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Publié par Saoudi Abdelaziz

Dans la situation actuelle, les révolutions démocratiques égyptienne et tunisienne ont obtenu un acquis commun d’une grande importance. Les systèmes prédateurs, fonctionnant dans le cadre de l’Empire et à son service, ont perdu, en quelques semaines, leur centre de coordination essentiel : les présidences de la république.

 

Le vide institutionnel créé par la destruction des appareils présidentiels s’est accompagné dans chacun de ces deux pays frères de la mise en question de la gestion policière de l’Etat qui passait par ces circuits présidentiels. La mise à l’écart de l’option Soleïmane en Egypte exprime ce rejet.

 

Dans l’un comme dans l’autre pays, l’armée a été appelée en renfort, par les différents protagonistes, pour des motifs différents voire opposés.

 

A côté d’une classe politique plus active mais d’une influence non décisive, à côté des réseaux d’influence déstabilisés de l’Empire, des conglomérats et d’Israël, deux grandes forces hégémoniques sont à l’œuvre de manière ouverte en Egypte : le mouvement de masse plébéiens dominant au Caire, à Suez, à Alexandrie, dans les principales villes et dans toutes les entreprises du pays ; l’armée de ligne d’autres part, moins contrôlée par les services.

 

Seule institution préservée de l’Etat depuis le séisme révolutionnaire, l’armée est placée devant deux lignes stratégiques diamétralement opposées : soit servir à l’hégémonie des conglomérats, des intérêts prédateurs et des stratégies de l’Empire, soit redéployer les missions de défense nationale en initiant une politique extérieure indépendante d’alliance dans la région et dans le monde, en s’impliquant dans le sauvetage économique et social de la nation, seule manière de créer la profondeur de ses arrières. Et donc de faire le seul choix politique susceptible de faire avancer cette stratégie de redressement national : engager une alliance républicaine avec le mouvement révolutionnaire démocratique.

 

L’armée égyptienne s’est repolitisée par la force des choses. Elle est tentée par l’idée de reprendre sa liberté. Le mouvement plébéien a conservé sa puissance et son insolence républicaines.

 

On comprend alors que dans la période ouverte par la déposition du Raïs, la tâche première de la contrerévolution sera de diviser le mouvement de masse. Comme en Tunisie, la méthode c’est la polarisation entre deux pôles antagonistes, islamistes et anti-islamiste. Quant à l’armée de ligne, on compte, comme en octobre 1988 en Algérie, l’éloigner, par quelques grosses bavures, de l’idée de trop se mêler de politique.

 

S. A.

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