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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Les bases de légitimité du nouveau maître de l'Egypte, le général Al-Sissi semblent se réduire. La montée les protestations contre le coup d'Etat se conjugue aux doutes parmi les jeunes de Tamarrod alimentés par les révélations de plus en plus précises sur le rôle des foulfouls dans la préparation du coup d'Etat. le conflit islamistes-laïcs, entretenu par les services secrets égyptiens peinent à occulter la réalité. L'assentiment et le soutien arabo-monarchiste et occidental suffiront-ils à compenser cette insuffisance d'assise nationale. "Les choses ne font qu'empirer pour le général Al-Sissi écrit l'éditorialiste du Quotidien d'Oran. S'il ne veut pas entendre parler d'un retour de Morsi, il va devoir probablement être contraint d'assumer pleinement le coup d'Etat en décrétant la loi martiale",

 

"Après l'éviction de Morsi, c’est le retour de la vieille garde de Moubarak", affirme preuves à l'appui le Washington Post, dans son édition de samedi que rapporte Maghreb Emergent "Onze des 34 ministres sont des anciens du régime de Moubarak. Deux étaient membres du Parti national démocratique (PND) de Moubarak, dissous après l’automne 2011. Les défenseurs de la vieille garde disent qu'il est inévitable des responsables de l'ère Moubarak figurent dans le gouvernement, car ce sont elles réellement qualifiés pour diriger le pays", constate le Washington Post pour qui les "signes avant-coureurs" du retour de l’ère Moubarak ont surgit, non seulement du nouveau gouvernement du Premier ministre Hazem el-Beblawi, "où les membres de l'ère Moubarak abondent et les islamistes sont absents", mais également des "couloirs de la justice (…) où les procureurs enquêtent sur les dirigeants (islamistes, ndlr) dans des accusations d'incitation (à la violence)" et "des cellules de prison sombres, où les prisonniers ont les yeux bandés, menottés et interrogés au sujet de leur adhésion aux Frères Musulmans". Le Washington Post porte le constat aux médias d'Etat, où "la rhétorique de la vieille garde de 30 ans de règne de Moubarak a fait un retour à pleine gorge, avec des montages patriotiques et des louange abondantes pour les forces armées". Même constat pour "les réseaux privés" de l’époque Moubarak qui reviennent en force également, ajoute le journal.  

 

"Les généraux égyptiens ont, à l'évidence, sous-estimé la capacité des Frères musulmans à résister et à mener à leur tour une contestation dans la rue sur la durée, note M. Saadoune ce matin dans Le Quotidien d'Oran. (...) Les militaires qui ont gonflé jusqu'à l'absurde les chiffres des manifestants anti-Morsi ont voulu gagner sur tous les tableaux en donnant une allure «civile» au coup d'Etat. Ils ont mis en branle toute la machine médiatique et les politiciens anti-islamistes pour clamer qu'il ne s'agit pas d'un coup d'Etat mais de «l'acte deux de la révolution». Mais la riposte, encore pacifique mais massive, des partisans de Morsi les a déjà contraints à utiliser l'arme de la répression et l'instrumentalisation de la justice. Les choses ne font qu'empirer pour le général Al-Sissi. S'il ne veut pas entendre parler d'un retour de Morsi, il va devoir probablement être contraint d'assumer pleinement le coup d'Etat en décrétant la loi martiale".

 

Les Américains qui semblaient s'accommoder d'un pouvoir des Frères musulmans ont-ils opté en Egypte pour un autre scénario? C'est l'analyse que le parti communiste de Turquie a rendu public dans un communiqué, où on peut lire : "Les USA ont réalisé qu’il n’y a pas de chemin pour mener l’Egypte vers un modèle d’un "Islam modéré", qui a été suivi par les Frères Musulmans. Alors, dans le but de contrôler le mouvement populaire et protéger les intérêts américains, les USA ont encouragé l’armée égyptienne à intervenir. A la fin, le pro-américain Morsi a abandonné et a été remplacé par le général pro-américain Sisi ( et ses compères civils)". Le PCT ajoute: "Le peuple d’Egypte, qui a successivement renversé les dictatures, n’a pas pu ouvrir le chemin vers une réelle liberté".

 

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