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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

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Dans son dernier article intitulé « Menaces sur la transition politique en Egypte », Alain Gresh met en garde contre les analyses schématiques actuellement en vogue dans les médias. EXTRAITS :

 

Pour bien des médias, la cause est entendue. Nous avons affaire en Egypte à une tentative de prise de pouvoir par les Frères et le peuple se soulève contre un nouveau Moubarak, qualifié par certains de pharaon. Rien n’a changé, dit-on en substance, depuis la chute de l’ancien président, si ce n’est le nom de celui qui occupe les plus hautes instances de l’Etat. Cette grille de lecture est d’autant plus tentante qu’elle correspond au schéma sur l’hiver islamiste qui succède aux printemps arabes.

 

Pourtant, à y regarder de plus près, cette vision schématique est fausse et, de plus, dangereuse, car elle pousse les protagonistes à l’affrontement.(…)

 

(…) Le comportement et la violence des milices des Frères sont inqualifiables. Mais les affrontements ne peuvent être réduits à cela. D’une part, plusieurs sièges des Frères ont été brûlés à travers le pays, ce qui sort du cadre des manifestations pacifiques. Ensuite, il est sûr que des éléments de l’ancien régime jettent de l’huile sur le feu. D’autre part, l’opposition, ou plutôt les oppositions, ne sont pas sans porter une responsabilité dans l’impasse actuelle. Leur mobilisation contre la déclaration constitutionnelle s’est transformée au fil des jours en une volonté de déligitimer un président élu, en posant des conditions impossibles à tout dialogue avec le pouvoir.

 

De plus, une partie de l’opposition a renoué avec des membres de l’ancien régime — comme l’ancien secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa —, ce qui a donné prise aux accusations des Frères leur reprochant de trahir la révolution. Ce Front de salut national qui regroupe Hamdin Sabbahi, Mohammed Al-Baradeï et Amr Moussa notamment, se présente comme un front anti-islamiste, ce qui favorise, en retour, l’alliance entre les Frères et les salafistes que de nombreux points divisent : en coupant l’Egypte en deux, ces regroupements poussent à la guerre civile.

 

Le seul homme politique à avoir pris une position réaliste est Abdel Moneim Aboul Foutouh, arrivé en quatrième position à l’élection présidentielle. Il a condamné la déclaration constitutionnelle, mais rejette toute alliance avec les membres de l’ancien régime. Il refuse de remettre en cause la légitimité de Morsi et appelle au dialogue. (…)

 

Alain Gresh, 6 décembre 2012. Texte intégral : Nouvelles d’Orient

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