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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Un manifestant brandit une liste de dépenses courantes pour une famille, lors d'un rassemblement pour la hausse du salaire minimum au Caire, le 2 mai 2010

DR-2 mai 2010: liste de dépenses courantes pour une famille,

lors d'un rassemblement pour la hausse du salaire minimum au Caire,

 

 

 

Le gouvernement vient d'annoncer un salaire minimum de 1 200 L.E. dans le secteur gouvernemental. Mais la décision, qualifiée d'« irréaliste » par les uns et de « bluff » par les autres, ne semble pas convaincre.

 

Par Salma Hussein, 25 septembre 2013

 

(...) Les ouvriers, eux, sont paradoxalement les moins satisfaits. Pour beaucoup d’entre eux, le salaire minimum est un bluff, et son impact sur la vie des Egyptiens sera minime, car a priori, il ne concernera que le secteur public. En fait, la Banque Mondiale (BM) estime que la moitié des salariés en Egypte sont en dessous du seuil de pauvreté, la majorité d’entre eux travaillant dans le secteur privé. Alors que le gouvernement emploie le quart seulement des salariés, et la moyenne de ces salaires est plus élevée que celle du secteur privé.

 

Khaled Ali, avocat des droits des travailleurs et ex-candidat aux élections présidentielles de 2012, trouve la décision gouvernementale illusoire. « Lors des négociations entre le gouvernement, les ouvriers et les représentants du secteur privé, les employeurs privés ont convaincu le gouvernement d’inclure, dans son calcul du salaire minimum, la valeur des services offerts aux employés, comme le transport ou les repas, pour éviter une grande hausse de la facture des salaires », explique Ali. Et de conclure : « Cela signifie que le gouvernement paiera de 100 à 150 L.E. de plus seulement ».

 

Pire, la hausse annoncée est facilement réversible, selon Ali, puisqu’il s’agit d’une décision et non pas d’une loi. En fait, le gouvernement n’a pas tenu sa promesse formulée après 2011, d’augmenter chaque année le salaire minimum de 100 L.E., et il n’a jamais intégré les 500 000 employés sans contrats au secteur public. Conséquence : moins de 2 % des salariés ont profité de la hausse en 2011/2012, laissant la grande majorité des Egyptiens sans réelle amélioration au niveau de leurs conditions de vie après la chute de Moubarak. Et cette frustration a aussitôt mené à une seconde révolution le 30 juin

 

 

Ce qu'en dit la Constitution brésilienne

 

Dans la Constitution égyptienne de 2012, en cours de révision, un article évoquait brièvement le salaire minimum, liant son montant à la « hausse de la production ». Mais selon certains, cet article est mal rédigé. En 1988, le Brésil a introduit dans sa Constitution un article détaillé sur le salaire minimum. Celui-ci (article 7) stipule que « le salaire minimum national fixé par la loi, unifié au niveau national et suffisant pour leur permettre de satisfaire à leurs besoins vitaux élémentaires et à ceux de leurs familles en ce qui concerne le logement, l’alimentation, l’éducation, la santé, les loisirs, l’habillement, l’hygiène, les transports et la prévoyance sociale. Ce salaire est soumis à des ajustements périodiques qui en garantissent le pouvoir d’achat. Il est interdit de l’adopter comme base de calcul d’autres rémunérations ». Le comité des 50, chargé de la révision de la Constitution de 2012, s’inspirera-t-il de l’exemple brésilien ? Pour l’instant, rien ne semble aller dans ce sens.

 

Source: hebdo.ahram.org

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