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Publié par Saoudi Abdelaziz

Chkoun Ahna peut se traduire par « Qui sommes-nous ? ». Une exposition sur l’identité, donc ? Pas si simple.

 

Mais il faut d’abord dire où nous sommes, avant de dire qui. Dans la Tunisie d’après la révolution "de jasmin" (expression que les Tunisiens n’emploient guère, d’ailleurs), d’après la chute de Ben Ali, mais aussi dans la Tunisie en attente d’une nouvelle Constitution, et agitée par des forts courants islamistes, dont certains ressemblent un peu à nos "démocraties chrétiennes", mais dont d’autres (salafistes) semblent infiniment plus virulents et intolérants.

Nous sommes dans un pays qui hésite entre tradition et modernité, entre repli sur soi et ouverture.

Nous sommes aussi dans la très chic banlieue Nord, loin du peuple et de la médina, là où l’art est tout autant distraction qu’engagement.

Nous sommes au Musée de Carthage, témoignage des siècles passés, des puniques aux Croisés (Saint Louis est mort ici), sur une colline coiffée d’une imposante et très coloniale cathédrale, aujourd’hui déconsacrée et transformée en salle de spectacles.

Toutes ces ambiguïtés, ces dialectiques, ces tensions innervent le pays, toutes les discussions qu’on peut avoir ici et là oscillent entre la joie d’être sorti des années de plomb et l’inquiétude du futur, et l’art qu’on y fait les reflètent évidemment, même s’il n’évite pas toujours les poncifs ou a parfois du mal à prendre de la distance.

C’est ce qu’on peut voir en partie dans cette exposition (jusqu’au 15 juin) mais aussi partout ailleurs, dans la rue, les centres d’art, les discussions en terrasse des cafés (…)

 

Texte intégral et illustrations sur Lunettesrouges-blog


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