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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Le 15 décembre 2011, Christine Lagarde, directrice générale du FMI avait fustigé le « repli sur soi, une montée du protectionnisme et de l’isolement ». La cible du FMI était à l’époque le Brésil qui venait de relever de 30 % les taxes douanières sur tous les véhicules qui ne sont pas fabriqués à 65 % au moins dans les pays du Mercosur -l'alliance commerciale qui regroupe les pays d'Amérique du Sud. » Parallèlement, le FMI s’est opposé aux interventions du ministre des finances brésilien sur les taux de change, utilisés contre la production nationale.

Aujourd’hui l’AFP nous apprend qu’au sein du FMI, le libéralisme sans frein dans le domaine des changes rencontre des oppositions parmi ses propres économistes. La dépêche de l’AFP :

 

L'orthodoxie du FMI sur les changes écornée par ses propres économistes

 

L'orthodoxie du Fonds monétaire international en matière de changes a été écornée mercredi par la publication d'une étude de ses propres économistes qui légitime les interventions sur les marchés pour les pays émergents importateurs de capitaux.

L'étude, intitulée "Deux objectifs, deux instruments: politiques monétaire et de changes dans les économies émergentes", et signée de trois économistes du Fonds, porte sur 14 pays latino-américains, européens et asiatiques.

Elle conclut qu'il est tout à fait normal et souhaitable pour des pays comme le Brésil, la Corée du Sud ou la Hongrie d'intervenir face à des "oscillations potentiellement brutales des monnaies, y compris celles dues à la volatilité des flux de capitaux".

"Quand le taux de change s'écarte fortement des fondamentaux, la banque centrale est inévitablement soumise à des pressions pour agir. Refuser obstinément de reconnaître le problème et la nécessité d'ajuster sa politique a des chances de saper la crédibilité de cette politique, puisque l'opinion publique se rend compte qu'une telle attitude n'est pas tenable", ont écrit les économistes du FMI.

Les statuts du FMI interdisent à ses 187 Etats membres de "manipuler les taux de change ou le système monétaire international afin d'empêcher l'ajustement effectif des balances des paiements ou de s'assurer des avantages compétitifs inéquitables vis-à-vis d'autres Etats membres".

Le Fonds critique de temps à autre certains des pays qui freinent l'appréciation de leur monnaie. Ce fut le cas de la Corée en août ou de la Thaïlande en décembre 2010. Le Brésil refuse pour sa part la publication du rapport annuel du FMI sur son économie, en partie à cause des désaccords sur cette question.

 

AFP/Les Echos, 29 février 2012.

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