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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le ministre des Affaires religieuse, annonçant que le salaire des imams sera régularisé, les invite à appeler au vote dans leurs prêches, la mosquée étant un "complément indispensable des institutions de l’Etat ». Il affirme curieusement : «il n’y a aucun message politique dans l’appel au vote ».

« Effrayées par le spectre de l’abstentionnisme, les formations politiques, toutes tendances confondues, mettent en garde contre le danger qui guette l’Algérie » écrit ce matin Nadia Benakli, dans l’Expression.

M. Soltani cherche l’attention en dramatisant : «Il y a ceux qui veulent une Algérie rouge, nous la voulons verte». Il veut une « participation de plus de 60% » et fait la morale aux citoyens les invitant à "rompre avec tout comportement négatif" et à "ne pas dévaloriser leurs voix". Djaballah, son adversaire en islamisme,  fait appel au nif des Algériens : «le déshonneur s’abattra sur le peuple algérien qui aura, de ce fait, failli dans sa quête pour le changement à l’image des Tunisiens, Egyptiens ou Marocains. Car s’il (le peuple) ne s’est pas révolté comme ce fut le cas en Tunisie, il est tenu au moins d’opérer à la manière des Marocains par l’acte politique ».

Laissons le dernier mot à Khalfa Mameri, constitutionnaliste et ancien député, qui écrit dans une libre opinion : « Rien ne justifie d’augmenter de 79 députés l’effectif de la prochaine assemblée,  mesure coûteuse, inutile, qui n’a d’autre but que de servir des clientèles politiques ».

 

Synthèse blog, 12 mars 2012

 

 

Une campagne sans programmes

 

par : Mustapha Hammouche

 

L’usine à partis devrait ralentir la cadence. Le peuple — ni même les observateurs professionnels de la chose politique — n’arrive plus à suivre.

Chaque jour que Dieu fait, il est question d’un récépissé ou d’un agrément, puis d’un sigle d’un parti et du nom de son président. Et déjà, il est en position d’appeler à voter massivement pour “sauver l’Algérie” ! Heureusement qu’il y a, parmi eux, quelques revenants du marécage politique des années 1990 ; ce qui nous permet de jouer aux familiers de la scène publique.

C’est à se demander : pourquoi, depuis que l’Algérie est en danger, nous a-t-on caché l’existence de ces sauveurs. Pourquoi fallait-il décréter un état d’urgence, instaurer un couvre-feu, armer des patriotes et des groupes d’autodéfense, alors qu’il suffisait de distribuer des agréments pour que le pays soit tiré d’affaire ? En ce temps de péril et de pénurie de rente, les agréments, beaucoup les avaient enterrés pour sauver leur peau.

D’ici le 10 mai, les partis-éprouvettes auront à peine le temps de réaliser leurs “tâches immédiates” : constituer des listes de candidats et appeler au vote, en soutien aux sms du ministère de l’Intérieur et aux sermons participationnistes des imams. Ce qui pose un problème de démocratie aux électeurs : ils connaissent l’establishment du pouvoir et de l’opposition, mais pas les forces du “changement”.

Faute de prendre le temps de médiatiser des figures, de concevoir des logos à l’intention du tiers d’analphabètes parmi la population, les nouveaux arrivants seront contraints de retourner à l’anonymat dès le 11 mai. Ils n’auront pas le temps — ils ne semblent surtout pas en avoir la préoccupation — de se doter d’un programme politique.

 

Il y a même une organisation patronale qui, poussant le mimétisme démocratique jusqu’au bout, a demandé aux partis de rendre publics leurs programmes économiques ! Mais pourquoi ? Il faut un programme pour se présenter aux élections ? Non, surtout quand on n’a pas la prétention de prendre le pouvoir, mais juste de glaner. Car, les prochaines élections sont, pour ces partis ad hoc, ce que le glanage est à la récolte. On passe derrière le propriétaire pour cueillir ce qu’il n’a pas vu ou voulu de sa moisson.

Sauver le vote pour sauver quelques sièges en appelant à sauver l’Algérie : vaste, mais pauvre programme !


musthammouche@yahoo.fr, 12 mars 2012. Liberté.com

 

Le vote Mac

Par Maamar Farah

Un vieil ami m’a tenu le langage suivant : «Tu sais, les listes des grands partis sont bouclées et les militants se bagarrent. On m’a même dit qu’il faut verser 300 millions pour figurer en haut de liste… Mais j’ai le choix. La semaine dernière, les gars du PK m’ont contacté. Le FNL s’est intéressé à moi. Le MNL aussi.

J’avais un faible pour le PJD, mais on m’a conseillé le PFD. Hier, c’était le bouquet : ils sont venus à tour de rôle me proposer d’être tête de liste : le FM, le FNJS, le JJ, le PLJ, le MCL, l’UFDS… Tu penses qu’ils donneront l’agrément au PEP ? Mais, après mûre réflexion, j’irai au MPA. - Qui est son coach ? - Amara Benyounès… - Moi je suis plutôt USMA, mais je ne l’ai pas toujours été… Enfant, j’étais MAC, puis JBAC à Annaba… Et j’ai un nouveau faible pour le MAC… - Mouvement Autonome Chaoui ? - Non, M’daourouch Athletic Club, ex- Montesquieu Athletic Club…
maamarfarah20@yahoo.fr

«Les hommes sont comme le riz qui bout dans la marmite, ils sont tantôt en haut, tantôt en bas.» (Proverbe malgache)

Maamar Farah, 12 mars 2012 Le Soir d’Algérie

 

La rue et les législatives: Plutôt couffin qu'urne !

par M. Nadir

A deux mois de leur tenue, les élections législatives ne semblent pas faire l'unanimité chez la majorité des Oranais qui - outre qu'ils sont beaucoup plus sensibles aux multiples flambées des prix des produits de large consommation - avouent avoir été terriblement déçus par les précédents parlements et ne pas se fier aux engagements officiels quant à la régularité du scrutin dans un pays qui n'a pas connu d'autres régimes que celui qui est au pouvoir depuis 50 ans.

 Un jugement sans concessions que partagent même ceux qui annoncent leur intention de se rendre aux urnes le jeudi 10 mai avec le timide espoir que «cette fois sera la bonne» et que le peuple aura enfin de véritables et dignes représentants de sa volonté. Le doute, encore toujours. Si l'on excepte les militants des partis politiques et autres indépendants qui ont décidé de tenter leur chance aux élections législatives, la grande majorité des Oranais se trouvent à mille lieues de s'intéresser à cette compétition qu'ils assimilent beaucoup plus à une course vers l'argent qu'à un exercice démocratique qui requiert leur participation citoyenne : «Nous avons tous vu la manière dont les précédents parlements ont été élus, ce qu'ils ont apporté au peuple algérien et surtout l'attitude franchement mercantile des députés.

 Ce n'est donc pas étonnant que l'exercice de la citoyenneté ne tente que très modérément les Algériens», note cet enseignant universitaire en affirmant que les prochaines législatives n'apporteront rien de nouveau même si de nouveaux partis sont entrés en lice : «Ils n'émanent pas de la société et si on les examine bien, on remarque que leurs directions sont composées de dissidents d'autres formations politiques.»

 Plus terre à terre mais tout aussi pertinent, l'homme de la rue dénonce cette faculté que les dirigeants et politiciens partagent et qui consiste à voir dans le même être humain le citoyen-consommateur-administré, malmené tous les jours et indigne d'être considéré et, d'autre part, l'électeur et potentielle voix à mettre dans l'urne qu'il est urgent de courtiser à l'approche de chaque élection: «Je ne sais pas si ces élections vont changer les choses mais je sais que je n'ai jamais vu un homme politique ou un quelconque responsable s'enquérir de nos conditions de vie s'il n'y a pas eu manifestation ou élections au préalable», jette ce chômeur de 44 ans qui exprime son doute que ces élections pourront contribuer à améliorer la vie des Algériens. L'homme en veut pour preuve les avanies que ses concitoyens continuent de subir dans les régions enclavées et éloignées des grands centres urbains où «il n'y a parfois ni eau ni gaz» : «Ceci, sans parler du recul des libertés individuelles et collectives que vous, journalistes, connaissez mieux que moi !».

 Tout aussi sceptique, la ménagère que l'on rencontre dans les marchés de fruits et légumes, un panier à moitié vide dans une main, un porte-monnaie à moitié plein dans l'autre : «Les élections sont le dernier de mes soucis, tonne l'une d'elles. Parlez-moi de la pomme de terre qui coûte plus de 80 DA le kilogramme ou la salade qui a atteint 120 DA. Comment vivre avec des prix pareil ?» Un pas vers le changement ? Pourtant, dans ce monde de désintérêt et de suspicion, il existe des hommes et des femmes qui croient au changement et au poids de leurs voix qu'ils comptent faire valoir le jour J : «Si on ne vote pas, on laissera les autres décider à notre place», affirme cet étudiant en faisant écho à l'une des assertions du président de la république lors de son discours d'Arzew : «Et il faudra bien que les jeunes s'impliquent dans la politique car ce sont eux qui apporteront les changements dont nous rêvons tous.»Notre interlocuteur affirme ne pas appartenir à un quelconque parti politique et, d'ailleurs, ne connaître rien des programmes et propositions des uns et des autres mais estime qu'il doit se rendre aux urnes, quitte à voter blanc : «Mais je voterais parce que je suis convaincu que le changement ne peut venir que des électeurs.» La fraude ? Il reconnaît y penser mais se dit satisfait des mesures de garanties de transparence et de régularité que les autorités ont prises, notamment la présence des médias et observateurs étrangers : «Je ne crois pas que l'on puisse tricher devant les caméras du monde entier !!»

Comme notre interlocuteur, certains de ceux que nous avons interrogés croient aux vertus des élections et appellent leurs concitoyens à aller voter massivement pour accéder à une meilleure vie, dans un meilleur environnement. Mais jusqu'ici, la tendance générale à Oran est à la désaffection et, à moins d'un revirement de dernière minute, le vote massif n'aura pas lieu.

 M. Nadir, 12 mars 2012. Le Quotidien d’Oran

 

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