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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les femmes, les jeunes et les picoleurs d’abord

 

 

 

 

Les experts chargés de combattre l’abstention, ont choisi l’option du découpage de la communication électorale par tranches verticales. Les femmes et les jeunes d’abord. Des fenêtres d’expression sont ouvertes aux « jeunes » et on exhibe à la télé des jeunes aspirant à une « place au soleil, à la coupe de cheveux règlementaire, montrant les dents aux « caciques » et aux bureaucrates.

La médiatisation de la place de « la femme » dans les projets officiels commence aussi à monter en puissance.

Une bienveillance particulière est aussi accordée par certains walis aux électeurs picoleurs…

Quant aux problèmes nationaux cruciaux « inter-catégoriels » - exclusion des Algériens des processus de décision à tous les niveaux, notamment sur les priorités d’utilisation de l’argent public, absence de respect de l’Etat de droit, généralisation de la précarité salariale, chômage, mal-vie, blocage du développement industriel, corruption systémique, etc – le champ médiatique reste très vide pour l’instant.

Côté organisation, c’est toujours le ministère de l’Intérieur qui tient la vedette, agréant sa fournée hebdomadaire de particules, rabrouant « en bloc » le président de la commission de surveillance électorale pour avoir mis le doigt sur une éventuelle tricherie…

 Synthèse blog, 7 mars 2012

 

Comment concilier les contraires ?

 

 

Après savoir écouté les intentions dans les milieux des jeunes qui représentent la frange vive de la nation, la conclusion est que les prochaines échéances électorales n’expriment rien pour eux sans le changement radical. La rupture avec les vieilles méthodes qui passent nécessairement par le renouvellement des hommes, nouveaux nécessairement et l’accès des jeunes à la barre sont seuls garants de cet avenir qu’ils ne voient pas rose pour l’instant.

S’il n’y a pas de rupture avec ces vieilles méthodes, le pouvoir et le système en rupture de ban avec la vision d’une jeunesse avide d’une autre vie auront à claironner longtemps tous ce qu’ils veulent sans convaincre quiconque.

La vidéo ci-après est la réponse perçue par la majorité des jeunes qui feront l’Algérie de demain. Ils expriment haut et fort leur ras-le-bol et le rejet des caciques.

La question qui mérite d’être posée est la suivante : Comment concilier deux contraires ?

Ps.la photo du logo exprime l’état d’esprit de la jeunesse de 1962. 50 ans plus tard Hic exprime celui de la jeunesse d’Aujourd’hui.

 

A Nedjar. 6 mars 2012. Sétif info

 

 

 

« Rouvrez, buvez et santé »

La wali de Bejaïa fait marche arrière à propos de la fermeture des bars.

 

Désormais, «l’alcool coulera à flots sur tout le territoire de la wilaya de Bejaïa et tous les tenanciers de bars et bars-restaurants et autres commerçants de boissons alcoolisées, n’ayant pas été poursuivis en justice pour délit grave, peuvent rouvrir leur commerce en toute liberté». C’est ce que l’on a entendu dire, hier.

Le wali, Ahmed Hamou Touhami, s’est précipité pour nous annoncer la nouvelle, à l’issue de la cérémonie d’installation de la commission de supervision des prochaines élections législatives qui s'est tenue à l'hôtel Zephyr. Une sortie inattendue et «étrange» du premier responsable de la wilaya de Bejaïa, qui est à l’origine de cette mesure administrative, il y a de cela quelques mois.

(…) «Espérons qu’ils ne changeront pas d’avis dans quelques mois, nous voulons du concret et du noir sur blanc. Nous ne sommes pas dupes, la confiance entre nous et l’administration est rompue depuis des années par rapport à ce sujet, il est temps qu’on nous régularise une fois pour toutes, car à chaque fois qu’un nouveau wali arrive, on nous impose une nouvelle loi. Le 17 de ce mois, nous tiendrons une assemblée générale de tous les commerçants de boissons alcoolisées, justement pour cette affaire et nous déciderons de la suite. Nous sommes très satisfaits de cette nouvelle qui calmera les esprits», nous dira T. A., un promoteur dans le domaine de l’alcool, joint, hier, par téléphone.

Kamel Gaci, 7 mars 2012. Le Soir d’Algérie

 

 

La triche est niée en bloc

 

 

Avant-hier lundi, dans un entretien à TSA, Mohamed Seddiki, président de la Commission nationale de surveillance des élections législatives, portait à l’encontre de l’administration des accusations de manipulation du fichier électoral. M. Seddiki a notamment déclaré que des partis ont dénoncé l’inscription en bloc de 30 000 nouveaux électeurs membres de l’ANP à Tindouf sur la liste électorale légalisée le 21 février par la commission administrative électorale de wilaya. Pour lui, la procédure n’est pas légale. « Pourquoi l’administration n’a‑t‑elle pas respecté la réglementation en vigueur concernant le changement de résidence? Et, surtout, pourquoi le recours à l’inscription en bloc? Cette procédure n’est pas prévue par loi », s’est‑il interrogé.

Dès le lendemain, un directeur du ministère de l’Intérieur a tout nié « en bloc ».

 

Jours de gloire pour Daho

 

Par Abed Charef

 

Le ministre de l’intérieur veut tenir un discours proche du peuple. Le dérapage vers le populisme n’est pas loin. Le ridicule non plus

C’est l’heure de gloire pour Daho Ould kablia. En quelques semaines, le ministre de l’intérieur est passé du statut de cacique confirmé à celui d’un homme occupant la scène médiatique et assumant pleinement un rôle de premier plan à la veille des élections législatives. C’était le ministre de la bureaucratie, de la répression et de la préservation du statu quo ; il est devenu l’homme par qui passent la liberté et le droit de faire de la politique, celui qui entrouvre la porte du parlement et règle la vie quotidienne des Algériens.

M. Ould Kablia fait feu de tout bois. En moins d’un mois, il a agréé plus de partis que Yazid Zerhouni en huit ans. Ce n’est pas pour autant un signe de libéralisme, car l’homme évolue dans la plus pure tradition du MALG. Il est d’ailleurs président de l’Association des Anciens du MALG, une organisation qui s’estime dépositaire de l’héritage de l’Etat algérien.

Cette ouverture dont se prévaut M. Ould Kablia révèle, en fait, sa conviction que l’opportunité se prête pour réaliser plusieurs objectifs à la fois. D’un côté, il permet à des personnalités et des groupes encombrants de créer des partis qui, de toute façon, n’auront pas d’impact significatif sur la vie politique. D’un autre côté, le foisonnement de partis permet de multiplier les candidatures pour les prochaines élections législatives, ce qui offre un atout supplémentaire pour vaincre le plus grand parti d’Algérie, celui de l’abstention. Enfin, le ministre de l’intérieur pense améliorer la vitrine du pouvoir, en cassant cette image de régime figé, incapable de supporter la contradiction, et interdisant toute expression de courants qui ne lui sont pas soumis.

Cette soudaine générosité conforte aussi les réformes initiées par le Président Abdelaziz Bouteflika, du point de vue de M. Ould Kablia. En tant que ministre de l’intérieur, il avait eu la charge de rédiger et de défendre la loi sur les partis et la loi électorale devant le Parlement, avant de s’occuper de leur application. Quoi de mieux pour prouver le caractère libéral de ces textes que d’agréer de nombreux partis aussitôt après leur adoption.

Et sur ce terrain, M. Ould Kablia ne fait pas dans l’économie. Il autorise les partis par douzaines. Il travaille en gros. Comme s’il voulait rattraper le temps perdu, ou effacer la fâcheuse impression qu’il a donnée depuis qu’il est ministre de l’intérieur. Dans ses plus récentes apparitions, le ministre de l’intérieur a, non seulement donné l’impression de vouloir convaincre, rassurer, mais il a même tenté de séduire. Il veut plaire. Peut-être a-t-il compris qu’une élection ne se gère pas comme une manifestation. La seconde peut être mâtée, mais il est difficile de forcer un citoyen à aller voter. Cerise sur le gâteau : il se félicite de la participation du FFS aux législatives. C’en est trop pour Ould Kablia, qui boit du petit lait par une chaude journée de mai 2012 !

Dans la même veine, il veut corriger les excès de la machine qui s’est mise en branle, et qui risque d’entamer la crédibilité de ses élections. Car si les nouvelles dispositions, récemment prises, visent à encourager la participation, elles encouragent aussi le foisonnement de candidatures, parfois loufoques. Ce qui a contraint M Ould Kablia à remettre les habits du dirigeant sérieux pour annoncer une possible révision à la baisse des indemnités du député.

L’homme n’a pas non plus de difficulté à redevenir le gardien du dogme. C’est lui, en effet, qui monte au créneau pour s’indigner de voir ces Algériens assister à une rencontre avec la secrétaire d’Etat américain, Hillary Clinton, sans son autorisation. Ingérence ou pas, M. Ould Kablia n’a pas encore tranché. Mais le rappel à l’ordre est clair. La suspicion, héritage du MALG, est à fleur de peau. Le nationalisme, chez lui, n’a de sens que quand il est appuyé sur une surveillance de tout le monde. Et le ministre de l’intérieur l’assume avec d’autant plus de zèle que depuis que M. Yazid Zerhouni a pris une semi-retraite, c’est M. Ould Kablia qui doit assurer ce rôle ingrat de contrôleur de la bonne tenue des Algériens.

Il sait, en outre, que c’est un argument qui frappe chez le petit peuple. Le président Abdelaziz Bouteflika, lui-même, n’a pas hésité à sortir ce vieil argument : la main de l’étranger, c’est un épouvantail qui peut toujours servir. Se montrer sourcilleux sur ce point, c’est s’attirer les quolibets de certains cercles, mais c’est surtout s’attirer la sympathie d’une large frange d’Algériens, séduits par ce discours primaire.

Dans sa lancée, M. Ould Kablia s’est voulu le défenseur des paumés et des sinistrés. Il s’est rendu à Tarf, au lendemain des inondations, pour rassurer les habitants et leur affirmer que l’Etat se tient à leurs côtés. Le discours se voulait populaire, populiste, et assumé. Il fut ridicule. Ce dont le ministre de l’intérieur ne tient plus compte depuis longtemps. A se demander s’il s’en rend compte

 

 

Abed Charef, 6 Mars 2012. La Nation.info

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