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Publié par Saoudi Abdelaziz

 Par Saoudi Abdelaziz, 14 juin 2012

 Depuis l’échec marquant de la manifestation organisée par Saïd Sadi, le 12 févier 2011, les experts n’ont pas cessé  de se presser au chevet du patient algérien, pour expliquer son allergie aux potions et slogans révolutionnaires. La grande levée de masse, à laquelle ont travaillé, en 2011, différents centres nationaux et internationaux, n’a pas eu lieu en Algérie. La redoutable plèbe algérienne n’a pas bougé, elle n’a pas réagi aux appels à se dresser contre la dictature et à faire « dégager » celui qu’on sait.

 Les appareils, laboratoires et officines se sont penchés sur le récalcitrant. Le diagnostic de certains experts médiatiques?  En Algérie il n’y a plus de peuple, il n’y a plus qu’une multitude de particules humaines, inaptes à l’étude des laboratoires sociaux, s’agitant par un mouvement brownien et irrationnel dans les mares de la rente.

 Même s’il n’est pas formulé aussi abruptement, ce « constat » est devenu une vérité scientifique, largement médiatisée par des chroniqueurs désenchantés, dont le travail semble être de trouver sur le terrain la confirmation du diagnostic, avec une certaine jubilation à plonger dans la mare.

 Plus encore, ce diagnostic constitue l’argument pour  fonder de nouvelles lignes politiques. Le peuple algérien étant devenu « allergique à la politique », « indifférent à la chose publique »,  il faudrait d’abord prendre le temps de le réinitialiser par des logiciels politiques adaptés. Et, en attendant, surtout pas de radicalisme, ce serait fatal au malade !

 Les experts en communication moderne le recommandent : apolitiques, les Algériens sont donc forcément des spectateurs qui marchent à la formule-choc. Du côté de la domination, on va donc leur donner du grain à moudre, en ces temps où les « patients semblent vouloir que cela change ». « L’argent. C’est tout ce que les Algériens comprennent » a du se dire le premier ministre lorsque, copiant-collant l’image populaire de la « chkara », il dénonce le règne de « l’argent maffieux ». Petite chippa ou grosses commissions en devises, tous dans le même sac ! Le mal est généralisé, semble nous dire le chef, reprenant, comme il le fait depuis sa sortie de l’ENA, le précepte de Frantz Josef Strauss : « Il faut mettre les principes très haut, ainsi on peut plus facilement passer en dessous ».

 Fakou, semblent dire les missa, après cette déclaration aussi fracassante qu’un pétard mouillé. Avec le temps, les Algériens amassent un capital politique inestimable, et d’abord la capacité de prendre leurs distances à l’égard des annonces. Cette distance critique est la base de la conscience politique moderne, qui se forge contre les manipulations des forces de la domination (pauvre Merah) et contre l’encadrement médiatique des consciences.

 En 2011, les Algériens d’en bas ont engagé la contre offensive contre la domination. Leur lutte semble se concentrer actuellement sur la conquête de l’espace vital nécessaire pour s’unir, se défendre et organiser la vie commune, à tous les niveaux possible. K. Selim écrit ce matin : « Ali n'en finit pas de faire de la résistance ! »

 

 

 

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