Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Pendant qu'un président par intérim sans pouvoir réel lance des appels accommodants aux Frères musulmans, on tue à balles réelles des manifestants désarmés. Volonté de "couper les ponts"? Le radicalisme inquiétant du nouveau pouvoir sera-t-il conforté par l'européen Barroso qui soutient sans état d'âme la destitution d'un président légitime. Quelques jours après le coup d'Etat, des questions sont posées sur les circonstances de cette initiative de l'armée égyptienne. Est-elle préméditée? Le soulèvement populaire a-t-il été encouragé pour être utilisé?

 

 

 

Trente-quatre personnes ont été tuées dans des tirs contre des partisans du président Mohamed Morsi en sit-in devant le siège de la Garde républicaine au Caire, selon un médecin de l’hôpital de campagne de la place Rabea Al Adawiya, lieu de rassemblement des Frères Musulmans. Des chaines de télévisions montraient, ce matin, plusieurs corps ceints du drapeau égyptien. Des manifestants affirment que la police et l'armée égyptiennes ont tiré, ce lundi à l’aube, contre les manifestants regroupés devant le siège de la garde républicaine.

 

Vendredi dernier, Yacine Temlali, décrivait l'ambiance :  « Insoutenable tension aujourd'hui au Caire. Depuis la destitution de Morsi, plus de coupures de courant, comme par miracle. Mais à la place, nous avons maintenant du plomb, des balles et des appels à la violence de part et d'autre de la ligne de front, qui divise, depuis quelques semaines, l’Egypte en deux. Ceux qui exaltent l’intelligence et le patriotisme des généraux pensent-ils qu’ils posteront un soldat devant chaque appartement pour les protéger ? Ne savent-ils pas qu’ils les vendront de nouveau aux barbus dès qu'ils se sentiront de nouveau menacés ?"

 

 

Ce matin, dans son Kiosque arabe, Ahmed Halli ne se pose pas la question. Il titre : . "Une victoire des musulmans sur des l'islamistes" et conclut sur la note de l'esthète goûtant à l'événement : "Ne boudons pas notre plaisir, même s'il risque d'être éphémère".  "Enfin dans le vif du sujet!" s'exclame Nour-Eddine Boukrouh dans le même Soir d'Algérie. L'ancien chantre du chadlisme exulte : "En un mois, l’islamisme dans le monde a vu deux de ses modèles sérieusement remis en cause. Si l’exemple turc a été ébréché, mais sans gravité, grâce au sens du compromis de l’AKP, l’exemple égyptien, lui, a carrément explosé. Le modèle égyptien, père de l’islamisme mondial, est entré dans une phase (la guerre civile) dont il ne reviendra pas". Et l'ancien chantre du chadlisme précise comme s'il ne le souhaitais pas : "s’il ne fait pas montre de retenue".

 

 

M. Barroso n'a pas d'états d'âmes. Il vient d'apporter le soutien de l’Union européenne à l’armée égyptienne qui a destitué le président élu, Mohamed Morsi. Le président de la Commission européenne refuse de parler de coup d’État en estimant que l’armée est venue corriger la situation dans ce pays. « La démocratie ce n’est pas seulement des élections » précise-t-il. « C’est aussi la capacité de l’État, poursuit-il, à unir le peuple et non pas à le diviser ». L’analyse de l’UE « montre qu’il y avait une polarisation extrême de la société égyptienne, ce qui explique l’intervention de l’armée ». Pour M. Barroso, la leçon à tirer du cas égyptien est que « la démocratie se fait avec des démocrates. »

 

 

Les questions se posent sur le pourquoi et le comment de l'intervention de larmée égyptienne. "Le coup d'Etat mené par l'armée égyptienne n'a pas été une décision impromptue, dictée par l'urgence, note M. Saadoune dans son éditorial du quotidien d'Oran. On commence à resituer les choses et relever les éléments d'une vraie préparation préalable. Le plus important dans ces préparatifs a touché à la vie courante. Des pannes d'essence et d'électricité ont été organisées durant des mois et elles ont très largement contribué à l'exaspération d'une bonne partie des Egyptiens contre le pouvoir de Morsi. Beaucoup ont constaté que ces problèmes qui paraissaient insolubles ont subitement disparu après sa destitution".

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article