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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Quel sont les moyens  du « Pacte national global » que le FFS propose au pays ?  Arezki Derguini semble rompre avec la mauvaise habitude des cadres des partis consistant à infantiliser leurs bases. L’exigence de transparence dans l’élaboration de la ligne politique est à l’origine des mouvements d’humeur observés à l’intérieur du FFS. C’est- évident. Les arguments des communicants pour expliquer  la décision de participer ont été jugés trop courts. L’explication « tactique » n’a pas convaincu. Une campagne de déstabilisation s’est naturellement engouffrée dans ce manque. « Aït Ahmed a signé un deal », etc.

 

La technique d’atomisation pratiquée par divers services impliqués dans le maintien du statu quo,  ne pouvait rater cette opportunité. Le FFS semble avoir pris la mesure de la manœuvre politico-médiatique : il vient de démentir l’information de TSA sur l’exclusion d’un responsable de la section d’Aokas, qui avait programmé une rencontre avec Karim Tabbou, un ancien premier secrétaire du FFS.

 

Le 1er avril dernier, avant les élections, Sadek Hadjerès, l’ancien secrétaire général du PAGS, avait appelé, dans Le Quotidien d’Oran, les forces démocratiques à concevoir leur participation aux élections législatives du 10 mai prochain comme «un élément d'une stratégie politique d'ensemble et de longue haleine» visant à créer à terme un rapport de force global, «une large hégémonie populaire en mesure de modifier radicalement la nature et le contenu du pouvoir dans un sens démocratique et social conforme aux intérêts de la société et de la nation». Ce genre de bataille, souligne-t-il, n'est pas facile à mener en raison des écueils des «penchants opportunistes» d'une part et du «faux radicalisme» de l'autre. Mais, c'est un «effort» qui en vaut la peine afin de sortir des attitudes purement «symboliques, attentistes et stérilisantes, dans lesquelles les pouvoirs autoritaires, corrompus et corrupteurs, cherchent à enfermer les oppositions légitimes».

 

Les dirigeants du FFS se rendent compte qu’il leur faut soumettre le fond de leur pensée, c'est-à-dire les calculs politiques stratégiques  qui les ont conduits à ce fort infléchissement de la ligne politique. Ces calculs ne sont pas que tactiques semblent nous dire Arezki Derguini dans l’article ci-dessous. Ils concernent la recherche d’une transition qui passe par un compromis historique (le terme n’est pas utilisé) entre « les forces nationalistes, dirigeantes et d'opposition ».

 

Toute recherche du compromis historique doit être un combat politique ouvert, public, pour ne pas déboucher sur un énième phagocytage par le système. Si la direction du FFS discute avec des gens du pouvoir, ce n’est pas déshonorant. Les gens sont majeurs et vaccinés.

 

« On ne sait pas encore si la recomposition politique en cours est de nature à permettre un jeu politique plus ouvert ou au contraire à renforcer le statuquo », écrit Ali Laskri. Par sa décision de participer, le FFS s’est engagé dans une démarche audacieuse. Il faut expliquer comment l’intérêt national commande une telle démarche, qui ne peut porter ses fruits que si elle est discutée et prise à bras le corps  par la société. Le compromis doit s’appuyer sur  un puissant mouvement de société, populaire et unitaire.

 

Saoudi Abdelaziz, 6 juin 2012.

 

 

Normalisation, transition vers la démocratie et démocratie durable

 

Par Arezki Derguini

 

 

Deux scenarios extrêmes peuvent être avancés pour décrire la période de transition dans laquelle nous allons entrer. Le premier, très optimiste, suppose une convergence explicite des forces internes et externes pour un changement démocratique. Il se traduirait par un gouvernement d'union nationale qui aurait pour objectif de réaliser les mesures d'urgence capables de rétablir la confiance de la société en elle-même pour qu'elle puisse s'engager dans un processus de réformes.

Il faut signaler dans ce scénario, l'importance de l'exécutif relativement au législatif au cours de cette période. Ce n'est pas la loi qui est en défaut dans le système politique algérien, c'est le caractère discrétionnaire de la justice, c'est la distance entre la loi et son application, c'est la distance entre le mode d'administration par le chaos et l'insécurité et le mode d'administration par la loi et le contrôle social. Dans cette période, c'est l'indépendance de la justice qui est la pierre d'achoppement du changement.

Ce premier scénario suppose une ouverture par le haut du système encourageant une autonomisation du travail parlementaire et du travail judiciaire et une progression par le bas de l'autonomie sociale.L'opposition principale ne passe plus entre mouvement social et gouvernement, gouvernement et opposition parlementaire. La transition est à la charge du gouvernement et de la société auxquels s'opposent les forces d'inertie du système sécuritaire et celles qui profitent du chaos, vivent de l'insécurité. Il est entre les forces parasitaires et les forces nationalistes dont l'objectif est devenu la construction d'un nouveau système social et économique durable. Le débat politique pour la construction des consensus nécessaires à l'institution d'une assemblée constituante s'effectueraient alors à tous les niveaux : exécutif, parlementaire et social. Les consensus et les clivages réels peuvent alors émerger et être fixés.

L'autre scénario extrême, suppose qu'il reviendrait comme aux seules forces non gouvernementales le devoir de construire l'alternative démocratique. L'autonomisation par le bas devrait seule reconfigurer les rapports de forces. Il faudrait alors parler de transition à la transition vers la démocratie. Des forces internes du système en faveur d'une transition vers la démocratie étant incapables de se soustraire à sa dynamique suicidaire, les forces de l'opposition auraient pour tâche de rendre possible une telle dissociation pour pouvoir envisager l'avènement des conditions favorables à l'établissement d'un régime démocratique. La transition consistera à faire reculer les forces du chaos et de l'insécurité.

 

Le scénario qui s'imposera, empruntant à ses deux tendances actives au sein de la société et du pouvoir (ouverture par le haut et autonomisation par le bas), dépend du devenir et de l'avenir des forces sociales et politiques qui dépendent eux-mêmes de ceux de l'environnement dans lequel ces forces comptent se réaliser. Trois espaces participent à la configuration des forces sociales et politiques. L'environnement extérieur, les forces au sein du pouvoir et celles au sein de la société. Pour les forces extérieures, l'Europe en particulier, l'enjeu consiste en l'établissement d'une politique de bon voisinage. Une transition non déstabilisante vers une démocratie durable serait la panacée. Elle permettrait le contrôle au mieux des flux d'énergie et de population en particulier.

 

 

Arezki Derguini, 5 Juin 2012. La Nation.info

 

« C’est le temps des incertitudes »

 

Aucune tentative politique de remobilisation ne doit être ignorée

 

Par Ali Laskri

 

La situation politique née au lendemain des élections législatives du 10 mai 2012 est inédite et complexe.

 

C’est le temps des incertitudes.

 

Il est des victoires électorales, il est des majorités parlementaires dont on ne sait apparemment que faire, même si elles paraissent numériquement écrasantes; des décisions et des mesures politiques attendues depuis la proclamation des résultats officiels par le conseil constitutionnel tardent à voir le jour.

 

On ne sait pas encore si la recomposition politique en cours est de nature à permettre un jeu politique plus ouvert ou au contraire à renforcer le statuquo.

 

Inscrites sur arrière-fond de «Printemps arabe», ces élections ont permis au FFS, à travers sa campagne électorale et les résultats obtenus, d’ouvrir une brèche dans le dispositif d’empêchement de la représentation politique de la population. Dans le même esprit, le FFS a noté avec satisfaction l’existence d’un potentiel militant que la campagne électorale a révélé au-delà de ses propres structures. C’est un premier pas vers la réhabilitation du politique.

 

Cette brèche au sein d’un dispositif construit sur l’autoritarisme, la violence, les manipulations et une prédation qui se chiffre en milliers de milliards de dollars ne saurait en aucune manière constituer, à elle seule, l’ensemble des bouleversements de fond que nécessite le démantèlement du régime qui a mis sur pied un tel dispositif.

 

C’est néanmoins en connaissance de cause que le FFS s’est présenté à ces élections. C’est-à-dire, sans aucune illusion sur le caractère limité des possibilités objectives de faire aboutir, à l’intérieur du parlement, l’ensemble des transformations radicales que requiert le passage à une véritable transition démocratique.

 

Il nous semble, de ce fait, inutile de nous attarder dans la dénonciation répétitive et stérile d’un système de fraude, dont les instruments résident essentiellement en amont: Dépolitisation brutale et délibérée de la société sur des années, élaboration de lois électorales sur mesure, contrôle du fichier électoral, dispositif d’encerclement médiatique et d’intimidation de l’électorat et / ou des représentants des candidats, rôle de l’argent sale, partialité de l’administration, orientation du vote des corps constitués… Les irrégularités constatées lors du scrutin ne sont pas de nature à changer les résultats fabriqués depuis longtemps.

 

Un tel dispositif se combat par des moyens autrement plus efficaces que l’éternel «bendir creux» de la dénonciation médiatique, qui plus est sur des supports qui s’inscrivent eux-mêmes dans une logique pas toujours favorable au politique.

 

Il nous semble autrement plus sérieux de nous atteler à forger les instruments politiques et pacifiques de mise en échec de ce dispositif par la remobilisation de la population, la reprise de confiance dans l’action citoyenne, la formation des militants à une vigilance de tous les instants et à tous les stades de l’organisation et de la conduite d’une bataille électorale.

 

Nous avons, après nous être exprimés sur la conduite de ces élections, pris le temps de rassembler nos candidats et nos militants pour tirer tous les enseignements de ces élections, y compris nos propres carences, afin de tirer les bonnes conclusions et d’apporter les correctifs nécessaires.

 

Des rencontres régionales, ayant regroupé nos militants, ont été organisées à l’est, à l’ouest et au sud du pays. Elles ont été animées par les cadres du parti, nos députés et l’ensemble des têtes de listes aux législatives. Elles ont pour but de capitaliser l’élan de sympathie né de la campagne électorale, de renforcer l’implantation et l’organisation du parti et de préparer les prochaines électorales dans de meilleures conditions.

 

Nous sommes, aujourd’hui plus que jamais auparavant, convaincus qu’aucune tentative politique, démocratique et pacifique de remobilisation de la population et du sens de l’engagement civique au sein de la société ne doit être ignorée. Il en va du devenir de notre pays, de la cohésion de notre société et de la poursuite du projet libérateur, démocratique et moderniste entamé par le mouvement national algérien dans les années 30 et toujours inachevé malgré la victoire éclatante sur un colonialisme dont le caractère barbare a rarement été égalé au travers de l’histoire de l’Humanité.

 

Les choix stratégiques du FFS en faveur de la démocratie, de l’Etat de Droit, de la liberté, de l’action citoyenne, partisane, syndicale et associative comme mode de mobilisation de la société, la dimension nationale de son ancrage politique et le caractère populaire de sa base sociale orientent naturellement son redéploiement sur l’ensemble du territoire national.

 

Depuis sa création en 1963, le FFS a une vocation nationale; il confirme sa détermination à être présent partout où les Algériennes et les Algériens se battent pour la cohésion nationale, pour la chute de la dictature et pour construire la démocratie dans notre pays.

 

Le FFS sera présent partout où des Algériennes et des Algériens lui accordent leur confiance et veulent travailler avec lui.

 

Le FFS est ouvert à toutes les formes d’organisation démocratique et citoyenne qui ont pour finalité la prise en charge des préoccupations des Algériennes et des Algériens.

 

Le FFS est ouvert à toute tentative visant à réunir les conditions les meilleures pour un rassemblement réel de toutes les énergies décidées à sauver, pacifiquement et démocratiquement, l’Algérie des griffes de la prédation, de la violence, du dépérissement moral et des multiples régressions qui ont proliféré à l’ombre de l’autoritarisme d’Etat.

 

Le FFS est ouvert à toute initiative qui vise à mettre fin à l’exclusion de la société et au mépris du peuple.

 

Le premier secrétaire Ali Laskri, 5 juin 2012. FFS-dz

 

 

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