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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Mardi 20 août, les ouvriers, qui ont passé l’été au chômage technique, vont reprendre la production de quelques derniers pneus pour honorer des contrats. Le 31 octobre, tout sera fini, les machines seront démontées.

Yacine Saïd relate dans El Watan, la saga de cette mort annoncée et décortique un curieux plan social. EXTRAITS

 

 

 

 

 

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Le 10 juin, tout sourire, les deux PDG de Michelin Algérie et de Cevital annoncent un nouveau «partenariat industriel». Le groupe algérien acquiert 67% de Michelin. Les déclarations à la presse sont positives. «C’est une solution socialement responsable», martèle-t-on. Personne ne sera laissé sur le carreau. Mais sur le parking de l’usine, les employés déchantent. Leur avenir est déjà tracé. On ne leur a pas demandé leur avis. Ils ont l’impression d’avoir été bernés par Michelin. Et pour cause, ce «partenariat» a toutes les caractéristiques d’un plan social (...).


Tout était planifié


Les employés sont certains aujourd’hui : tout était calculé. Depuis 2011, le pneu qui représentait 80% de la production d’Alger n’était plus fabriqué. «On se doutait bien que l’usine n’était plus du tout rentable dans ces conditions.» Les salariés entendent parler de la stratégie internationale de Michelin, qui consiste à faire un maximum d’économies pour investir dans un immense projet en Inde. «Cela fait deux ans que Cevital et Michelin organisent des réunions à Paris», indique l’un d’eux. «Quand ils ont choisi Cevital pour partenaire, ils savaient bien que l’activité ne durerait pas», ajoute un autre. Cevital s’est déjà occupé de gérer la commercialisation de deux sociétés étrangères de pneus, Goodyear et une entreprise chinoise. Dans les deux cas, les deux entreprises ont fini par déposer le bilan. «Leur objectif était de fermer l’usine sans faire de bruit. Ils ont monté toute une stratégie (stratagème). Le chômage technique, c’était pour qu’on ne se mette pas en grève», soupire l’un des employés. Il leur reste, malgré tout, deux petits espoirs. D’abord, l’accord signé en juillet qui permettait à Cevital de prendre 67% des parts de Michelin a été bloqué. «L’enregistrement notarié du document a été gelé», affirme un salarié. Et surtout, les employés ont un atout à faire valoir à Cevital : «Nous sommes bien formés, nous connaissons le marché. Sans nous, Cevital ne peut rien faire avec les pneus.»

 

 

Texte intégral : Michelin, ce plan social qu'on veut cacher

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