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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Aujourd’hui, le secteur industriel n’emploie que 6% de la main-d’œuvre contre 20% pour l’agriculture et plus de 33% pour les administrations et les services.

Selon le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, Mohamed Benmeradi, l’Algérie doit repenser la «logique de fonctionnement et de développement» de son industrie pour relever les défis imposés par la situation économique internationale actuelle. Le ministre, qui s’exprimait, hier, à l’occasion du lancement d’un programme algéro-onusien pour la création de consortiums d’exportation dans les industries agroalimentaires, établit clairement un constat d’échec. Le gouvernement s’avoue encore une fois impuissant face à la situation de léthargie qui caractérise le secteur industriel dont la part du PIB se hisse à peine à 5%.

 

Une contribution au PIB qui frôlait les 20% il y a une trentaine d’années avant de se désagréger au fil du temps, de la crise des années 1990 et des politiques économiques hasardeuses, engendrant un flot de déperditions de main-d’œuvre. Aujourd’hui, le secteur industriel n’emploie que 6% de la main-d’œuvre contre 20% pour l’agriculture et plus de 33% pour les administrations et les services. Privatisations ratées, reconversions sabordées et importations tous azimuts ont conduit petit à petit à la perte du tissu industriel sans qu’aucune solution de rechange viable soit mise en place.

 

Le gouvernement, qui a lancé en 2006 avec euphorie et grands effets de manche sa «stratégie industrielle», censée redynamiser le tissu industriel et créer de la croissance, a fini par avouer, quelques années après, l’échec cuisant de la démarche. En 2007, Abdelhamid Temmar, alors ministre de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement (MIPI), disait vouloir «redonner un second souffle à l’entreprise algérienne, sortir du cycle pétrolier et renouer avec la croissance». Il entendait créer «treize champions nationaux» dans divers secteurs, dont celui de la mécanique, la pétrochimie et la pharmacie. Des projets maintes fois dessinés dans les discours, mais qui resteront lettre morte.

 

Avec l’adoption de la loi de finances complémentaire 2009, Temmar est remonté au créneau pour défendre «la nouvelle stratégie industrielle» citant l’ambitieux projet de cinq zones intégrées de développement industriel (ZIDI) autour de 29 wilayas représentant un potentiel industriel certain. Temmar estimait alors que l’industrie algérienne pouvait atteindre, en l’espace de deux ans, 10 à 15% de taux de croissance grâce à la stratégie industrielle qui, par ailleurs, ouvrait la voie à «un taux de croissance global hors hydrocarbures de 8%». La suite, tout le monde la connaît, malgré des milliards de dinars injectés dans les tissus industriels et quelques lueurs d’espoir suscitées par l’industrie mécanique ou celle du ciment, la stratégie a échoué, étouffée dans le trop-plein de discours et le peu de conséquences dans la démarche de limitation des importations et de lutte contre l’informel.

 

Depuis 2010, le gouvernement, qui a consommé l’échec, revient à la charge et fixe de nouveaux objectifs à travers un programme censé, selon le Premier ministre Ahmed Ouyahia, faire évoluer la part de l’industrie vers 10% du PIB en 2014. Près de deux ans après, le chemin reste aussi cahoteux malgré les investissements publics consentis et les promesses de partenariat étranger annoncées. Le secteur public reste un colosse aux pieds d’argile, le secteur privé peine à émerger et les IDE se font désirer. Trois facettes qui résument, malheureusement, la situation peu reluisante du secteur industriel actuellement.

 

Zhor Hadjam, 1er  mars 2012. El Watan.com

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