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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Un grand militant de la démocratie au Maghreb

 

Par Saïd Djaafer

 

 

 

M. Abdelhamid Mehri, ancien ministre du GPRA, porte-parole de la conférence historique de Tanger et ancien secrétaire général du FLN est décédé ce lundi 30 janvier à l’âge de 86 ans à l’hôpital militaire d’Ain Naadja où il avait été hospitalisé au début du mois. C’est un monument politique et une mémoire vive du mouvement national et du combat pour la démocratie et le Maghreb uni qui vient de s’éteindre.

 

M.Abdelhamid Mehri a été « sorti » de la direction du FLN en 96 par ce qu’il a qualifié d’« intrusion musclée » du pouvoir qui n’a pas admis son refus d’appuyer l’arrêt du processus électoral en janvier 1992 et sa défense de la démocratie. L’inimitié du système contre Abdelhamid Mehri s’est transformée en haine ouverte après la signature par l’opposition algérienne du Contrat National pour une sortie pacifique de la crise.  Les médias publics, télévision en tête, ont été instruit de mener une campagne en trahison et celle-ci a atteint des niveaux jamais atteint dans l’histoire de l’Algérie.

 

Abdelhamid Mehri a obtenu, de manière inespérée, un « droit de réponse » à la télévision où un journaliste programmé a passé un très mauvais quart d’heure face à un Abdelhamid Mehri flegmatique et à l’argumentaire imparable. Depuis cette mise au point, la télévision s’est totalement verrouillée. Abdelhamid Mehri a voulu organiser à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Conférence de Tanger une rencontre académique à Alger. Après avoir fait toutes les invitations, la rencontre a été interdite à la dernière minute. Il n’en a pas été surpris mais il en a conçu une grande amertume car la frilosité d’un pouvoir à accepter une simple rencontre académique renseignait largement, à ses yeux, sur son absence de disponibilité à aller vers une ouverture démocratique.

 

Abdelhamid Mehri n’a jamais cessé son combat pour la démocratie et le Maghreb, les deux objectifs non encore réalisés de la révolution algérienne. Face au verrouillage général, il a recouru au procédé de la lettre et du mémorandum public. Où, avec une courtoisie qui ne s’est jamais démenti, il a démonté les travers d’un système politico-policier qui a atteint ses limites. Abdelhamid Mehri a eu une vie de combat pleine. Il est resté constamment jeune avec une ouverture d’esprit qu’on ne retrouve pas chez les bureaucrates de la politique qui occupent les devants de la scène. C’est une grande perte pour la mémoire des combats multiples des algériens. C’est une grande perte pour les militants de la démocratie et du Maghreb.

Saïd Djaafer, 31 janvier 2012. Maghreb émergent

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