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Publié par Saoudi Abdelaziz

Karim le guerbèsi de Paris 

DR

 

 

 

 

Dans son dernier article Karim Tédjani s'interroge : "L'année 2013 a-t-elle été vraiment l'année de l'environnement en Algérie? ", comme cela a été décrété officiellement. Dans son évaluation, le défenseur de l'environnement "met tout  simplement  le doigt sur un paradoxe qui  persiste dans la politique environnementale de notre pays.  Une incohérence  qui éloigne la majorité des discours officiels   de la réalité du terrain".  

 

 

 

EXTRAITS

 

 

(...) D’autres, peut-être plus nuancés dans leur propos,   dénonceront, à juste titre, les vices récurrents qui minent l’application locale de certaines  bonnes décisions ministérielles.  Est-il besoin de rappeler à la mémoire du lecteur, qu’il n’y a pas de cela si longtemps, de nombreuses vidéos ont circulé sur le web, montrant des agents de la propreté  civile déversant en plein jour  le contenu de leurs bennes à ordures dans les  sublimes gorges de Kherrata ?

 

Faut-il  pas s’étonner quand,  Dounia, une gazelle, est le symbole officiel de l’Environnement en Algérie,  et que cette année encore, de riches étrangers sont venus décimer en toute impunité  cette espèce protégée  par la loi algérienne. Juste pour la « beauté » du sport?

 

Comment croire sincèrement  aux mesures  politiques annoncées, quand elles sont bafouées par les propres outils mis en place au nom de notre Etat?

 

Déjà, en mars, on annonçait la potentialité d’installer un  méga complexe pétrochimique à quelques kilomètres  de Guerbes et de Sanhadja où  se trouve un complexe de zones humides de  renommée internationale, ainsi que de nombreuses zones naturelles protégées. Jusqu’à ce jour, aucune déclaration officielle n’a remis en cause la réalisation dans cette région d’un projet aussi morbide pour l’environnement et le développement durable de cette dernière. L'épée de Damoclés  continue à peser sur le destin d'une qui aurait dû, depuis bien longtemps déjà, être calssée parc national.  

 

Quant aux carburants fossiles non conventionnels, bien que le pays souffre de stress hydrique et que la fracturation hydraulique soit un procédé d’extraction très controversé d’un point de vue écologique, là, c’est officiel : l’exploitation aura bien lieu dans les plus brefs et réalisables délais.

 

On aura même assisté à plus déroutant:  un ministre de l’environnement ainsi qu'un autre, chargé d'administrer les  ressources hydriques du pays  n’ont pas hésité, dans leurs déclarations publiques, à soutenir que les impacts  environnementaux, pour  ce type de forages  étaient  nuls, qui plus est, les risques  totalement  maitrisés. Est-ce un discours que l’on attend de la part de  hauts fonctionnaires chargés de veiller sur l’Environnement ainsi que les réserves d’eau du nationales ? Deux secteurs qui seront indiscutablement perturbés par l’exploitation des gaz et pétroles non conventionnels ; aucun n’expert sérieux ne peut affirmer le contraire, à moins d’être impliqué professionnellement dans ce type d’exploitation…

 

En 2013, la création du  conseil   national censé  appliquer les nouvelles lois sur les zones naturelles protégées, votée en 2011, n’a toujours pas été réunie pour faire son travail. Ainsi la préservation du nombre malheureusement croissant de zones naturelles dégradées, si elle a été décidée, ne peut toujours pas être légalement mise en place dans notre pays… Malheureusement, cette latence persistante entre décision et application n’est pas un cas isolé, mais bien  un cas d’école !

 

La plupart de nos espaces naturels sont devenus de véritables zones de non droits où les plus sordides trafics écocidaires  et délits environnementaux  sont commis  dans la plus totale impunité. Partout,  parmi ces même citoyens qui sont montrés du doigt dans les médias  comme d’improbables éco citoyens, des voix  s’élèvent pour condamner ces méfaits accomplis  dans leur localité, souvent sans pour autant  que ces crimes et délits contre la nature ne cessent vraiment. Il faut admettre que des efforts de la part des autorités ont été consentis pour tendre une oreille plus attentive à ces justes doléances, mais ils restent timides et souvent impuissants face aux réseaux de complaisances  locaux.

 

D’autant que, cette année, aura vu aussi   une suspension de six mois, deux associations algériennes, pour avoir milité pour la protection d’une forêt face aux prédations de promoteurs immobiliers…

 

Cette année 2013, aura été également celui des cris d’alertes de la part des acteurs de la santé publique.  A maintes reprises des  professionnels du monde hospitalier ou vétérinaire ont dénoncé de troublants manquements au respect des règles  environnementales en rigueur dans ce pays. En Algérie, comme par exemple dans la wilaya de Chlef, on n’hésite pas encore  à jeter les déchets hospitaliers dans les décharges publiques  conventionnelles.   A  ciel ouvert, ou dans bien directement   les oueds ! Les professionnels de la santé animale n’ont pas hésité à  alerter également  dans la presse nationale, toutes les dérives des éleveurs et de l’ensemble de l’industrie agroalimentaire dans notre pays. Les maladies digestives, les cancers liés à une nutrition malsaine en nette progression  sur le territoire national sont là pour appuyer de telles légitimes  accusations…

 

Texte intégral : nouara-algerie.com

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