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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

L'armée égyptienne met en échec une tentative d'attentat contre une église 

 

 

Le 30 juin se rapproche. Le ministre égyptien de la Défense a averti dimanche que l'armée interviendrait si des heurts éclataient dans le pays à l'occasion des rassemblements prévus dans les jours à venir par les opposants.

L’égypte au bord de la rupture : rejet massif de Morsi titre la une d'El Watan sur le mode spectaculaire qui est devenu sa marque, au cours de la dernière période. Le reportage de Hassan Moali est d'ailleurs construit sur les seuls témoignages des membre du mouvement Tamarod (rébellion), fer de lance de la contestation.

"Personne n’a de réponse à la question cruciale : que va-t-il arriver le 30 juin ?" écrivait une semaine aupravant la journaliste égyptienne Najet Belhatem  dans El Ahram. Elle interrogeait  quelques analystes qui "tentent de faire la part des choses".

 

 

 

Morsi, partira, partira pas

 

 

 

 

Par Nadjet Belhatem, 19 juin 2013

 

 

 

Que va-t-il se passer le 30 juin ? C’est comme si on assistait à un rendez-vous pour un duel à l’épée. L’heure est aux surenchères et les analystes tentent vainement des réflexions à froid.

Personne n’a de réponse à la question cruciale : que va-t-il arriver le 30 juin ? Morsi partira-t-il comme le veut l’opposition ? Celle-ci mise sur le nombre de manifestants qui seront dans les rues pour crier leur colère contre les Frères musulmans. En supposant un débordement de foules contestataires, les Frères musulmans vont-ils disparaître gentiment, comme par magie de la scène ? Et l’armée dans tout cela ? Qui gouvernera l’Egypte ? Et comment ?

Les forces révolutionnaires et tous ceux qui ont adhéré à la campagne Tamarrod (rébellion) affichent un seul objectif : faire tomber le président Morsi et son régime. Quelques analystes tentent de leur côté de faire la part des choses.

 

 

Quel plan B ?

 

Dans Al-Masry Al-Youm, le chercheur et politologue Amr ElShobaky explique que, malgré l’échec total du régime de Morsi, « il n’en demeure pas moins que l’idée de faire tomber un président élu, sans regard pour les conséquences que cela peut avoir sur les chances de la transition démocratique en Egypte, paraît inquiétante ». Or, pour les courants révolutionnaires, faire tomber Morsi le 30 juin n’est pas négociable. Ils proposent de mettre à sa place le président de la Haute Cour constitutionnelle ou de créer un conseil présidentiel. « Des propositions qui sont avancées sans savoir à quel point ces forces sont capables de participer à la fabrication d’une alternative après le départ du président. C’est ce qui s’est passé avec Moubarak et ce sont les Frères musulmans qui ont récolté les fruits ».

Et de continuer : « Quelques-unes des solutions que certains considèrent comme révolutionnaires ne sont en fait que des services rendus gratuitement aux forces conservatrices pour qu’elles accèdent au pouvoir. La première fois, les jeunes ont fait la révolution, et les Frères musulmans se sont retrouvés au pouvoir. Et cette fois-ci, si Morsi tombe sans alternative et sans plan B clair, l’alternative sera l’armée ou les réseaux d’intérêts du PND (parti de Moubarak) ou les salafistes ou un cocktail entre ces composantes ». Pour ElShobaky, les Frères musulmans ne feront pas de concessions et en concluant son article avec la phrase : « Toutes nos prochaines batailles nous les gagnerons aux points et non par KO », il laisse entendre que Morsi et son régime ne tomberont pas le 30 juin.

Dans le quotidien Al-Watan, un autre chercheur et ex-député, Amr Hamzawi, tente de mettre les points sur les i. Selon lui, le 30 juin doit être le point de départ pour augmenter la pression populaire pacifique dans le but d’arriver à des élections présidentielles prématurées. « Or, l’objectif de ces présidentielles ne doit pas être l’élimination des Frères musulmans et des forces de la droite religieuse et les considérer comme une peste sociale à éradiquer. Ils ont tout à fait le droit d’exister selon des mécanismes démocratiques ». L’auteur qualifie l’idée d’éliminer la droite religieuse de fascisme qui ne sied pas à la pratique démocratique. Or, il n’explique pas comment amener cette droite religieuse à intégrer les principes démocratiques et ceux de l’alternance au pouvoir sur des bases politiques et non religieuses.

 

Menaces et fatwas d’apostasie

 

Dans le quotidien Al-Tahrir, le politologue Emad Gad, chercheur au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, jette la lumière sur le camp de la droite religieuse « dont les menaces augmentent en intensité. Menaces de violence et de transformer l’Egypte en bain de sang dans le cas de manifestations demandant le départ du président Morsi. Et avec l’augmentation du nombre de signataires des formulaires de Tamarrod (rébellion), la terminologie des menaces chez les éléments de l’islam politique a pris de l’ampleur. Ils ont commencé par le maillon faible, à savoir les coptes dont ils ont considéré la participation aux manifestations du 30 juin comme une volonté de faire échouer le projet islamiste. Ils se sont ensuite attaqués à tout opposant à Morsi ». L’auteur estime que ces menaces émanant des courants islamistes sont cependant le reflet d’une profonde panique.

Dans le quotidien Al-Ahram, le poète et écrivain Farouq Goweida revient sur une dérive dangereuse de ces courants de droite religieuse : les fatwas pour apostasie lancées à l’égard de quiconque s’oppose au chef de l’Etat. Et les accusations d’athéisme contre l’opposition politique. « Qui a dit que les manifestations ou les sit-in entraient dans le domaine de l’apostasie ? Qui a dit que les opposants sont des mécréants opposés à l’islam ? Le fait de diviser les Egyptiens de la sorte est très dangereux, et malheureusement les médias des courants islamistes jouent un rôle dangereux et appellent ainsi à l’anarchie dans une société où toutes les institutions officielles se sont effondrées ».

Et c’est ainsi que l’Egypte vit ces jours-ci au rythme du compte à rebours en attendant dans l’angoisse la date fatidique du 30 juin.

 

hebdo.ahram.org

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