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Publié par Saoudi Abdelaziz

La classe politique algérienne n’est pas éduquée au combat démocratique

 

 

Il y a une semaine, nous avons rendu compte du constat avancé par une tête de liste du FFS, sur «la situation nationale, marquée par une société désintéressée de la chose politique ».

 

 

Qu’est-ce que « la chose politique » ? Comment peut-on caractériser le mouvement national en cours pour la défense des droits sociaux, lié la plupart du temps à l’exigence d’appliquer ou de modifier les lois, les règlements et même les formes d’organisation de l’Etat. Ne s’agit-il pas de la "chose publique" ?

 

 

Même l’instinct tactique, consistant à utiliser au mieux le contexte des élections, est abusivement présenté par les médias algériens et les "penseurs" politiques comme une sorte d’"opportunisme du ventre", alors que sous d’autres cieux démocratiques, c’est un phénomène naturel du jeu démocratique où les intérêts sociaux des uns et des autres s’expriment et s’efforcent d’imprimer leur marque à la campagne électorale.

 

 

 

Qui est arriéré politiquement? Les salariés intelligents ou les politiciens férus de "chose publique". Les Patrons de la FCE l’ont compris lorsqu’ils poussent les partis en lice à se prononcer sur leurs exigences.

 

 

Sur les mouvements sociaux en cours, c’est donc le silence radio du côté des partis et candidats, alors qu’on aurait pu penser que leur intérêt électoral commanderait de tenter de faire la jonction avec les actions de masse et leurs animateurs.

 

 

Sous d’autres cieux, on voit des candidats à des présidentielles faire des courbettes aux grévistes. Ils savent que l’emploi et la situation salariale sont des sujets sensibles pour la masse des électeurs.

 

Saoudi Abdelaziz, 18 avril 2012

 

 

 

 

 

Les Algériens mènent campagne pour leurs droits



Plaidoyer pour un instituteur en grève : « Un instit', çà peut, aussi, faire monter très haut les autres, pour se retrouver, lui, au bas de l'échelle brisée. Apprendre aux autres à compter jusqu'à l'infini quand lui, il n'a jamais rien compté que des bûchettes cassées. Oui, un instit', ça peut vous donner un passeport pour traverser la terre et la mer, et même le ciel, pour se noyer, lui, dans son rêve confisqué et son métier rapetissé ». El-Houari Dilmi

 

 

Grève record à Mustapha Bacha. Les 2000 corps communs du CHU, agents de sécurité, les femmes de ménage et agents polyvalents au nombre de 2000, y compris le personnel du CPMC, ont rallié le mouvement de protestation. Le service minimum a été assuré, notamment au pavillon des urgences, au CCI et au CMI, pour ce qui est des admissions. Quelque propos recueillis par M. C. du Temps d’Algérie : "J'ai plus de 27 ans de service et je touche 19 000 DA, est-ce normal ?" dit l’une. "Cela fait plus de 15 ans que je travaille dans cet hôpital et je suis toujours contractuelle »dit l’autre. "Il était grand temps d'élever nos voix contre de telles conditions, bref d'exploser…" tonne une femme de ménage qui, au bout de 32 ans de service, perçoit "une paie minable, sans prime de panier ni prime de transport, de contagion ou de risque".

 

En même temps que les corps communs, les paramédicaux ont poursuivi hier leur protestation au CHU de Constantine. Conduits par leur syndicat SAP   ils dénoncent au cours d’un sit-in, «les promesses le refus d'application à Constantine des mesures arrêtées par la fonction publique, notamment, l'application de la prime de performance. Ils font le lien entre leur situation et l’incurie de l’administration de l’hôpital».

 

 

 

Une pétition circule parmi le personnel de la maternité du CHU de Constantine, notamment parmi les corps de sages-femmes, paramédicaux et anesthésistes. Ce document dénonce les conditions de travail, le comportement des responsables envers eux et, d'une façon générale, la situation dans laquelle est plongée cette structure. (Le Temps d’Algérie)


 

Les travailleurs de la solidarité réclament leurs droits. Leur fédération syndicale affiliée au Snapap annonce son intention de rassembler une dizaine de milliers de protestataires pour le 21 avril. Le versement des salaires figure parmi les principales revendications, avec la contestation du nouveau statut « établi d'une manière unilatérale », en régression par rapport aux acquis du  statut de 1993.

 

 

Les marins-pêcheurs haussent la voix. Leur comité national menace d’une grève générale de 52 000 marins-pêcheurs juste après les élections législatives, accusant l’Entreprise de gestion des ports de pêche (EGPP) de faillir à ses engagements. Le comité relance la revendication du rattachement des ports au ministère de la pêche. Son président, Belout Houcine, énumère dans une conférence de presse les griefs des marins : absence de sécurité, manque d’éclairage, absence de salle de soin dans les 31 ports de pêche du pays, inexistence d’espaces pour les charpentiers, menuisiers et autres métiers relatifs aux bateaux de pêche, les locaux destinés à ces activités ayant été souvent transformés en restaurants et salles de fêtes, vente illégale de places de quai, vol de matériel de navigation, la progression de la spéculation dans la fixation du prix du poisson due aux carence de la Direction de la concurrence et des prix …

 

Des retraités de l'Armée l’ANP veulent des pensions décentes. Ils n’ont pas, comme certains, « accumulé pour leurs vieux jours ». Au cours d’un rassemblement au parc Sofia au centre d’Alger, organisé malgré les obstacles policiers, Ils exigent, du ministère de la Défense la révision de leurs pensions de retraite et du régime indemnitaire.

 


Les adjoints de l'Education montent de nouveau au créneau. Ils annoncent un rassemblement «historique» pour samedi prochain, à Alger, auquel devront prendre part des milliers de travailleurs  à l’appel du syndicat SNTE. Les adjoints de l’éducation dénoncent la version actuelle du projet du décret exécutif amendant et complétant le statut particulier des fonctionnaires de l'Education.


GROS PLAN

 

 

Algérie : la webcampagne pas dans les mœurs des partis politiques

par Yazid Ferhat

 

Les participationnistes et les boycotteurs n'enflamment pas le Net. Timide sur le terrain, la campagne électorale des législatives du 10 mai, qui a démarré le 15 avril pour prendre fin le 6 mai, est quasi nulle sur la Toile. Rares sont les partis et les candidats qui font usage de l'Internet pour faire campagne.


S'il est vrai que les principales formations politiques algériennes ont élu domicile sur la Toile depuis plusieurs années déjà, elles n'arrivent pas à en faire un outil de communication. La mobilisation sur le Web, en vue des prochaines législatives, demeure quasi nulle. Les partis politiques, nés avant la promulgation de la nouvelle loi sur les partis politiques, possèdent pour la plupart un site internet officiel depuis les élections législatives de 2007. Peu actualisés, ces sites officiels sont ternes, avec des interfaces sobres, sans interactivité avec les éventuels sympathisants. L'information disponible est composée de communiqués et des vidéos d'interventions des leaders du parti, des reprises d'articles de presse, l'annonce d'activités (lorsqu'elles existent) et un diaporama photos. Dans tous les cas, on est très loin de la tentative de mobilisation sur le Web. Il n'existe pas, pour l'ensemble des sites visités, de page spéciale élection législative.


Le site Web du FLN (Front de libération nationale), principale force politique du pays, est figé. On n'y trouve même pas son programme électoral pour les prochaines échéances. Le programme date de 2009. C'est à l'an I de la conquête numérique. Son partenaire-rival, le RND (Rassemblement national démocratique) et le parti du Premier ministre Ahmed Ouyahia, fait un peu mieux. Le programme électoral est disponible. Pas plus. L'Alliance de l'Algérie verte, tirée par le MSP (Mouvement pour la société pour la paix), troisième force politique dans l'actuelle législature, possède un nouveau site Web, tapissé de vert plus«plaisant». On peut enfin suivre la campagne à J+1 mais toujours pas d'interactivité. La page Web du PT (Parti des travailleurs) de Mme Louisa Hanoune… a carrément disparu de la Toile. Au FFS (Front des forces socialistes), le site n'a pas changé. Mieux, au 2e jour de la campagne électorale, il était inaccessible. Le nouveau parti de Abdallah Djaballah (Justice et Développement) semble bien plus dynamique puisque à moins de deux mois de l'obtention de son agrément, il dispose de son site Web et d'une chaîne de télévision sur Nilesat. Le site contient essentiellement des interviews de Djaballah, le renvoi vers les activités du parti et vers sa page Facebook, quelques informations sur les candidats aux législatives, mais point de programme. Le site invite également à un sondage d'opinion composé d'une seule question : Pensez-vous que les islamistes obtiendraient la majorité aux législatives du 10 mai 2012 ? Depuis sa mise en ligne le 4 mars dernier, quelque 974 votants ont exprimé leur opinion.


Facebook reste une plate-forme privilégiée


Plus accessible et plus facile d'usage, le réseau social Facebook est devenu le recours privilégié des candidats, des équipes de campagne et même des partisans des partis politiques engagés dans la campagne électorale ou ceux opposés à ces élections. Mais la profusion de pages et de groupes Facebook fait qu'il est très difficile de reconnaître les officiels des faux profils. La force de frappe du FFS sur le réseau Facebook demeure ses militants dont le «portefeuille amis» qui affiche clairement leur appartenance politique avec des campagnes d'information documentées sur les activités de campagne du parti de Hocine Aït-Ahmed (en majorité celles se déroulant en France). Son rival, le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) est lui aussi présent à travers une page officielle et une multitude de pages «alliées» comme celle de «Ouled Assima»(les enfants de la capitale) qui cache difficilement son appartenance au parti de Mohcen Belabbes qui mène officiellement campagne sur le Web contre les législatives du 10 mai.


Les partisans du boycott plus présents


Le FLN et à un degré moindre le PT et le RND sont également présents sur Facebook, mais ils ne mènent pas une grande campagne, sans doute parce que les médias lourds leur sont bien ouverts. Contrairement aux boycotteurs qui semblent bien engagés sur les réseaux sociaux. A voir l'activité politique des partis sur la Toile, on est tenté de dire que la webcampagne est loin de figurer dans l'agenda des politiques malgré la proportion de plus en plus importante d'internautes en Algérie, qui atteint les 10 millions, soit environ 30% de la population. Visiblement, les partis politiques préfèrent encore les supports classiques, presse écrite et audiovisuelle, pour faire leur campagne électorale, au lieu d'aller sur le Web qui, rappelons-le, est libre d'accès bien avant la date officielle du démarrage de la campagne. A côté, les partisans du boycott de tous bords ont essaimé sur la Toile. Et tous les moyens sont bons. Un prix du kg de pomme de terre à 120 DA mène inévitablement vers un message du genre : «Ne votez pas !».

 

Yazid Ferhat, 18 avril 2012. Le Quotidien d’Oran

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