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Publié par Saoudi Abdelaziz

Impressions du jeudi

Saoudi Abdelaziz. 27 octobre 2011

 Deux élections importantes se sont déroulées en Afrique en ce mois d’octobre. Au Cameroun d’abord où le Quai d’Orsay s’est d’abord félicité de « conditions acceptables» du scrutin présidentielle qui a permis à Biya le favori de la Françafrique de rempiler, avant de se rétracter plus tard, exigeant aujourd'hui que « les nombreuses défaillances et irrégularités  ne se reproduisent » pas dans les élections législatives de 2012.

C’est qu’entretemps les élections tunisiennes ont introduit un nouveau paramètre d’appréciation dans l’administration Sarkozy. Après avoir imposé son hégémonie sur les places publiques, le peuple tunisien, sans crier gare, s’est emparé du suffrage universel, élisant en masse les candidats des partis qui se sont engagés pour la rupture démocratique  avec le système Ben Ali encore omniprésent et pour la cohésion nationale.

L’envahissement populaire des bureaux de vote, le jour J, n’est pas le résultat des prouesses techniques de Nejib Gharbi et de son équipe de communicants d’Annahda. La participation quasi unanime des Tunisiens au scrutin est un évènement historique majeur, qui fournit aux démocrates algériens une indication sur le chemin que peut prendre l’histoire au Maghreb. 

 Cette prise de possession du droit de vote est une nouvelle grande initiative du peuple tunisien. Par delà les scores des uns et des autres c’est sur ce double engagement de rupture et de cohésion nationale que la grande majorité des députés ont été élus. Ils seront jugés sur le respect de ce mandat impératif irréfutable.

 C’est dans un cadre général apaisé, imposé par un puissant corps électoral, que les confrontations entre les programmes des uns des autres pourront se déployer autour des enjeux nationaux et sociaux complexes de ce pays frère.

Le Spectacle a été pris à ses propres pièges : ses opérations spéciales médiatico-policières débouchent sur des résultats inverses de ceux recherchés. Il en est ainsi de l’opération NedjmaTV et de l’intense campagne médiatique, mobilisant télé et internet, qui devait dresser les électeurs les uns contre les autres, le Coran ou Voltaire à la main et des bombes dans les poches. Un observateur écrit : « Les urnes ont montré que le peuple n’était pas forcément celui visible sur internet et les plateaux télévisés ».

 

 

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