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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

Par Saoudi Abdelaziz, 21 août 2013

 

La mise en scène parait impeccable. Depuis les échecs avérés de l'intervention américaine directe en Irak et en Afghanistan dont il a hérité, Barack Obama a choisi de mettre la Maison Blanche de suivre et contrôler en retrait la situation dans l'aire du Grand Orient. Dans le cas de l'Egypte, Barack Obama semble vouloir combiner l'action des stratèges de l'action secrète d'obédience républicaine qui ont déjà fait leurs preuves sous Georges Bush, avec le rôle de figuration apaisante du "démocrate libéral" John Kerry qu'il a placé à la tête du département d'Etat.

 

Le décision du Royaume saoudien et des autres monarchies arabes de soutenir à fond l'éviction de Morsi a-t-elle pu être prise sans l'accord de la Maison Blanche? Pour les médias et l'opinion publique, il est plus productif de faire jouer les premiers rôles aux monarques arabes, affolées par le tournant vers l'Iran opéré par Morsi, pendant que la Maison Blanche se réserve le rôle humaniste et unitaire. En Egypte même, ces "réserves" américaines améliorent l'image patriotique des tenants du coup d'Etat.

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Mais il ne faut pas aller trop loin, même médiatiquement. Le chef du Pentagone Chuck Hagel a mis les choses au point en laissant entendre qu'un maintien de la coopération avec Le Caire était souhaitable en raison des négociations israélo-palestiniennes, qui viennent de reprendre après trois ans de gel. Il ne fait que coller à la feuille de route d'Al-Sissi lorsqu'il recommande que au gouvernement intérimaire égyptien doit pousser à la réconciliation en y incluant les différentes sensibilités, tout en précisant benoitement : "Notre capacité à influer sur les événements (en Égypte) est limitée."

Depuis hier, les choses sont plus claires. Les États-Unis ont formellement démenti mardi avoir suspendu leur aide à l'Égypte. "Le président va réunir le Conseil de sécurité nationale pour parler de cette question" a déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche, qui précise toutefois qu'l ne faut "pas (s)'attendre à une annonce majeure" à ce sujet. Sa collègue du département d'État, Marie Harf, a enfoncé le clou peu après. "Nous n'avons pas pris la décision de suspendre notre aide à l'Égypte, un point, c'est tout. Nous n'avons pas pris la décision de suspendre toute notre assistance à l'Égypte, ou de la ralentir. Toutes les informations affirmant le contraire sont tout simplement fausses", a-t-elle martelé.

 

Dans tout les cas, on comprend que l'Administration américaine veuille tenir compte du caractère incertain de l'option Al-Sissi. Il ne faut pas "insulter l'avenir", semble dire Obama, un nouveau retournement de situation n'est pas à exclure avec ce peuple qui n'en finit pas, depuis janvier 2011, de garder à l'ordre du jour sa révolution nationale et démocratique. Sans feuille de route...

 

 

 

 

Le spectre d’un retour à l’ancien régime

 

EXTRAIT

 

Et l’impensable ­arriva. Lundi, l’ancien raïs Hosni ­Moubarak a été mis en liberté conditionnelle par la Cour de cassation. Dans un coup de théâtre éminemment politique, la justice a annulé sa condamnation à vie pour complicité dans les meurtres de 850 manifestants lors de l’acte I de la révolution égyptienne, en janvier 2011.

Au moment où de lourdes interrogations pèsent sur l’avenir de la révolution du fait de la cristallisation de la lutte entre forces révolutionnaires, militaires et partisans des Frères musulmans, la libération d’Hosni Moubarak fait définitivement craindre la restauration d’un régime militaire. L’ordre ancien ne s’était de fait pas totalement effondré avec la chute du dictateur ; le système lui-même ayant été préservé avec les anciens responsables de la police, de l’armée, de la Cour constitutionnelle, des gouvernorats provinciaux, des universités, des médias ou de la justice. Autant d’acteurs zélés qui se sont appliqués à contrer la démocratisation du régime.

Si le pouvoir entendait en début de semaine s’affranchir des ingérences extérieures et éventuellement des aides allouées par les différentes puissances afin de poursuivre comme il l’entendait la répression contre le camp ­islamiste, certains voient la main de l’Arabie saoudite derrière la décision judiciaire en faveur de Moubarak.

 

Humanité.fr. 21 août 2013.

 

 

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