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Publié par Saoudi Abdelaziz

« Il y a déjà des pressions d'acteurs politiques et économiques qui poussent Ankara à revendiquer les zones riches en pétrole d'Irak et de Syrie », écrit le quotidien turc Hürriyet.

 

L'incontrôlable frontière turco-syrienne

 

La frontière turco-syrienne est en ébullition. Il faut dire que la prise de pouvoir de l'Union démocratique du Kurdistan (PYD) dans la région a de quoi inquiéter le gouvernement turc.

Les fanions kurdes et les emblèmes de la guérilla marxiste-léniniste fondée par Abdullah Ocalan ont remplacé les drapeaux syriens à Ayn al-Arab, ville frontalière de la province d'Alep en Syrie. Des velléités autonomistes d'autant plus inacceptables que le PYD « partage la même idéologie que les rebelles séparatistes kurdes du PKK » en lutte avec Ankara depuis 1984, rapporte le « Hürriyet ». Sans oublier que des militants kurdes syriens auraient été protégés puis entraînés par le gouvernement autonome kurde en Irak, signale le quotidien.

De quoi sérieusement ébranler les relations du Premier ministre turc avec Massoud Barzani, le leader du Kurdistan irakien, qui s'était engagé à convaincre les rebelles du PKK d'abandonner les armes dans le nord du pays. « Après l'instabilité à la frontière des régions du Nord-Ouest et du Nord-Est de la Turquie, les printemps arabes embrasent les régions frontalières du Sud et du Sud-Est. »

Près d'un siècle après l'accord Sykes-Picot où Français et Britanniques se répartissaient les territoires de l'Empire ottoman déchu, « la bataille des frontières fait rage », écrit le « Hürriyet ». « L'intégrité territoriale de la Syrie et de l'Irak est en grand danger, les frontières sont de plus en plus instables et les Kurdes en profitent pour s'imposer dans la région. » Pour le quotidien, 3 Etats seraient actuellement en mesure de repousser leurs frontières : Israël, l'Iran et la Turquie. « Il y a déjà des pressions d'acteurs politiques et économiques qui poussent Ankara à revendiquer les zones riches en pétrole d'Irak et de Syrie. »

La Turquie devrait alors prendre un tournant fédéral en incluant les Kurdes et certains acteurs du monde arabe. Une idée fermement rejetée par Ankara. « Un bouleversement des frontières déclencherait une réaction en chaîne d'affrontements dans la région tout entière », conclut le « Hürriyet ».

 

27 juillet 2012. Les Echos.fr

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