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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Ali Laskri, premier secrétaire du FFS : « Ces élections ne sont pas ordinaires »

 

Le Front des forces socialistes (FFS), qui participe aux élections législatives du 10 mai 2012 dans 42 wilayas, prend l’opinion publique à témoin.

 

Une cérémonie de présentation des têtes de listes du premier parti de l’opposition a eu lieu hier à Alger. Les candidats ont prêté serment devant une assistance nombreuse, composée de militants et de sympathisants ; ils promettent de militer pour la démocratie, les droits de l’homme et les libertés, une fois élus à l’Assemblée populaire nationale (APN).

Après l’intervention du premier secrétaire du FFS, Ali Laskri, les meneurs des listes du parti sont passés l’un après l’autre pour prêter serment.

 

Au cours de son discours, le premier secrétaire est revenu sur les raisons de la participation du FFS au prochain scrutin :

«Ces élections ne sont pas ordinaires pour au moins deux raisons majeures. La première qui fait que ces élections ne sont pas ordinaires est la situation désastreuse que vit le pays à tous points de vue, dont la grave crise politique qui sévit depuis longtemps mais qui a été aggravée ces vingt dernières années... L’aggravation de la crise nationale tient d’abord au rôle et à l’importance donnés à la violence en lieu et place de la mobilisation et de l’organisation citoyennes. Ce qui a conduit à des échecs en cascade, dont l’échec du choix fait par le pouvoir en faveur de la violence d’Etat pour venir à bout des contestations sociales d’une part, et à faire reculer la grande criminalité et la délinquance de façon globale, d’autre part.

 

Cet échec a permis l’émergence de la violence comme acteur politique majeur reconnu par le pouvoir, qui y a recouru pour faire vivre au pays le douloureux épisode des années 1990. Ces années terribles de terrorisme et de contre-terrorisme dont nous vivons aujourd’hui les lourdes conséquences.» Dans la foulée, M. Laskri indique que «la déliquescence du système politique et judiciaire permet aujourd’hui à des bandes criminelles de faire régulièrement reculer l’autorité de l’Etat dans différentes régions du pays et imposer la loi de l’omerta à la population. Ce recul frappe plus particulièrement les couches moyennes et les plus démunies au sein de la société algérienne». «Cet encerclement de la population par la violence d’Etat autant que par les violences exercées par des groupes à caractère politique ou criminel a provoqué un grand recul des conquêtes démocratiques et sociales», a observé le premier secrétaire du FFS.



Menace d’intervention étrangère au nom de la défense des peuples


Sur sa lancée, Ali Laskri évoque «une situation compliquée par l’incompétence et l’absence de vision politique des pouvoirs publics qui, mis au pied du mur par les lobbies qui contrôlent le pouvoir réel, multiplient les gestes contradictoires, cédant ici, réprimant là et amplifiant le sentiment que seule la violence paie». L’orateur ajoute que «la deuxième raison qui fait que ces élections se tiennent dans un contexte particulier est bien sûr la situation régionale et internationale qui, à l’image du contexte national, mêle des éléments de contestation populaires à des offensives impérialistes et néocolonialistes particulièrement cyniques». Selon lui, «si les colonisations du XIXe siècle ont été menées au nom de la civilisation, les campagnes de dislocation sociale et politique des Etats issus des anciennes colonies se mènent actuellement au nom de la défense des peuples et des droits de l’homme».

 

M. Laskri a souligné que «le FFS est un front qui comporte en son sein une multitude de courants. Les conditions politiques du pays marquées par la violence et l’autoritarisme, les manipulations et l’absence de libertés, mais aussi de règles et de morale politique ont contraint le parti à gérer sa propre pluralité aussi bien que le permet la situation». Pour cela, ajoute-t-il, «deux règles essentielles ont été établies pour nous battre dans un contexte aussi défavorable au militantisme politique et éthique», à savoir «la concertation la plus large et le choix de mener en priorité les combats qui nous semblent essentiels».

 

Mehdi Bsikri, 14 avril 2012. El Watan

 

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