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Publié par Saoudi Abdelaziz

En Algérie, c’est en été que se révèle sous une lumière particulièrement crue, l’incurie habituelle des pouvoirs publics dans l’organisation du cadre de vie des Algériens ordinaires.

 

Eau, électricité, loisirs, santé, approvisionnements : des besoins élémentaires qui, chaque été, contraignent les gens à sortir dans les rues pour faire bouger les administrations. La persistance et parfois l’aggravation des coupures d’eau et d’électricité, à la veille du ramadhan, poussent à l’exaspération. Les citoyens ont occupé les rues dans au moins 15 wilayas du pays, note aujourd’hui l’Expression, à Biskra, Batna, M'Sila, Sétif, El Tarf, Bouira, Béjaïa, Blida, Bordj Bou Arréridj, Adrar, Oum El Bouaghi, Mila, Guelma, Jijel et El Oued.

Le terme d’ « émeutes » pour désigner ces irruptions populaires dans l’espace public est galvaudé.

 

Gros plans

 

2O puits artésiens mais pas d’eau

 

Des centaines de citoyens sont sortis avant-hier dimanche et ont fermé à la circulation le CW 9 reliant la ville de Béni Tamou à Blida, route qui est empruntée par des dizaines de camions et de nombreux véhicules venant ou allant vers la zone industrielle. D'après les habitants, d'importantes coupures de l'alimentation en eau potable sont enregistrées depuis plusieurs semaines, ce qu'ils n'arrivent pas à comprendre puisque leur commune dispose de 20 puits artésiens qui suffisaient amplement à leur alimentation normale. D'un autre côté, les citoyens réclament la remise en état du réseau d'assainissement qui accuse des imperfections en différents endroits, ce qui a donné lieu à des infiltrations d'eaux usées dans certaines habitations et constituent donc un grand danger pour la santé des habitants.

 

 

 

Protestataires sous les tentes

 

Plusieurs centaines de citoyens, certains venus en familles, de la commune d'Aïn Témouchent, protestant contre leurs mauvaises conditions de vie, se sont  installés sous des tentes de fortune sur un jardin public mitoyen, puis se sont regroupés devant le siège de la wilaya. Ils ont ensuite occupé le carrefour d'en face desservant plusieurs directions de la ville dès lors fermées à la circulation. Il a fallu l'intervention des forces de l'ordre public pour les déloger, dans le calme faut-il le souligner, et permettre à la circulation urbaine de reprendre tous ses droits. Certains protestataires étaient toujours présents sur les lieux, la plupart d'entre eux sous «leurs» tentes. On apprendra aussi que le même scénario s'est produit, à 30 km à l'est du chef-lieu de la wilaya, plus précisément dans la commune de Sidi-Boumediene, où des habitants ont tenté de fermer une route communale pour dénoncer des problèmes liés aux logements et autres infrastructures publiques.

 

 

 

Ali Mendjeli en a marre du béton

 

 

Les citoyens de la nouvelle ville Ali Mendjeli ont exprimé, hier, leur impatience devant le retard pris dans la réalisation du programme des espaces verts, jardins publics et autres structures de détente. Dans cette nouvelle agglomération de près de 200 mille habitants, qui s'étale sur un espace énorme de près de 1.500 hectares, le visiteur ne rencontre que du béton armé. En ce moment, les enfants et les personnes du troisième âge qui veulent échapper à l'enfermement entre quatre murs de béton, passent leur temps dans les escaliers des immeubles pour fuir la chaleur. L'unique jardin public de la ville situé dans l'unité de voisinage n°7 est très fréquenté mais se trouve, d'après les témoignages recueillis, dans un état lamentable car il est transformé en «une véritable poubelle», selon des riverains.

 

 

 

Banderoles le long de la Route nationale

 

 

Le spectacle des banderoles qui ornent les bordures de la RN 11, non loin de l'entrée de la ville de Gdyel, intrigue les automobilistes de passage dans le coin.  Pour dénoncer le retard pris dans leur relogement, les habitants d'une ferme de Gdyel, dans la wilaya d'Oran, ont accroché ces banderoles sur cet axe routier qui relie Oran à la wilaya de Mostaganem. «Nous avons choisi ce moyen pour faire entendre notre appel. Nous avons frappé à toutes les portes et les responsables aussi bien de la commune que de la daïra sont restés insensibles à notre appel. Veulent-ils qu'un drame se produise pour nous reloger. Nous vivons dans des habitations qui menacent ruine et nous avons droit un relogement», affirment-ils.

 

 

Source : correspondants locaux des quotidiens, 17 juillet 2012

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