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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

La victoire de Mme Bachelet n’a guère surpris. A l’issue de son premier mandat, les sondages lui attribuaient un niveau de popularité supérieur à 80 %. Après un séjour à New York à la tête d’une antenne de l’Organisation des Nations unies spécialisée dans la défense des femmes (ONU-femmes), elle revient au Chili au terme d’une campagne de communication impeccable. Son succès (74,92 %) lors de la primaire du 30 juin dernier laissait même espérer une victoire dès le premier tour. Et ce d’autant plus que, confrontée aux critiques rappelant que la Concertation a usé et approfondit le modèle néolibéral quand elle était aux affaires de 1990 à 2010, Mme Bachelet a su forger un nouveau récit destiné à ré-enchanter une partie des électeurs.

 

Tout d’abord, la coalition est parvenue à intégrer le Parti communiste (PC) et de petites organisations sociale-démocrates, créant ainsi la « Nouvelle majorité ». En échange de plusieurs circonscriptions et arguant qu’il s’agissait désormais de créer une vaste majorité électorale autour d’un projet de reformes, le PC — principal parti à la gauche de la Concertation — est ainsi devenu un allié important au moment de défendre l’image progressiste de l’ex-présidente. L’organisation, créée il y a cent ans par Luis Emilio Recabarren, double ainsi sa représentation parlementaire.

 

 

 

Parmi les six députés communistes, on trouve deux jeunes femmes : l’ex-dirigeante des Jeunesses communistes Karol Cariola, et l’une des figures du mouvement étudiant de 2011, Mme Camila Vallejo (élue avec 40 % des voix). Et malgré les grincements de la démocratie-chrétienne (centre-droit, DC), le PC offre au futur gouvernement des relais (limités) au sein des mouvements sociaux, en particulier à la tête de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), dirigée par la communiste Francisa Figueroa, qui a appelé ouvertement à voter Bachelet. Le lendemain des élections, le président du PC Guillermo Teillier ne pouvait encore confirmer une participation au gouvernement, mais réaffirmait « sa loyauté » au programme défendu par la présidente, tout en rappelant la portée historique de cette victoire dans les urnes : « Le Parti communiste n’a pas gagné une élection présidentielle depuis le temps de Salvador Allende  », en 1970.

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