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Publié par Saoudi Abdelaziz

A l’exception du FFS, qui fait parler ses candidats, ce sont les chefs de partis qui monopolisent la parole dans les meetings.

 

C’est le cas de l’infatigable Louiza Hanoune chef du PT qui multiplie les meetings tous azimuts. Elle a déclaré hier à Es Sénia : “Il y a un manque de transparence dans ces élections. L’argent sale sévit et les hommes d’affaires veulent prendre en otage la future assemblée. Soyez vigilants, surveillez les urnes, protégez vos voix”.

 

Signe du destin?  Mohamed Saïd n’a plus de doutes. Le président du parti de la liberté et de la justice (PLJ), avait brandi à de nombreuses reprise la menace de retrait de la compétition. Mais à quoi bon ajouter de l’incertitude à l’incertitude les Algériens étant déjà fortement tentés par l’abstentionnisme? Il a abandonné sa menace de reetrait : “Nous nous sommes lancés dans une bataille que nous allons mener jusqu'au bout». Signe du destin?  Le PJL  a obtenu le n°1  du bulletin de vote par tirage au sort.

 

 

L’épouvantail du printemps. Abdelaziz Belkhadem chef du FLN à Béchar : “il n’existe pas de Printemps arabe. Le printemps qui cause l’effusion de sang, l’instabilité, n’est pas un printemps”. “Les adversaires de l’Algérie attendent qu’elle plonge dans le chaos. Mais le peuple va les décevoir le 10 mai”. Pour lui, “Les Algériens ont la responsabilité d’éviter au pays les secousses parce que notre pays a vécu un drame durant les années 1980 et les années 1990”.

 

 

Faits divers

 

Le français est interdit Conformément à l’article 190 de la loi électorale, il est interdit d’utiliser des langues étrangères lors de la campagne électorale. Premier à subir les admonestations de la commission chargée de veiller sur le respect de cet interdit, le FLN a utilisé le français dans ses affiches. C’est du propre pour un parti nationaliste !Amara Benyounès, chef du nouveau parti MPA a aussi fait des bêtises, il a parlé en français dans un meeting ! Il promet : «Cela ne se reproduira plus».

 

…Le cinquantenaire aussi. La référence au cinquantenaire de l’Indépendance est strictement interdite par le ministre des anciens moudjahidine!

 

 

 

Sur le Front social

 

 

Les travailleurs du préemploi de la wilaya de Tizi Ouzou ont marché hier pour demander leur titularisation. Une première pour ces centaines de jeunes contractuels, munis de banderoles, qui, rassemblés au rond-point du centre-ville, ont ensuite arpenté la rue Abane-Ramdane, et tenu un sit- in devant le portail principal de l'hémicycle Aïssat-Rabah.

 

 

Après une grève de trois jours observée la semaine dernière, les corps communs de l'éducation nationale reviennent à la charge et annoncent un autre mouvement de débrayage dont la date sera fixée à la réunion de la coordination syndicale du Satef. Leur revendications s’articulent autour de l'intégration du corps commun dans le secteur de l'éducation.

 

 

Issad Rebrab n’est pas candidat à Tizi-Ouzou ! La lecture du compte-rendu du Soir d’Algérie, ce matin, ne doit pas induire en erreur : « En véritable guest-star qui a été longuement ovationné par l’assistance, le patron du groupe Cevital est revenu sur son expérience de «self made man» devant les étudiants et les nouveaux diplômés de l’Insim à qui il conseillera de cultiver «le rêve et la passion»

 

L’abstentionnisme reçoit un coup fatal… Un obscur syndicat des patrons du bâtiment (Uneb) invite des entreprises privées du secteur à participer massivement et activement aux élections législatives et au “parachèvement de l’édification nationale”.

 

…Pendant ce temps, les entrepreneurs veulent être payés. Cent quarante-trois entrepreneurs se sont rassemblés devant la daïra de Dellys, pour réclamer le paiement des travaux qu’ils ont réalisés après les inondations d’octobre 2007. Ces chefs d’entreprise affirment avoir effectué des travaux pour un montant global de 5 milliards de centimes. Ramdane Koubabi écrit dans El Watan : « ce genre de problème avait déjà été soulevé par une vingtaine d’entrepreneurs de la localité de Bordj Menaïel », chargés d’effectuer les travaux de réhabilitation des habitations touchées par l’attentat kamikaze ayant secoué la ville en juillet 2011.

 

 

Les Editorialistes ne voient rien venir

 

 

 

« Les officiels ont beau promettre que la prochaine Assemblée nationale aura une «importance capitale pour l’avenir du pays», le début de la campagne électorale n’a pas encore suscité l’engouement populaire espéré et attendu par le pouvoir. Bien au contraire, la sinistrose ambiante ne semble avoir épargné personne. Sinon, comment expliquer l’arrachage de panneaux métalliques d’affichage dans plusieurs communes du pays et à Alger ? Faut-il y voir la main de «gangs des ferrailleurs» comme on s’est empressé, du côté officiel, de le faire croire ou alors est-ce là le signe d’un mécontentement profond qui marque en quelque sorte un désaccord avec la prochaine consultation électorale ? » Reda Bekkat, 17 avril 2012. El Watan

 

 

«  Le fond de l'air est froid pour une campagne électorale qui a débuté «petitement» malgré l'effort conséquent et souvent très maladroit des médias publics de convaincre les Algériens de l'importance «décisive» du scrutin. Et il faut vraiment ne pas vivre en Algérie - ou alors fort loin des gens - pour être surpris de cette absence d'enthousiasme que le mauvais temps vient à point pour masquer. Qui donc s'intéresserait à une campagne électorale dans un temps aussi peu engageant, n'est-ce pas ? Mais bien entendu, le climat et la nature n'y sont pour rien. Les pratiques du régime expliquent totalement cette absence d'engouement dans une échéance où seuls les gens motivés - par conviction ou par ambition - semblent être impliqués. La grande glaciation politique imposée depuis des années a été une réussite absurde qui se retourne contre tous les discours, même les plus sincères et les plus fins, incitant les gens à exercer leur «devoir civique». » M. Saadoune, 17 avril 2012. Le Quotidien d’Oran

 

Annonce très sérieuse. « Animateur page «Vox Populi» cherche Algérien majeur ayant toutes ses capacités mentales, s’apprêtant à voter lors des prochaines élections législatives. Urgence signalée car tout notre courriel est surchargé de messages appelant au boycott.
Dans le but d’équilibrer le débat sur le vote, nous cherchons désespérément des votants, de vrais votants qui ne trichent pas et qui se rendront vraiment aux urnes le 10 mai prochain. Si vous vous reconnaissez, écrivez-nous, s’il vous plaît ! Toute la priorité sera donnée aux messages des Algériens qui votent pour que l’on ne nous taxe pas d’empêcheurs de tourner en rond. Sachez aussi que vous pouvez envoyer, avec votre point de vue — nécessairement anti-boycott —, tout autre article, photo, message, texto qui passeront en priorité. Intermédiaire s’abstenir ». Maamar Farah, Le Temps d’Algérie

Inodore et incolore. “La campagne électorale est des plus fades et ternes, du moins durant ces deux premiers jours. «Inodore et incolore», c'est du «déjà-vu» disent les observateurs”. Et plus loin “Pour qui voter? Quoi que l'on dise, dans l'acception générale, la future assemblée sera peuplée par un conglomérat d'opportunistes. Des élus très bien sucrés ou grassement payés sans pour autant prouver leur «utilité». Nombreux sont les citoyens qui assimilent cette instance législative à une «mangeoire» (Mohamed Boufatah, l’Expression).

 

 

GROS PLAN

 

La revanche de la patate

 

Par : Mustapha Hammouche

 

La pomme de terre est devenue un thème national. Les cafés maures et les forums virtuels s’en sont emparés. On s’en régale. Grâce à son prix record, elle prend des allures de truffe. Pour sûr que le tubercule vient de conquérir son titre de noblesse. Désormais son nom ne servira plus de quolibet ; il ne servira plus de matière à l’industrie, florissante de nos quartiers et villages, des surnoms.

En Algérie, la pomme de terre n’est plus une nourriture du pauvre. Pas plus que tout autre produit agricole d’ailleurs. Dire que lorsque Parmentier entamait la promotion de cette plante à amidon, au milieu du XVIIIe siècle, c’était pour combattre les disettes encore endémiques en France !

Pour éviter qu’elle ne “casse toute la filière” qui saigne les ménages depuis des semaines, l’importation de la pomme de terre reste interdite, comme l’a confirmé le ministre de l’Agriculture le 8 avril dernier.

Le gouvernement ne peut pas sauver notre pouvoir d’achat, mais il nous demande quand même de serrer la ceinture pour sauver une filière agro-spéculative !

Le ministre du commerce était encore plus hardi. Il nous promet une baisse du prix de la pomme de terre pour fin juin. C’est-à-dire quand les fruits et légumes maraîchers de saison envahiront les marchés et que leur relative abondance, conjuguée aux conditions climatologiques, nous détournera de la pomme de terre. On voit mal, en effet, les Algériens se bousculer autour d’une pomme de terre à plus de 100 DA en juillet-août. Benbada, qui n’a pas de solution immédiate pour le prix de la patate, s’est penché sur la conformité de notre consommation aux prescriptions rituelles des articles fabriqués ou distribués en Algérie. À part qu’elle renforce une bigoterie d’État qui va en s’atrophiant, à quoi sert de rendre obligatoire une mention “halal” quand on sait que, dans la structure du panier de la ménagère, la viande et les produits à base de viande ne sont plus un luxe ; ils sont détrônés par les légumes et même les légumes secs qui sont déjà un luxe. Pour l’Algérien de base, la viande est déjà économiquement “haram” et un ministre probablement inspiré par les polémiques télévisées de la campagne pour la présidentielle française, se fend de la lumineuse idée de nous offrir la coquetterie marketing du label “halal”, en pleine spirale inflationniste. D’une pierre deux coups : d’un côté, l’idéologie islamiste est confortée au prétexte de la défense d’un consommateur, par ailleurs livré à la rapine d’un marché débridé, de l’autre, le discours et les gestes populistes que cette idéologie justifie voudraient compenser l’impuissance de l’autorité publique à régler les vrais problèmes qui accablent la population.

L’Algérien endure depuis longtemps tous les fléaux susceptibles de surgir dans la sphère de distribution : pénurie, contrefaçon, péremption, hygiène… Malgré ce contexte marécageux, les autorités ont détecté l’urgence de nous assurer la conformité rituelle de notre consommation. On parle de patate chère, pas de pâté, pour nous répondre ainsi par “halal”.
C’est là un peu la revanche de la batata, ce tubercule qu’on évoquait avec un certain mépris, comme un aliment dénué de noblesse : elle donne l’ultime preuve d’une gestion inique qui tente de se réfugier dans l’incantation religieuse.

 

Mustapha Hammouche, 17 avril 2012. Liberté

 

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