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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 « Aujourd'hui, on assiste à une sorte de remake du «retenez-moi ou je fais de la politique» dans un contexte de crainte d'un fort taux d'abstention au scrutin du 10 mai prochain. Ainsi, les annonces de grèves, «parfois illimitées», pour les prochains jours et semaines se calent parfaitement dans cette tendance à saisir les opportunités politiques pour faire avancer les revendications sociales ». C’est ce qu’écrit, ce matin,  l’éditorialiste du Quotidien d’Oran

 

 

En finir avec l’obstination bureaucratique ! Quand les administrations de l’Etat interprètent comme elles veulent les lois, les salariés estiment légitime d’interpeler le chef de l’Etat lui-même. Dans un communiqué les cinq syndicats du Centre hospitalier universitaire d’Oran réunis en intersyndicale (SNPSSP, SNAPSY, PSSP, section Aïssat Idir UGTA et SNPSP) viennent de décider de prolonger le mouvement de contestation et de porter la grève à quatre jours au lieu de trois (dimanche, lundi, mardi et mercredi) chaque semaine. «Devant l'obstination de notre DG à n'appliquer que les dispositions hors la loi concernant l'imposition des rappels et le mutisme des pouvoirs publics, l'intersyndicale se voit dans l'obligation de prolonger son mouvement qui se déroulera désormais en quatre jours avec piquet de grève quotidien devant la DG»,

 

 

“Il faut sauver nos usines du naufrage !” titre Liberté, rendant compte des propos de Louiza Hanoune à Guelma. « Elle a tiré à boulets rouges sur le patronat qui veut accorder la majorité du capital aux investisseurs étrangers et dans ce contexte, elle déplore que Cycma (ex-Sonacome), un géant de l'économie algérienne, soit à genoux faute de prise en charge de ses dettes et d'un plan de charge ambitieux initié par les pouvoirs publics pour remettre sur les rails cet outil de production et créer des emplois.
Elle souligne que l'autre complexe industriel de la Sogedia a été cédé à un homme d'affaires, qualifié de mafieux, puisque des problèmes endémiques paralysent le redémarrage. À cet égard, elle cite l'exemple de l'usine de levure de Bouchegouf, rachetée par un industriel qui l'utilise pour stocker ses conteneurs ! Louisa Hanoune évoquera, également, la grève de la faim des travailleurs de la ferme-pilote Richi, commune de Belkheir, et elle interpelle le ministre de l'Agriculture aux fins de s'impliquer pour mettre un terme à cet état de déliquescence ».
(Liberté)

 

 

 

“Le pouvoir innove en utilisant tous les moyens en prévision des prochaines élections législatives du 10 mai prochain, afin de garder le règne, malgré ses limites», affirme Mohamed Djerafa, coordinateur de l'Alliance verte.
Joint par téléphone, M.Djerafa a déclaré que «toutes les élections qui ont eu lieu dans le passé, ont permis au régime en place de bénéficier d'une grande expérience en matière de fraude électorale pour sortir gagnant chaque fois”
(L’Expression)

 

 

L'Union européenne a confirmé hier, l'envoi d'une mission d'observateurs pour superviser les élections législatives du 10 mai. Elle sera déployée le 30 mars et regroupera plus de 120 observateurs.

 

 

De très nombreux citoyens habitants dans des bidonvilles et des constructions illicites seront privés de leur droit de vote vu qu’ils ne pourront pas s’inscrire sur les listes électorales. (Echourouk)

 

Liberté de manifester. Le Réseau euroméditerranéen des droits de l’homme (REMDH) conclut un rapport sur «L’exercice des libertés d’association, de réunion et de manifestation en Algérie » en recommandant au gouvernement algérien «d’abroger toutes les lois et mesures interdisant les manifestations dans les lieux publics et de cesser les pratiques empêchant la société civile de se réunir». (El Watan)

 

 

 

 

GROS PLAN

 

Constantine : “Boycott sinon FFS”

 

Le correspondant de la Tribune à Constantine a fait un tour parmi les électeurs potentiels. Son contat : “Le spectre du boycott plane chez les citoyens que l’on a accostés. Et s’il y a vœu d’aller à l’isoloir au jour J, ce sera sans nul doute pour un choix de sanction en faveur, par-dessus tout, du revenant, le vieux parti de l’opposition, le FFS”.

 

 

«Beaucoup de politique» et moins de croyance

La population constantinoise sceptique envers les «têtes de liste» des partis en lice

 

Par Nasser Hannachi

 

 

Trente-neuf partis et probablement une liste indépendante. Soit une riche coloration politique teintée d’opportunisme, de l’avis de quelques citoyens locaux. «Les nouvelles formations se frotteront en l’espace d’une journée aux bureaux de vote pour disparaître à jamais», lâche un groupe de jeunes. Ainsi les listes électorales closes, la population analyse différemment la composante devant la représenter au prochain scrutin du 10 Mai. Le spectre du boycott plane chez les citoyens que l’on a accostés. Et s’il y a vœu d’aller à l’isoloir au jour J, ce sera sans nul doute pour un choix de sanction en faveur, par-dessus tout, du revenant, le vieux parti de l’opposition, le FFS. «Rien que pour sa crédibilité et sa continuité dans le combat démocratique loin des enjeux d’opportunisme, j’offrirai mon bulletin au parti d’Aït Ahmed», témoigne un universitaire avide du changement allant avec les valeurs de la République et loin des visions de l’islam radical. D’aucuns étayent à Constantine cette thèse de suffrage en faveur du FFS. «Désavouer les autres formations politiques au profit des forces sociales reste la meilleure façon d’exprimer son ras-le-bol envers des partis qui n’ont rien fait pour les localités encore moins pour l’Algérie profonde», enchaîne un autre citoyen. Sur un autre angle, traité par un adhérent du vieux parti unique, «les islamistes ont fait du chemin et n’ont jamais cessé de travailler. C’est un véritable travail de fourmi qu’ils élaborent sans être loin du bas-fond de la société», contrairement aux listes du FLN, sujettes à diverses contestations et critique. «Leur représentativité est loin des critères qu’on connaît au front.» Certaines classes locales estiment cependant que les têtes de listes de quelques partis pesants, comme le RND ou le FLN, ne reflètent pas l’image «fiable» de la ville. «Le Rassemblement démocratique a fait dans le populisme en y insérant des entrepreneurs et le Front de libération a introduit des personnes vraiment déconnectées de la société», soutient-on encore. En clair peu d’engouement se manifeste pour le vote il est même des voix qui «clament» l’absence de crédibilité avant terme. Sceptiques, la plupart des personnes ancrées dans la société civile à Constantine et non seulement dans les salons de la «tchatche», estiment que le pourcentage de participation sera timide et que «les islamistes de l’alliance ou ceux de Djaballah, scindés, ne pourront dominer la composante car elle se trouve divisée par des divergences internes». Par ailleurs l’équilibre qui pourrait bien surgir de listes indépendantes crédibles n’a pas encore dit son dernier mot. Après un premier rejet, la liste indépendante dénommée «Espoir» aurait été acceptée. Là aussi la population garde son opinion. Pour enfin dire que le désintéressement bat son plein et seules les têtes de listes tentent de donner au suffrage une dimension grandiose dont elles ont le secret. Ce qui n’est pas le cas, du moins pour l’heure, pour la société rompue et rodée…Les essais antérieurs semblent l’avoir amplement convaincue. Mais la messe n’est pas encore dite.

 

Nasser Hannachi, correspondant à Constantine 31 mars 2012. La Tribune

 

CEUX QUI N’Y CROIENT PAS

 

 

Élections et nominations

 

Par : Mustapha Hammouche

 

Ce serait un truisme de dire que l’Algérie n’a pas encore connu d’élection libre. Mais le régime actuel a plus clairement soumis le pays à un autoritarisme qui ne s’oblige même pas aux formes.

S’il fallait une preuve supplémentaire quant à l’usage répété d’une fraude électorale érigée en système de promotion politique, c’est le pouvoir qui la donne en prétendant superviser des élections qui, “cette fois-ci”, seront transparentes. C’est un paradoxe de l’époque que nous vivons : les dictatures ont besoin d’organiser des élections.

Ébranlé par les bouleversements qui se déroulent autour de nous, le régime a tout tenté pour se prémunir de la vague de contestation. L’argent est venu appuyer la répression ordinaire. Mais l’effacement de dettes, la simplification des conditions de crédits aux chômeurs, les réévaluations des salaires et les nouvelles subventions des prix de produits alimentaires n’ont, semble-t-il, pas suffi à conforter le pouvoir dans sa fausse certitude que “l’Algérie n’est ni la Tunisie ni l’Égypte”.

Il eut alors l’idée de réformes autogérées. Conditionnées par l’élection d’une Assemblée nationale légitime, ces réformes restent donc à venir, un an après leur annonce. Mais le temps passe. Et le vent de changement avec, espère-t-on. Mais, en prélude à la “révolution électorale” promise, l’approche rentière de la fonction politique s’est, une nouvelle fois, imposée et contredit déjà la promesse de régularité : la débauche d’agréments de nouveaux partis et les commissions de supervision et de surveillance, dont l’une se contraint au silence et l’autre se mue en est encore au stade syndical de ses préoccupations, loin d’ajouter à l’espoir de crédibilité du prochain scrutin, sont en train de le réduire. La question de l’inscription contestée de personnels militaires dans certaines wilayas et le refus de l’option pour les bulletins à listes multiples constituent déjà deux motifs de méfiance qu’il restera à lever d’ici le 10 mai.

Le désert programmatique qui caractérise l’ensemble des formations en compétition frappe l’idée même de choix d’une certaine absurdité et simplifie la problématique politique jusqu’à la caricature, faisant de ce qui n’est pas islamiste un démocrate.

C’est dans cette ambiance que le président de la République vient de désigner, enfin, le nouveau président du Conseil constitutionnel. Le retard récurrent à pouvoir des organismes, des entreprises et des institutions, engendrant parfois des vacances de responsabilité ou des dépassements de mandats légaux sont des signes d’autoritarisme.
On peut se poser la question de savoir si Belaïz a cultivé quelque crédibilité au ministère de la justice dont il ferait profiter le Conseil constitutionnel à l’occasion des prochaines échéances électorales.

La perception de l’état de la justice par la vox populi et les impressions laissées par les grandes affaires jugées ces dernières années ne militent pas pour cette thèse. En plus du fait que la décision officielle ignore souvent la contrainte légale ou constitutionnelle, elle semble ne pas tenir compte de ses effets sur l’opinion. C’est là un double message d’autoritarisme.
On a tendance à l’oublier : c’est plus dans les nominations que dans les élections qu’on juge une démocratie. En ce sens, la nomination de Belaïz aide à appréhender la nature de la réforme démocratique promise.


Mustapha Hammouche,
1er avril 2012. Liberté

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