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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Fichier:Hémicycle de l'assemblée populaire nationale (Algérie).jpg

DR-« De beaux graphiques en fromage, en bâtons et en surfaces hachurées pour des sujets qui ne sont plus d’actualité ». Les députés du FFS ne manquent pas d’humour, à propos du rapport annuel dans la Banque d’Algérie

 

 

 

Evaluation critique du rapport annuel 2011 de la banque d’Algérie

par les députés FFS, Thamila Moussaoui et Nassim Sadeg

 

 

 

Monsieur le Gouverneur,

 

 

La lecture de votre rapport annuel sur l’évolution économique et monétaire pour l’année 2011 suscite beaucoup de questions et d’interrogations. Ce dernier nous laisse plutôt perplexes et frustrés, ce que nous ne manquerons pas de détailler en ce qui suit.

 

Nous limiterons notre intervention à soulever des aspects précis relatifs à des missions précises de la Banque d’Algérie telles que formulées sur la Loi Monnaie et Crédit, notamment dans ses articles 35 et 36.

 

Nous focaliserons notre interventions plus précisément sur :

1 – l’inflation et l’évolution des prix en Algérie ;

2 – le taux de change du dinar: son évolution et son mode de détermination ;

3 – et la politique de change affichée, de la convertibilité du dinar et du/des marché(s) de la devise.

 

Auparavant, permettez moi, Monsieur le Gouverneur, de soulever quelques observations de forme de votre rapport :

a) Autant la qualité du papier utilisé est de rang supérieur, autant sa reliure est de piètre qualité car dès l’ouverture du document les feuilles se détachent, ce qui en fait un rapport à manipulation très difficile.

b) Si nous passons au corps du texte, je vous avoue Monsieur le Gouverneur, que pour comprendre et en retenir quelques choses, il faut revenir à chaque paragraphe plusieurs fois, tant le style est lourd et complexe, surtout que chaque page est inondée d’environ 50 nombres en chiffres représentant des années, des taux en pourcentages, des indices et des montants en dinars ou en dollars.

c) Quelques fois, dans le même paragraphe, nous rencontrons une chose et son contraire, à l’instar du 3eme paragraphe de la page 37, qui commence ainsi :

« La tendance baissière des cours mondiaux des produits agricoles, entamée au premier trimestre 2011, s’est poursuivie ;…. »

Ce paragraphe se termine par la phrase : « Cette hausse des cours moyens des produits agricoles s’est traduite par la forte progression annuelle de l’indice des valeurs unitaires des biens alimentaires importés, estimée à 37,9% celui des autres biens de consommation n’ayant enregistré qu’une légère hausse de 1,1% »

Du début à la fin de votre rapport, nous retrouvons le même style déroutant, qui au lieu de nous renseigner et nous éclairer, nous frustre et nous complexe comme si nous ne savons plus lire un rapport économique.

d) Un dernier point sur la forme du rapport, en y recherchant des données structurées sous forme de tableau, notamment la situation monétaire, nous trouvons que le sommaire des tableaux en page 173 indique la page 166 pour la situation monétaire. Le tableau recherché se trouve en fait en page 136et en page 184 !

Souvent nous sommes restés sur notre faim car nous ne trouvons pas ce que nous recherchons ; par exemple des graphiques significatifs sur l’évolution du taux d’inflation et du taux de change du dinar, alors qu’il est affiché de beaux graphiques en fromage, en bâtons et en surfaces hachurées pour des sujets qui ne sont plus d’actualité tel que la dette extérieure.

 

1 –L’inflation et l’évolution des prix

 

Il y a lieu de précisé de prime abord que la détermination du taux d’inflation et du ressort exclusif de l’ONS, Pour la Banque d’Algérie, le taux d’inflation doit rester une donnée externe sinon exogène, à utiliser telle quelle. Il nous semble lire dans votre texte comme si la Banque d’Algérie détermine on propre d’inflation !

En page 38, vous avez occulté l’une des causes principales de l’inflation, qu’est l’inflation importée ou plutôt la hausse des prix à l’importation ; il ne s’agit pas seulement de la hausse des prix des produits importés dans leur pays d’origine mais surtout du prix de ces produits rendus en Algérie et en dinars algériens ; c’est là que réside la cause principale de l’inflation en Algérie, du moins durant ces trois dernières années.

Suivant les statistiques douanières algériennes 70 à 75% des besoins des ménages et des entreprises proviennent de l’étranger, donc importés. La hausse des prix des produits entrant en Algérie est due à la hausse au prix de ces biens dans leur pays d’origine, à la dévaluation du dinar, à la hausse des couts d’approches et des commissions de changes des banques intermédiaires. Cette hausse des prix des produits rendus en Algérie conjuguée à une politique budgétaire hasardeuse explique l’essentiel de l’inflation en Algérie de 2009 à 2012. Tandis que la hausse des salaires que vous mettez en avant est très peu significative sur l’inflation, car cette hausse des salaires vient seulement compenser une fraction des pertes du pouvoir d’achat antérieures d’une part, d’autre part cette hausse nominale de revenus ne vient pas se traduire en demande de biens de consommation pour qu’elle ait un impact significatif et immédiat sur les prix.

 

 

2 – Le taux de change du dinar, son évolution et son mode de détermination

 

En page 65, paragraphe IV.2 Marché interbancaire et taux de change, vous reconnaissez explicitement que la Banque d’Algérie est le seul offreur de devises sur ce marché et que, suivant la Loi, toutes les recettes d’exportations de produits d’hydrocarbures et des produits miniers sont obligatoirement cédées à la Banque d’Algérie. Sachant que les exportations hors hydrocarbures et produits miniers représentent moins de 2% des recettes d’exportations, nous voyons mal, comment dans de telles conditions il peut y avoir un marché de change ou des mécanismes de marché de changes en Algérie. Affirmer le contraire serait simplement une fausse vérité, pour ne pas dire un mensonge.

A travers Internet, il est aisé de retrouver toutes les statistiques des taux de changes des monnaies des pays du Monde. Il ressort à travers ces statistiques du taux de change du dinar que nous ne trouvons pas dans votre rapport que le dinar a perdu entre 6 et 30% de sa valeur par rapport aux devises étrangères comme indiqué dans le tableau ci-dessous :

 

 

 

 Votre politique de détermination du taux de change que vous appelez flottement dirigé, le flottement concerne les devises étrangères entre-elles et le terme « dirigé » revient au dinar algérien. Ce qui signifie pas moins que le taux du dinar algérien est déterminé/fixé administrativement. Ce qui veut dire aussi que le dinar algérien ne s’apprécie pas, il ne se déprécie pas non plus , sur un marché de change qui n’existe pas. Le taux de change du dinar est actuellement soit dévalué ou réévalué par la Banque d’Algérie de façon unilatérale.

 

L’utilisation d’un panier de monnaies et la formule du fameux indice du taux change effectif réel, qui n’est rien d’autre qu’une moyenne des taux de change des monnaies pondérée une première fois par rapport au différentiel d’inflation et une seconde fois par rapport au poids de ses monnaies dans les échanges extérieurs algériens. En poursuivant la politique actuelle, préconisée par le FMI, Vous maintenez inéluctablement l’Algérie dans une spirale inflationniste, une fois cette dernière amorcée. En effet, si une première dévaluation est appliquée, une inflation s’en suit fatalement. Ce qui, à travers la formule utilisée, vous oblige de nouveau à dévaluer afin d’atteindre votre objectif de stabilité du taux de change effectif réel comme vous l’annoncer en conclusion à la page 68 de votre rapport.

 

Ainsi si le taux d’inflation en Algérie en 2011 n’était que de 4.54%, en glissement annuel de septembre 2011 à septembre 2012, l’ONS annonce déjà un taux d’inflation de 7.9%. Il y a lieu de s’attendre à des taux d’inflation encore plus élevés dans les prochains mois et à des dévaluations ou des dépréciations (si vous préférer ce second terme) du dinar Algérien encore plus importante en 2013.

 

 

3 – de la politique de change affichée, de la convertibilité du dinar et du/des marché(s) de la devise.

 

Il est indéniable de constater qu’il n’y a qu’en l’Algérie dans tout le Maghreb où la monnaie n’est pas convertible. Dans le Monde, les plus grands pays communistes comme la Chine et la Russie (ex : URSS) y ont installé une convertibilité totale de leur monnaie. Ces derniers ont compris l’importance de la convertibilité d’une monnaie dans la libération des énergies des peuples dans leurs propres économies.

Il est vrai que dans les textes réglementaires de la Banque d’Algérie la convertibilité courante du dinar est consacrée, mais dans la pratique, ceci est loin d’être une réalité. Beaucoup de services aux entreprises restent soumis à autorisation, les transferts au titre du revenu du travail comme du capital ne sont pas totalement libre. Il demeure quasiment interdit aux algériens de voyage à l’étranger ou de s’y faire soigner à partir de leurs économies durement gagnées (c’est quoi 140euro/an pour voyager ou 100000 da pour s’y faire soigner ! ).

L’économie algérienne est totalement bridée, notamment Les PME pourvoyeuses d’emplois, totalement handicapées par une réglementation inappropriée. L’algérien n’est pas digne de confiance (crédit document comme seul mode de règlement), on veut faire croire que les commerçants s’enrichissent sur le dos des autres, que les devises du pays appartiennent à l’Etat et les dinars sont des cacahouètes pour les singes que nous sommes. Nous sommes maintenus dans des considérations sociopolitiques du début du siècle dernier ; Il est utopique que nous puissions sortir de la dépendance aux hydrocarbures sans avoir au préalable instauré une convertibilité réelle du dinar afin de libérer les initiatives pour le développement de la PME/PMI.

Durant la période 1990-1992, lorsque monsieur M. Hamrouche était premier Ministre et que monsieur R. Hadj Nacer était Gouverneur de la Banque d’Algérie, il était question de passer à la convertibilité du dinar dès que l’Algérie aura un niveau de réserves change adéquat (pour rappel, le niveau des réserve de changes était très inférieur au milliard de dollars Us, alors que la dette extérieure était de l’ordre de 25 milliards de dollars US) Qu’en est-il Aujourd’hui ? Nous cumulons des ressources pour cumuler des ressources !

Si nous observons maintenant votre tableau N° 11 : Situation monétaire, nous constatons que de 2007 à 2011, les avoirs extérieurs nets (première ligne) équivalents à nos réserves de changes placées, sont deux fois plus importantes que la monnaie c’est-à-dire la circulation fiduciaire hors banques à laquelle on ajoute les dépôts à vue auprès des banques, du Trésor et du CCP !

Ce qui signifie qu’au cas où l’Algérie opte pour une convertibilité totale du dinar, et que tous les algériens demandent simultanément à convertir leurs avoirs en devises étrangères, au taux de change actuel, les réserves de changes du pays suffiront pour couvrir deux fois toute la monnaie créée précédemment. Nous savons pertinemment que tous les algériens ne demanderont pas tous à convertir leur avoir en devises, car la plupart des algériens n’ont pas de pays de rechange, ils auront toujours besoin de dinars pour leurs transactions en Algérie. Ils se rendront très vite compte que leurs avoirs/économies seront plus en sécurité dans leur propre pays qu’ailleurs. De toute façon ceux qui voudraient partir, rien ne les empêchera de partir s’ils ne sont pas déjà partis, L’Etat et d’abord la Banque d’Algérie, devrait se restreindre à encourager les algériens à travailler, à s’enrichir honnêtement et à payer leur impôts régulièrement au lieu de brandir tous azimuts des menaces répressives pour les décourager et les surmener. Il faut arrêter de considérer que tout algérien est fraudeur jusqu’à ce qu’il prouve son innocence, la présomption d’innocence doit prévaloir en toute circonstance. Le droit positif doit être privilégié en tout lieu si l’on veut construire une Algérie sereine et prospère pour la liberté et le bien-être des algériens. Je termine mon exposé en donnant succintement un point de vue sur la cacophonie actuelles sur le marché noir des devises : Tous le monde sait que la Nature a horreur du vide, comme les algériens sont très ingénieux, ils trouveront toujours des parades aux incohérences du système. Si demain il est instauré une convertibilité réelle du dinar algérien, alors le marché noir de la devise et l’économie informelle disparaîtront d’eux mêmes. Lorsque l’algérien se sentira en sécurité chez lui en Algérie, il s’y investira totalement et y placera certainement toutes ses économies honnêtement gagnées.

 Front des Forces Socialistes. Groupe parlementaire. Alger, APN

29 octobre 2012. Ffs-dz.net

 

 

 

 

 

 

Devises Symboles nombre de dinars nécessaires pour 1 unité de la devise X
taux de
01/01/2009 26/10/2012 dépréciation
Dollar US USD 69,55 79,38 14,12%
Euro EUR 96,8 102,46 5,85%
Livre sterling GBP 101,62 127,88 25,84%
Franc suisse CHF 65,18 84,75 30,01%
Yen japonais JPY 0,7674 0,9933 29,44%
DTS (fmi) XDR 107,58 121,92

13,33%

 

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