L'OTAN AU DÉPLOIEMENT DE MISSILES PATRIOT EN TURQUIEDR

 

Après la décision prise mardi par l’Otan d’autoriser le déploiement de missiles sol-air Patriot, en Turquie, sur sa frontière avec la Syrie, le gouvernement allemand a informé, jeudi, de sa décision d'envoyer de tels missiles en Turquie, avec environ 400 soldats. Le même jour, la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton va rencontrer jeudi à Dublin son homologue russe Sergueï Lavrov et l'émissaire international pour la Syrie Lakhdar Brahimi pour évoquer la situation dans ce pays. Intéressant éditorial dans El Watan.

 

 

Pari perdu

 

 

Par Mohammed Larbi

 

 

C’est un terrible paradoxe, mais c’est une bien triste réalité. Beaucoup doutent que la diplomatie ait joué un rôle quelconque dans le conflit syrien. Un chercheur français a même récusé l’idée d’échec de la diplomatie, pour la simple raison, d’après lui, qu’il n’y a pas eu le moindre engagement. Toutes les puissances en sont à s’observer, poussant aussi, selon lui, au statu quo. Pour au moins deux raisons : laisser s’organiser la destruction systématique, et savoir qui est qui, et une décantation commence à s’opérer, avec même des frictions et des affrontements entre groupes de la rébellion. Envisager l’après-Assad.

 

Effectivement, si le présent est bien connu, et qu’il unit des Syriens, ce qui pourrait venir après risque de les diviser, alors même que la région du Proche-Orient commence à ressentir les effets, voire les débordements de cette guerre. C’est pourquoi, même le langage du secrétaire général de l’ONU a pratiquement changé, laissant apparaître un certain désespoir. Après avoir longtemps demandé un engagement de la communauté internationale et donc au moins d’une majorité de pays, Ban Ki-moon a placé la barre plus haut. Il ne réclame rien d’autre que l’unanimité. «Si nous appuyons Lakhdar Brahimi de façon unanime, il est encore possible d’éviter le pire et d’envisager le retour de la paix en Syrie», a-t-il ainsi souligné jeudi dernier à la suite de la présentation du rapport de l’émissaire onusien. Un rapport passé pratiquement sous silence, même s’il est vrai que M. Brahimi a rappelé ce qui constitue des évidences.

 

En diplomate aguerri, il a dû peser le moindre mot, se faisant fort par ailleurs de rappeler des vérités susceptibles de causer d’énormes dégâts, même là où l’on s’y attend le moins, tout en soumettant deux scénarios, le premier étant celui d’une solution politique que tout le monde juge désormais improbable. Le second est plutôt effrayant, et il a été déjà esquissé par son prédécesseur, Kofi Annan, qui disait, dès le printemps dernier, que si la Syrie était menacée d’implosion, la région du Proche-Orient risquait quant à elle d’exploser. Que signifie en effet son appel à la préservation de l’unité de la Syrie, «un Etat en décomposition» qui risque de «devenir un Etat défaillant avec toutes les conséquences dramatiques que cela aura pour le pays lui-même, la région et la paix, et la sécurité internationale» ?

 

Dans les relations internationales, le fait n’est pas inédit, cela s’étant produit sous d’autres latitudes, en Afrique notamment où des conflits sont tout simplement devenus – rendus serait plus juste – inextricables, en s’étendant à des régions entières, comme celle des Grands Lacs. Tout compte fait, ce sera un saut dans l’inconnu même pour ceux qui s’accommodaient du statu quo. L’OTAN semble en prendre acte en se positionnant aux côtés de la Turquie qui en est membre. Sauf que la réponse paraît inappropriée, à moins bien entendu que la Syrie dispose encore de moyens considérables et le pire est encore à venir.

 

 

El Watan, 6 décembre 2012

 

 

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