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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

DR. A M’Daourouch, l’antique Madaure

 

 

Un lecteur m’écrit ce petit mail : « J'ai parcouru au petit jour qqs pages de blogs et de la presse du bled. Quelle ne fut ma surprise d'y trouver cet article où même ceux de ARCH OULED SBAA (M'DAOUROUCH) se mettent de la partie pour lancer leur "cri de détresse". Décidemment rien ne semble aller comme le souhaitaient certains ».

 

Voxpopuli: ARCH OULED SBAA (M'DAOUROUCH)
Un cri de détresse

 

 

Le Soir d’Algérie, 24 février 2013

 

Nous, propriétaires depuis la nuit des temps de terres arch, sises au douar Ouled Sbaa (commune de M’daourouch, wilaya de Souk-Ahras), connu pour être l’un des plus grands archs de la région, et suite aux informations émanant d’une commission déléguée par la wilaya de Souk-Ahras afin d’implanter une zone d’activité commerciale (ZAC) de 250 hectares sur nos terres, alors qu’il y a une zone du même nom au niveau de la commune de M’daourouch, créée au moins depuis 20 ans et qui n’a jamais joué son rôle. Actuellement, elle ressemble à un grand parking d’engins en panne et un dépotoir à ciel ouvert. D’aucuns diront une zone invisible et fantôme. Les quelques initiatives de projets (lait, limonaderie, lampes domestiques, ateliers de confection textile, etc.), n’ont pas vu le jour. Les objectifs tels que la création d’emplois directs et indirects, la résorption du chômage, les gains fiscaux qui devraient renflouer les caisses de la mairie (TAP et autres) sont toujours attendus et ne risquent pas de voir le jour d’ici longtemps encore.

 

 

Est-ce une nouvelle expropriation «coloniale» ?

 

 

A-t-on fait le bilan de cette ZAC annoncée en grande pompe ou est- elle tellement productive et rentable qu’elle nécessite une extension imminente ? Que produit-elle au fait ? La léthargie dans laquelle sombre la commune est plus qu’alarmante. En dehors des produits céréaliers livrés chaque année en fonction des caprices du climat, rien n’est entrepris. Il ne nous manque qu’une nouvelle zone d’activité commerciale pour être au diapason des autres zones du pays. Y a-t-il eu une étude technico-économique pour le choix de cette zone ? Et si elle existe, obéit-elle aux critères et normes connus et reconnus en urbanisme ? Ou est-ce parce qu’il y a un manque d’espace ailleurs ? Est-ce un projet d’utilité publique ou pour booster le privé ? L’agence foncière n’est-elle pas une entité économique à vocation commerciale ? Qui lui donne le droit d’enlever les terres aux petites gens et de les revendre aux nantis ? Est-ce une nouvelle expropriation (coloniale) qui ne dit pas son nom ?

 

A quoi sert le programme présidentiel de la construction rurale, à entasser encore et encore des fellahs dans la périphérie des villages et des villes et créer des ghettos incontrôlables ? Y a-t-il une idée bassement électorale pour la dissolution et disparition du arch des Ouled Sbaâ ? Beaucoup de questions qui demandent des réponses objectives. Doit-on rappeler le nombre de chouhada de notre douar ? Le nombre des familles réfugiées ? Le nombre de veuves et d’orphelins? Le nombre de handicapés et le nombre de disparus durant la guerre de libération ? Les postes de contrôle de l’armée coloniale (camba) sont encore debout pour témoigner à quel point nos pères tenaient à leurs terres et à l’Algérie entière. Les stèles des martyrs leur font face et nous rappellent leurs sacrifices pour cette terre ancestrale. Nous dénonçons cette initiative politicarde et irréfléchie qui consiste en la distribution de nos terres ancestrales aux nantis de la région. Ceci va à l’encontre de la gestion du foncier que mène l’Etat et particulièrement le ministère de l’Agriculture. Aux autorités, à différents paliers, nous dirons consciencieusement que le seul développement positif, réaliste, acceptable, rentable pour nous, pour la région et pour l’Etat reste l’agriculture, et seulement l’agriculture, parce que telle est la vocation naturelle et principale de la région.

 

Nous suggérons plutôt d’en faire un périmètre de développement agricole intégré et de proximité à l’instar de ce qui se fait actuellement ailleurs dans notre vaste Algérie. Tous les critères éligibles pour cette action à vocation purement agro-pastorale sont réunis. Ce vœu est attendu par tous les fellahs du douar, particulièrement les jeunes. Nous espérons trouver une oreille attentive à notre cri de détresse.

 

Les membres du arch des Ouled Sbaâ, M'daourouch, Wilaya de Souk-Ahras

 

 

 

 

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