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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

Réflexion incertaine, après une lecture irritante

 

 

 

Par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

Les services de sécurité auraient-ils définitivement rompu avec « la longue histoire de manipulation et de coups tordus » que Akram Belkaïd leur prêtre dans Maghreb Emergent ? Le chroniqueur procède à une sorte de raisonnement par l’absurde : comment  concevoir qu’ils puissent aller jusqu’à faire attaquer un des principaux sites gaziers? « Le DRS n’a jamais joué, ni de près ni de loin, avec les hydrocarbures » explique-t-il en réjetant même l’hypothèse « d’une manipulation ayant mal tourné ». Mais comment savoir, en ces temps où même les officiers-traitants ne semblent plus trouver de centre connaissable ? Comme l’ensemble des Algériens d’ailleurs.

 

 

 

« Des manipulations qui ont mal tournée ». La Décennie noire, qui a ensanglanté l’Algérie a été rythmée par une succession d’opérations qui ont mal tourné impulsant par paliers successifs l’escalade. Comment peut-il en être autrement lorsque la conduite effective des affaires du pays dans les régions était coordonnée de loin par des « stratèges » qui poussent à l’émulation ?

 

 

 

Digression. Lorsque j’essaie de comprendre ce qui se passe dans la tête des stratèges de l’action secrète, il me vient toujours à l’esprit ce passage où « le chef de la Surveillance » d’Orsenna explique ce qu’il ressent : « La facilité déconcertante avec laquelle les choses se font. Il y avait pour moi cet amusement presque inépuisable : constater que la machine marche, que mille rouages jouent et fonctionnent quand on appuie sur le bouton. C’était, au début, à n’y pas croire : se trouver devant des boutons qui n’avaient pas fini de tourner – cela donne un peu de vertige ; et puis vient ensuite un autre plaisir : le plaisir d’arriver à un même but par plusieurs circuits. On ne se lasse pas – on ne se lasse pas de longtemps de voir que ces engrenages mordent : l’exaltation de la matière humaine malaxée. (Julien Gracq. Le Rivage des Syrtes (José Corti), p 308).

 

 

 

Dans la guerre civile décentralisée de la décennie noire, les spécialistes de terrain encouragés à faire preuve de créativité, se sentaient les mains libres. Pauvres Jijeliens, transformés en bouillon de culture par les laborantins de la fitna : ils ont été les premiers à comprendre.

 

 

 

L’une des conséquences majeures du fait que pendant une période prolongée « la colonne vertébrale de l’Algérie » ait été le DRS, c’est incontestablement le développement des phénomènes centrifuges qui déstructurent aujourd’hui la société algérienne et la gestion raisonnée de son patrimoine. Les officiers traitants, dans les conditions pacifiques nouvelles continuent de rivaliser d’inventivité à tous les niveaux, dans toutes les sphères d’activité de la société. Les services secrets sont une machine qui peut échapper au contrôle constitutionnel d’un Etat, déstructurant alors la société. Dans un secret de moins en moins gardé, des manipulateurs rivalisent pour la palme annuelle du contrôle social. Les perdants et les fautifs ne risquent que d’être recyclés dans le secteur privé.

 

 

 

Le peuple algérien va-t-il continuer à être conduit par des officiers-traitants ?

 

 

« La colonne vertébrale de l’Algérie » a été conçue il y a 56 ans par Abdelhafid Boussouf. Cette prothèse a été construite en dehors du corps vivant de la nation algérienne. La prothèse prétend continuer à vivre comme si c’était un organe naturel. Mais elle ne peut plus supporter le corps algérien qui se sent de plus en plus capable de tenir debout par ses propres moyens. Sans forcément le savoir, mais en pressentant le secret de la vie : se lever et marcher pour affermir ses os.

 

 

 

Saoudi Abdelaziz, 28 février 2013

 

 

 

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Safiya 01/03/2013 17:15

Je ne puis toujours pas accéder à votre réponse, l'encadré étant encore vide...

Safiya 01/03/2013 02:35

Qu'est-ce qui vous irrite tant M. Saoudi ? Je viens de lire le texte d'Akram Belkaïd et je ne m'offusque pas de ses propos qui me semblent plutôt justes.

Quels motifs auraient eu le DRS pour commettre un tel méfait. A quelles fins ? Ce n'est pas se tirer un balle dans le pied que de commettre un tel acte ?
J'arrive, plus ou moins, à croire que le DRS ait pu, pendant la décennie noire, se prêtait à des "machinations" pour renverser la vapeur vu l'importance de l'enjeu en cours mais j'ai du mal à
adhérer à sa diabolisation. Il est vrai que j'ai quitté, très jeune, le pays et vécu dans l'illusion de l'Algérie révolutionnaire des années durant. Bien qu'y passant mon congé estival
régulièrement, je n'avais jamais senti quoi que ce soit. Les étés étaient beaux à Oran, insouciants, je passais de très bonnes vacances dans une totale liberté et en toute sécurité, en camping
sauvage, seule avec mes enfants, mes nièces, dont deux adolescentes, et mes petits neveux. Les autres campeurs alentour étaient conviviaux et aux petits soins et jamais je n'ai entendu la moindre
critique du pays. Tous(tes) les estivant(e)s semblaient heureux(heureuses) et la majorité d'entre eux-elles étaient des ouled et bnent el bled ! CQFD... J'ai commencé à prendre conscience de la
réalité avec la décennie assassine mais quoi qu'il en soit, je trouve parfois exagérées ces suspicions contre l'armée et le DRS et du mal à croire tout ce dont on les charge...

Saoudi Abdelaziz 01/03/2013 12:15



Mille
excuses à toi et … à l’auteur du livre


 


“Tranche
de vie”d’
el-Guellil, de Baba Hamed Fodil.  Editions “Dar El Gharb”
2006 - 293 pages