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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Empêcher les anciens grévistes les plus combattifs d'avoir leur carte d'adhésion à l'UGTA, promouvoir la candidature des anciens responsables syndicaux rejetés par les grévistes en février et juin derniers, convoquer l'assemblée générale sans ordre du jour. L’union locale de la zone industrielle Oued Aïssi prépare à sa manière l'élection d'un syndicat maison qui resterait inféodé à l'employeur. Les salariés devront-ils créer un syndicat autonome pour avoir des représentants capables de défendre leurs intérêts?

 

 

 

Le compte-rendu de Samir Leslous

 

 

"Les membres du conseil syndical ont décidé à l’unanimité de démissionner collectivement et s’engagent à ne pas se représenter à la prochaine échéance électorale”. Cette phrase a mis un terme à un mouvement de grève qui paralysait, en février dernier, pour la 29e journée, le complexe de l’industrie électroménagère, Eniem, d’Oued Aïssi. L’annonce émanait du conseil syndical de l’UGTA dans un communiqué rendu public.

 

Les 2 500 travailleurs du complexe avaient pris acte avec joie, mais les voici face à une volte-face qui suscite colère et tension. Dans une déclaration rendue publique ce week-end, les travailleurs de l’Eniem dénoncent vigoureusement le non respect par les anciens membres du conseil syndical et du comité de participation de l’entreprise de leur engagement de ne plus se représenter aux prochaines élections syndicales. “Ils viennent de déposer leur candidature, fait que nous dénonçons énergiquement”, grognent-ils dans leur déclaration.
Mais les travailleurs ne s’arrêtent pas là. Ils accusent les syndicalistes de manœuvrer sournoisement. “Durant la campagne de syndicalisation pour élire la nouvelle section, un groupe de travailleurs se rapproche de l’union locale de l’UGTA à la zone industrielle Oued Aïssi pour se faire établir des cartes d’adhésion, mais voilà qu’on leur signifia qu’ils n’ont aucun droit sous prétexte d’avoir voulu s’engager dans la création d’un syndicat autonome”, rappellent-ils ajoutant que le problème réglé, vient ensuite celui de la convocation d’une assemblée générale pour laquelle l’ordre du jour n’a pas été arrêté conformément à l’article 91 de la loi fondamentale relative à la tenue des assemblées générale et extraordinaire ainsi que les statuts de l’UGTA. “Nous avions saisi toutes les instances pour demander le report de la tenue de l’assemblée générale mais en vain. L’AG a eu lieu sans que le quorum ne soit atteint, et la commission électorale installée de façon très ambiguë et qui n’est pas conforme à l’article 77 du règlement intérieur de l’UGTA”, accusent les travailleurs qui dénoncent dans leur déclaration ce qu’ils qualifient de “parti pris du responsable de l’union locale de la zone industrielle Oued Aïssi, ainsi que les agissements des membres de l’union locale”.

 

Selon les rédacteurs du document, la commission électorale a donné juste une semaine pour le dépôt des candidatures pour les 1 300 adhérents. “Un fait que nous dénonçons avec la plus grande vigueur”, concluent-ils non sans faire défiler le spectre d’une nouvelle grève.
Pour expliquer leur volte-face, les ex-membres du syndicat et comité de participation de l’Eniem mettent en avant l’inexistence d’une quelconque loi ou règlement qui leur interdit de se porter à nouveau candidat.

 

 

Source: Liberté.com 22 juillet 2013

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