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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

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 Par Saoudi Abdelaziz

 

 

   

Il y a ceux dont le diagnostic est sans appel et qui demande au malade de partir, avec l’article 88 comme ordonnance. D’autres, moins radicaux, veulent seulement que le patient ne touche pas à la constitution, avant l’expiration de son mandat. D’autres semblent faire confiance aux ressorts patriotiques du chef de l’Etat en lui demandant, comme l’éditorialiste K. Selim, d’engager, avant la fin de son 3ème -et dernier- mandat, « une dynamique de changement vertueuse qui passe par un démantèlement pacifique et ordonné du système en place pour aller vers un Etat de droit et la démocratie ».  

 

 

Notre revue de presse ne concerne que quelques titres de la presse francophone. L’annonce, samedi dernier, de la maladie du président Bouteflika « installe le pays entier dans l’incertitude », affirme Madjid Makedhi dans son article intitulé « La maladie du président nourrit les spéculations » placé sur huit colonnes à la une. « Cette nouvelle alerte sur l’état de santé de Bouteflika pourrait chambouler l’agenda politique national, écrit-il. Y aura-t-il une vacance du pouvoir ? Le chantier de la révision de la Constitution sera-il mené à terme ? Quel nouveau scénario pour la présidentielle de 2014 ? ». L’article conclut sur l’avis d’un politologue proche d’El Watan, qui avait déjà tranché : «la question d’un quatrième mandat ne se posera plus. C’est fini». « Rachid Grim n’écarte pas, dans ce sens, un scénario comme celui d’avant-1999. «Mais cette fois-ci, l’armée n’a pas intérêt à intervenir dans la joute politique. Tous les médias et l’opinion internationale seront braqués sur l’Algérie et l’armée prendrait un énorme risque si elle intervenait». L’édito de Omar Berbiche, est plus terre à terre: « Nos hommes politiques et toute la clientèle du système et leurs proches boudent sans état d’âme, leur préférant les hôpitaux parisiens et suisses pour se refaire une santé ». Etonnant dans un journal très bcbg, très francophile et très libéral.

 

   

   

   

 « L’anxiété et l’angoisse peuvent en effet être des facteurs déclencheurs d’un tel accident » affirme le  site TSA dont « les sources », explique, sans trop se mouiller, que Bouteflika a « mal réagi à la mise en cause de son frère Saïd » : « Il a été très affecté par ces rumeurs. Il est entré dans une colère noire. Il a même demandé d’où pouvaient venir ces informations qui ciblent directement un membre de sa famille de manière violente »

 

 

Le Soir d’Algérie pour qui le 3ème mandat de Bouteflika est déjà « un mandat de trop » esplique : « Face aux enquêtes des services de sécurité, ciblant des personnes de son entourage, et les déballages médiatiques qui leur donnent suite, Bouteflika s’est montré impuissant, confirmant son affaiblissement politique ». A l’appui de cette thèse, le quotidien évoque « le revirement éloquent dans les positions du président du TAJ, Amar Ghoul, et du secrétaire général du MPA, Amara Benyounès, qui, après avoir appelé Bouteflika à se représenter pour un 4e mandat, se sont ravisés et déclaré qu’ils soutiendraient Bouteflika s’il se représentait.  

 

   

Survenant dans « une période particulièrement délicate » « Avec cette nouvelle alerte médicale qui touche M. Bouteflika, c’est toute l’Algérie qui bascule dans l’incertitude », écrit Abed Charef dans Maghreb Emergent.  Il conclut en évoquent la relance de « la demande formulée par des cercles de plus en plus nombreux, demandant que l’article 88 de la constitution soit appliqué, pour constater que M. Bouteflika n’est plus en mesure de remplir ses fonctions, et enclencher la procédure légale en vue de désigner son successeur ».

 

   

Dans son éditorial de Liberté, Saïd Chekri n’y va pas par quatre chemins : il appelle le chef de l’Etat à ne pas « s’infliger le “supplice” d’une charge aussi lourde que celle qui consiste à diriger un pays ? » Il précise ses espérances : « Mieux, si ce petit caillot de sang qui bouche une veine dans le corps du chef de l’État obstrue à coup sûr la route vers le quatrième mandat, il ferme aussi, peut-être, la voie à cette Constitution voulue et conçue pour gérer la succession dans la continuité, avec ou sans quatrième mandat. ». Le quotidien a mis de nombreuses plumes sur le sujet. « L’état de santé du Président désormais diminué peut devenir un motif d’inquiétude et peut être pris en charge selon l’article 88 de la Constitution » affirme Djilali Benyoub. Dans sa chronique, Mustapha Hammouche met quand même un bémol aux emportements de ses collègues : « La question de l’état politique du pays ne dépend pas de la seule question de la santé de son chef d’État. La situation d’abandon, dans laquelle dépérissent des secteurs entiers de la vie économique, sociale et institutionnelle et de larges espaces du territoire, renvoie d’abord à la nature du régime ».

 

   

Dans le Quotidien d’Oran, K. Selim semble sur la même longueur d’onde que Mustapha Hammouche lorsqu’il écrit : « La question du quatrième mandat encombre la perspective politique. Mais elle sert aussi de masque. Elle permet de focaliser sur un homme au lieu de s'attaquer au fond des choses et de reprendre résolument le chemin de la réforme, bloquée au début des années 90 avant d'être totalement bannie sous l'euphorie de la montée des recettes pétrolières ».

« Sans candidature de Bouteflika, le système algérien est nu et il se révèle pour ce qu'il est. Une vieillerie dangereuse (…). On ne sait pas quelles sont les intentions du président de la République mais il rendrait objectivement service au pays en indiquant qu'il n'est pas dans la course pour un nouveau mandat. Cela permettra d'évacuer l'écran de fumée qui masque les enjeux. »

 « Il existe une fenêtre d'opportunité - qui ne va pas durer - pour créer une dynamique de changement vertueuse et elle passe par un démantèlement pacifique et ordonné du système en place pour aller vers un Etat de droit et la démocratie. (…)

En Algérie, aujourd'hui, cela relève de la responsabilite de ceux qui detiennent le pouvoir. Rien n'indique pour l'instant, hélas, qu'ils ne vont pas gâcher cette opportunité.

Cette dernière analyse convient à notre blog. Dans un article du 1er avril 2013 intitulé Les longs prochains mois de Bouteflika…  j’écrivais : « Les gens de ma génération savent que Abdelaziz Bouteflika croit sincèrement à son destin patriotique. Va-t-il se fourvoyer dans une fin à la Bourguiba ? Ou a-t-il encore des tours dans son sac pour que ses fonctions présidentielles décisives contribuent, encore, au cours des longs mois à venir, à préparer la remise de notre pays sur les bons rails, ceux de l’Etat de droit ». En ajoutant que l’Etat de droit passe par le rejet de la toute puissance du DRS et des services de sécurité dans l’élaboration de la politique de l’Etat et le suivi de ses institutions.

 

Saoudi Abdelaziz, 29 avril 2013

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oubaya samir 29/04/2013 23:04

Très cher camarade, outre les balivernes colportées par la presse nationales, les analyses ésotériques et les visions invisibles du peuple accoudé au comptoir de l'incertitude, je pense qu'il est
temps de hisser l'étendard de la réflexion intellectuelle, pas à la manière des philosophes, mais juste à la mesure de la réalité qui secoue notre vécu pseudo-post-colonial. Nous continuons à
accumuler de fausses espérance conjuguée à de funestes certitudes, mais, dans ce fatras de pensées gluantes, nous nous égarons de la vérité, celle d'une décolonisation inachevée tant
intellectuellement que physiquement ! C'est une affaire dont la délicatesse et la gravité vont au-delà d'un simple problème de santé physique auquel nous pouvons tous être confrontés, car notre
grand mal nait et renait sans cesse de notre fatale incertitude, c'est donc là un véritable problème de santé psychologique et public que nous devons affronter, celui de l’irréversibilité du
néo-colonialisme, ce masochisme qui gangrène l’intellect des algériens. Salutations fraternellement et éternellement libertaires ...