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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Tout-puissant à l'époque des faits qui lui sont... (PHOTO EVARISTO SA, AFP) 

DR-José Dirceu, ancien bras droit de Lula

 

 

« Immunité, impunité, c'est ce bouclier confortable derrière lequel s'abrite la classe politique et que la Cour suprême souhaite faire voler en éclats. Une véritable révolution culturelle ».

 

 

 

 

Après la condamnation d'un proche de Lula, la lutte contre la corruption renforcée.

 

La condamnation à dix ans et dix mois de prison de José Dirceu, ancien bras droit de Lula, va continuer de résonner pendant longtemps au Brésil. Les dix juges de la Cour suprême ont rendu un verdict sévère au terme d'un procès -fleuve, considéré comme le plus grand procès contre la corruption au Brésil. Comme s'ils voulaient donner l'exemple.

 

 

 

Politiquement, la descente aux enfers de Dirceu constitue un véritable tremblement de terre. C'est en effet lui qui faisait la pluie et le beau temps au Planalto, le palais présidentiel, aux côtés de l'ex-président Lula entre 2003 et 2005. Certains l'appelaient Raspoutine. Son poste officiel : ministre chef de l'Administration civile, une sorte de Premier ministre. Selon la Cour suprême, c'est lui qui a orchestré une méga-opération pour corrompre des parlementaires et obtenir un Congrès à la botte du pouvoir. Dans le langage familier, on parle de « mensalão », à cause de grasses mensualités versées aux intéressés. Un système bien huilé, avec la collaboration d'intermédiaires véreux et de banquiers, eux aussi condamnés à de lourdes peines.

 

 

 

Dirceu, à travers son blog, et ses proches continuent de clamer son innocence et dénoncent un procès politique, alors que les médias locaux le prennent volontiers pour cible.

 

 

 

Mais, au-delà du fracas juridico-médiatique du « mensalão », c'est toute la lutte contre la corruption qui devrait sortir renforcée de ce procès. Ces condamnations sont exemplaires dans la mesure où elles mettent fin à un sentiment d'impunité, largement répandu dans les milieux politiques. La presse annonce parfois les résultats de certains marchés publics avant même l'ouverture officielle des enveloppes… L'ancien maire de São Paulo, Paulo Maluf, est recherché par Interpol, mais il demeure toutefois protégé au Brésil par l'immunité parlementaire. Ses électeurs se disent : « Il vole, mais au moins il agit ! » Toutefois, l'image de Lula, tout comme celle de la présidente Dilma Rousseff, demeure remarquablement indemne, malgré la répercussion du scandale du « mensalão ». Signe que l'opinion publique brésilienne n'a pas encore succombé au syndrome du « tous pourris ».

 

 

 

Immunité, impunité, c'est ce bouclier confortable derrière lequel s'abrite la classe politique et que la Cour suprême souhaite faire voler en éclats. Une véritable révolution culturelle.

 

 

 

Thierry Ogier, 15 novembre 2012. Les Echos

 

 

 

 

 

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