Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

 

« Les pertes sont estimés à 80 millions de dollars par an, ArcelorMittal coûte cher à l’Algérie ». C’est le titre de l’enquête très intéressante mené par Melissa Roumadi dans El Watan. Cette enquête invite à mettre à l’ordre du jour la question de l’avenir d’El Hadjar : « Depuis son inauguration en 1969 par le président Houari Boumediène, le complexe sidérurgique d’El Hadjar nourrit un mythe : celui de l’Algérie qui s’industrialise. Mais au fil des ans, des restructurations puis des désinvestissements et de la privatisation, El Hadjar reflète aujourd’hui cette Algérie qui se désindustrialise ».

 

Se délestant de ses hauts fourneaux français, le groupe tout en se lamentant sur ses problèmes de liquidité se redéploient à coup de milliars vers les mines de charbons pleins d’avenir, en Australie et ailleurs. En novembre 2011 déjà, M. Mittal brandissait les menaces de licenciement économique à El Hadjar pour obtenir quelques millions de dollars de cash de l’Etat algérien. Notre blog était intervenu dans le débat.

 

 

 

 

El Hadjar : Racheter les parts de M. Mittal et gérer nous même le complexe

 

 

Par Saoudi Abdelaziz, 12 novembre 2011

 

 

« Les incertitudes sur les perspectives économiques se sont accrues au cours des dernières semaines », déclarait, le 3 novembre, Lakshmi Mittal, le patron du premier groupe sidérurgique mondial. « Nous sommes ainsi confrontés à des pressions s'exerçant à la fois sur les volumes et sur les prix. (Figaro du 4/11/2011)

On le sait : la baisse de la demande d’acier est sensible en Europe.

Mais en Algérie ? La demande s’est au contraire accrue et aura tendance à croitre avec la relance industrielle en cours.

Au moment où se négocie la nouvelle convention entre le géant Arcellor-Mittal et l’Etat algérien, la multinationale pèse de tout son poids pour faire participer l’Algérie au programme d’allégement de sa dette, conçu par son état-major international.

Que demande la multinationale ? Le refinancement de ses activités à Annaba par la Banque extérieur d’Algérie à hauteur de 500 millions d’euros ; la récupération de 45 millions de dollars de TVA, le maintien des avantages fiscaux et l’obtention d’une dérogation à l’export concernant le métal.

Le syndicat semble sensible au forcing de la direction du complexe et à son chantage à l’emploi, cette direction s’inscrivant dans l’émulation qui anime l’encadrement de la multinationale pour faire des économies dans les différents pays.

Ces cadeaux financiers serviront sans doute à participer à la collecte des 5 milliards de dollars dont M. Mittal à besoin pour racheter ce qu’il convoite fortement aujourd'hui : l'Australien Macarthur Coal, premier producteur mondial de charbon pulvérisé.

L’Etat algérien contrôle 30 % du capital du complexe de Annaba un des fleurons de l’élan industriel algérien après l’indépendance interrompu par le bradage engagé dans les années 80.

L’Algérie dispose d’une riche expérience dans la sidérurgie, elle possède des mines, notre demande intérieure va croitre dans les années à venir si le cap de la relance industrielle est confirmé. Pourquoi ne pas utiliser notre argent pour donner à M. Mittal le cash dont il a besoin, racheter les parts de la multinationale et gérér nous-mêmes El Hadjar?

 

 

Saoudi Abdelaziz, 12 novembre 2011

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article