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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Le gouvernement égyptien fixe le salaire minimum dans le secteur public à 700 livres, mais les entreprises privées ne sont pas concernées. Intéressant article dans la Tribune.fr, le quotidien économique français.

 

En Egypte, la filière textile symbolise une économie obsolète

 

 

C'est dans le secteur du textile égyptien qu'est née la contestation, en 2006. La filière souffre aujourd'hui d'un contexte économique dégradé.

Le textile égyptien souffre depuis la révolution. L’absence de sécurité et le couvre-feu qui ont perturbé le fonctionnement des ports égyptiens, les grèves de ces derniers mois ont affecté la production et les exportations. Les sociétés qui bénéficient de subventions à l’export, et peuvent ainsi se permettre de vendre les produits à prix coutant pour faire face à la concurrence, se plaignent d’une réduction des aides de l’état et d’un retard dans leur versement.

Mais les maux qui frappent le textile égyptien sont plus structurels. L’équipement des usines est vieillissant, la main d’oeuvre peu qualifiée et sous payée. Ces dernières années, les industriels ont fait face à une pénurie de matières premières dont les cours sont en augmentation: les cours du coton ont été multipliés par quatre en deux ans. Ils ont dû importer du coton de moindre qualité, tout en étant soumis à une forte concurrence des pays asiatiques, à l’export comme sur le marché intérieur. Dans les années 50, les champs de coton représentaient une surface cultivée de 840 000 hectares. En 2011, seulement 220 000 hectares étaient consacrés à cette culture très symbolique pour les Egyptiens puisqu’elle remonte à l’Antiquité.

 

Mobilisation ouvrière

 

La filière emploie deux millions de personnes, soit 20% de la population active, et réalise un quart de la production industrielle du pays; un quart des exportations du pays se font sous forme de vêtements. Les usines, où le secteur public domine, se concentrent dans le delta du Nil, et des villes comme Mahalla el Kubra se sont construites autour de cette industrie. La Misr Spinning and weaving company, créée en 1927, emploie plus 27 000 personnes. Depuis 2006, l’usine, symbole du nationalisme économique égyptien, a été le théâtre de grèves et de manifestations massives, réprimées dans la violence par le gouvernement de l’époque.

Beaucoup d’observateurs font remonter à cette période les premiers soubresauts de la révolution égyptienne et soulignent l’importance de la mobilisation ouvrière dans les derniers jours du soulèvement qui ont conduit au départ du président Moubarak. Les ouvriers de Mahalla ont réclamé ces derniers mois une revalorisation de leurs primes.

En septembre, les autorités inquiètes par les menaces de grève dans la plus grosse usine du bassin textile ont promis de satisfaire leurs demandes. « Les salaires des ouvriers du textile sont parmi les plus bas : 400 Livres Egyptiennes (L.E.) hors prime (moins de 50 euros), explique Tamer Fathi du Centre pour les Syndicats et l’Aide aux Travailleurs. Le gouvernement égyptien a fixé le salaire minimum dans le secteur public à 700 L.E. Avec ou sans primes ? Ce n’est pas clair. Rien dans la loi n’oblige les entreprises privées à faire de même, sans mécanisme de négociations, on peut s’attendre à des grèves dans le secteur privé.»

Stéphanie Wenger - 20/10/2011, 21:31. La Tribune.fr

 

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