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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Psychodrame 

 

Risque de rupture de la CNSEL avec le pouvoir ?  «On n’en est pas encore là et laissons le temps au temps» nous rassure M. Seddiki. Ce psychodrame, qui fait la une des quotidiens ces derniers jours, sert sans doute à faire croire aux spectateurs que la CNSEL n’est pas commode, qu’elle est vraiment « indépendante ». Mais attention ! le président de la CNSEL affirme à propos des observateurs étrangers «ils ne doivent en aucun cas s'ingérer dans les affaires internes du pays. Ils sont tenus simplement de superviser le déroulement du scrutin ». Gageons que M. Ould Kablia donnera, à ce bon patriote, gain de cause sur tout ou parti de ses revendications techniques.

Le représentant du FFS à la CNSEL semble avoir flairé une manœuvre. Cette Commission “n’est qu’un alibi”, a affirmé Ikhlef Bouaïche, en marge de la conférence de presse. Il accuse la commission de faire “dans la surenchère”. Il rappelle la position du FFS : “La nature de ce système ne permet pas l’organisation d’élections libres et démocratiques”, la participation aux prochaines élections étant pour son parti « une manière de mobiliser le peuple autour d’un combat pacifique”.

La déclaration de soutien à la Cnsel, signée par une vingtaine de partis, n’a d’ailleurs pas eu l’aval du FFS. Ce dernier estime qu’“on ne sait quelle officine a rédigé la déclaration”. Et de préciser : “Ce n’est pas avec des revendications d’ordre technique que l’on assure des élections libres.” (Liberté).

 

Les sondeurs éduquent les sondés

 

Selon le sondage publié ce matin dans El Watan : «  Le taux de participation à ces élections pourrait être tout à fait honorable, au moins 44% des citoyens y prendront part. 15% ne savent pas encore s’ils vont voter ou non ». Ce sondage semble d’abord pédagogique, si l’on en croit le commentaire du quotidien : « Nombre de personnes ignoraient, avant qu’on leur explique, pour les besoins du sondage, la nature de ces élections, voire la tenue d’une élection quelconque à cette date. »  Ils se sont donc fait leur opinion en bavardant avec les sondeurs venus d’on ne sait où…

 

Pendant ce temps le mouvement social

 

Démocratie sportive. Des centaines de supporters, venus des quatre coins de la Kabylie, ont tenu hier un sit-in devant le siège de la JSK au stade du 1er- Novembre de Tizi Ouzou pour empêcher la tenue de l'assemblée générale que Hannachi avait programmée pour hier après-midi. Ils étaient plus de 300 personnes à se rassembler devant le stade. Après la démocratie syndicale, la démocratie sportive.


Les travailleurs de l’Entreprise de réparation navale de Béjaïa (Erenav) observent depuis dimanche dernier un mouvement de grève illimitée pour réclamer de meilleures conditions de travail et des augmentations salariales.

Cas sociaux. Un préavis de grève nationale de deux jours a été lancé pour le 11 avril prochain par le syndicat des fonctionnaires dependant du ministère de la Solidarité nationale. Farid Bougara, le secrétaire général de ce syndicat autonome affiliée au Snapap, parlant au non des 20 000 salariés du secteur, affirme. «Aujourd’hui, un fonctionnaire de la solidarité nationale et de l’action sociale ne peut plus survivre de son maigre salaire, encore faut-il qu’il le perçoive», «Nous sommes des cas sociaux alors même que nous travaillons pour le secteur de la solidarité !».

 

 

 

« Le problème ne réside pas dans le pieu, mais dans les cordes et les nœuds » 

 

Par le Condjador. Jijel, le 4 avril 2012

 

 

Le pieu a été planté le 5 juillet 1830  à Sidi-Ferruch.  L’occupant  y a attaché la population par des cordes aux poignets.  Depuis cette date, cette population essaie de déraciner le pieu, pendant qu’une minorité fait commerce des cordes et ficelles du malheur.

 

Tant que la majorité est attachée, eux ils ont les mains libres, ils peuvent tous faire. Depuis, de génération en génération, ils tressent de nouvelles cordes. Ils ont fait évoluer la matière des ficelles. Simple chanvre au début, acier inoxydable après, elles sont maintenant en fibre de carbone. Les  temps modernes l’exigent.

 

 La population n’a jamais cessé de malmener ce pieu dans tous les sens. C’est une question de temps pour qu’il s’arrache. Tordu, affaibli, son bois a pourri, mais l’arbre dans lequel il a été  taillé a été importé de l’extérieur, il est d’un autre climat, d’une autre nature, d’une autre culture.

 

Les attachés au pieu se sont débattus dans tous les sens, ils se piétinaient parfois les uns les les autres mais avaient le même but : ils ont fait la révolution.

 

Alors, l’occupant a enlevé lui-même le pieu pour disperser leurs efforts, et, dans l’euphorie de la liberté, il a planté six autres pieux, un dans chaque région : chacune  aura son propre pieu à arracher.

 

 Ces pieux sont devenus leurs totems vénérés. Ils y avaient pris goût, ils avaient un immense plaisir à voir les autres tirer ho hisse, ho hisse, et, lorsque les pieux étaient sur le point de s’arracher et les prisonniers de se libérer, ils accouraient, enlevaient  ces pieux et en distribuent des nouveaux. Alors, ceux qui ont conservé des forces attachaient de leurs mains leurs frères de sang faible.

 

D’après les statistiques des fabricants de cordes, on en est aujourd’hui à 48 pieux. Chaque willaya dispose de son propre pieu. La majorité de la population est donc bien attachée.

 

Ceux qui, comme moi, ont les poignets déchiquetés à force de se débattre dans tous les sens pour se libérer de ces cordes-bureaucrates modernes, n’ont même plus la force de crier leur douleur, le désespoir les rend muets. Mais, arrivé au fond, il faut faire un petit arrêt, rassembler ses forces, donner à son esprit un moment de répit dans l’éclat de la méditation.

 

On arrive alors à la solution : le problème ne réside pas dans le pieu, mais dans les cordes et les nœuds  faits aux poignets.

 

Le condjador que je suis sait très bien défaire les nœuds. Je ne « tire plus avec eux » « deeeeez maa houm ». Planter le nombre de pieux à l’algérienne que vous voulez, moi je déferais juste les nœuds et je publierais le mode d’emploi.

 

Attention au nœud  coulissant, il ne faut pas se débattre, plus tu tires et plus il se referme et étrangle. Il faut donner de la laisse et avec l’autre main, tenir le bout du fil et le décrocher. Après on peut tirer, la corde se détachera.

 

J’ai défait mon nœud, mais je ne déferais pas ceux des autres, parce que ils doivent le faire eux-mêmes, sinon on va replanter des pieux et ça ne finira jamais, chaque génération ne fera que dez maa houm, pousser avec les autres.

 

Le Condjador, Jijel, le 4 avril 2012

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