Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Chiricahua blog

 

 

Depuis le mois de janvier 2011, les peuples arabes ont entrepris une critique radicale des systèmes politiques en place chez eux. Leur courage inouï suscite l'admiration du monde entier, leur exemple inspire des mouvements de masse en Europe et même -quel pied de nez!- « dans la seule démocratie du Moyen-Orient », entendre par là le système spoliateur, tribal et talmudique qui s'est mis en place dans la Palestine occupée. Il est évident que nous n'avons pas encore pris la mesure de cet immense événement. Pourtant, il suffirait de revenir au mots d'ordre des foules de manifestants : « le peuple veut la chute du système ».

 

 

Pourquoi ce mot d'ordre connaît-il cette fortune à travers tout le monde arabe, en dépit des différences de situations ? Parce que les systèmes de domination arabes sont de même essence : la patrimonialisation, en vertu de quoi le pouvoir, le pays et le peuple sont propriété privée d'une FAMILLE, le terme étant compris comme désignant un groupe uni par des liens de sang ou d'intérêts ; pour le dire autrement, dans un sens anthropologique ou sicilien.

 

[Le cas de l'Algérie est, à cet égard, exemplaire puisque les dominateurs ont inventé la notion de « FAMILLE REVOLUTIONNAIRE » par quoi ils désignent benoîtement l'ensemble de ceux qui sont admis au buffet froid de la prédation. Ces dernières années, ils ont été obligés d'élargir leur cercle à quelque 200 000 nouveaux membres, les miliciens des années de plomb, qu'ils voudraient bien maintenant rayer des effectifs des convives.]

 

Gageons que les peuples arabes -qu'ils en aient conscience ou non, qu'ils le veuillent ou non- sont en train de faire la critique pratique (pas théorique) de leur propre système anthropologique dominant : le patriarcat. Les nouvelles générations, alphabétisées, cultivées, au fait des technologies de la communication, se retrouvent en décalage abyssal avec les dictateurs incultes et kleptocrates qui se sont arrogé un droit de vie et de mort sur eux. Ces jeunes sont en train de « tuer le père », que ce dernier prenne l'apparence du bouffon sanguinaire qui les gouverne ou du « prêtre » qui prétend les guider. En un mot : finie la dictature et fini l'islamisme politique. (Les plus perspicaces parmi les leaders islamistes l'ont bien compris ; « Nous ne voulons pas un état islamique, nous voulons un état de droit moderne qui garantisse les droits et les libertés de chacun » ne cesse de répéter Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste tunisien d'En-Nahda.)

 

Face à ce mouvement de fond (prévu de longue date par des chercheurs sérieux comme Olivier Roy et Emmanuel Todd), on peut toujours continuer à proposer, sur le modèle paléo-FLN (Soummam 1956, Tripoli 1962, Alger 1964 et 1976) une... charte ! Karl Marx disait que «Tout pas fait en avant, toute progression réelle importe plus qu'une douzaine de programmes. » (in Critique du programme de Gotha).

Chiricahua, 1er septembre 2012. Chiricahua.over-blog.com

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article