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Publié par Saoudi Abdelaziz

Djillai Liabès, proche conseiller de Mohamed Boudiaf

Djillai Liabès, proche conseiller de Mohamed Boudiaf

Mis en ligne le 29 juin 2012

Après la mort de Boudiaf, une opération systématique de "nettoyage" a visé ceux qui, dans le premier cercle de ses conseillers, pouvaient témoigner des circonstances politiques et des commanditaires de sa liquidation. Djillali Liabès, son plus proche conseiller, sera abattu huit mois après, le 16 mars 1993. Et d’autres encore…

Appelé au pouvoir par des « décideurs » incapables de maîtriser le processus politique qu’ils ont déclenché, Mohamed Boudiaf a contribué à éloigner la grande masse des jeunes du chemin sans issue de la lutte armée. Il y a réussi parce que sa volonté de rupture contre l’injustice sociale était crédible. Il avait engagé les premiers pas dans cette direction.

Son action  au cours des six mois de sa présidence a sans doute permis d’éviter la guerre civile frontale sur une grande échelle. Mais elle a permis au système de gagner du temps et aux mokhs de mettre au point leur stratégie de guerre civile contrôlée.

Pendant ces six mois, Mohamed Boudiaf avait élaboré et commencé à mettre en route un processus qui menaçait frontalement les réseaux d’intérêt qu’il appelait maffia politico-financière. Il avait sans doute sous-estimé le niveau de pénétration de ces réseaux dans l’Etat algérien. Ces réseaux se sont constitués pour pomper les devises pétrolières rendues accessibles par l’infitah engagé en 1981, après les accords Chadli-Mitterrand. Ces réseaux sont désignés généralement par le terme Hizb frança. Ce terme ne recouvre pas une obédience linguistique mais les flux financiers illicites : on sait par exemple que de nombreux responsables « baathistes » du FLN –pour l’arabisation à outrance- faisaient parti de ce hizb très matérialiste.

 Il ne fait aucun doute que l’opération anti-corruption qu’il se préparait à engager sur une large échelle lui a coûté la vie. La campagne de détournement médiatique menée autour du personnage de Hadj Bettou, un vulgaire contrebandier du Sud, a servi à occulter les véritables cibles de Boudiaf.

 Au sein de la commission d’enquête sur l’assassinat, certains exigeaient d’aller jusqu’au bout des investigations. L’un d’entre eux, l’avocat marxiste Youcef Fathallah fut assassiné le 18 juin 1994, à l’entrée de son bureau à Alger où l'attendait un tueur armé d'un pistolet muni de silencieux. Dans son rapport de 1996, Amnesty International écrit que l’avocat  avait exprimé des réserves sur le rapport final et avait refusé de l'endosser.

 

 

 

 

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Commenter cet article

kebir 16/03/2016 23:12

un parfum de qui tu tue qui ...................

M.C. 17/03/2016 16:34

Evoquer la complexité des trahisons et des alliances conclues entre prédateurs et leurs parrains étrangers et nationaux, ce n'est pas du "qui tue qui". Affirmer cela, c'est encourager l'impunité. Personnellement, j'ai apprécié cet article.