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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Accusé de constitution et d'organisation d'une bande de malfaiteurs pour le transport de stupéfiants, Z.A., âgé de 48 ans et demeurant dans la wilaya de Tébessa, a comparu, hier lundi, à l'audience du tribunal criminel près la cour de Constantine. L'accusé à bord d'un bus qui se dirigeait vers la wilaya de Tébessa, avait en sa possession plus de vingt kilogrammes de drogue. Après délibération, le mis en cause a été condamné à mort.

 14 février 2012. Source : Le Quotidien d’Oran

 

Condamné à mort ? On s’est posé la question sur cette peine irrémédiable. Qu’en est-il dans les autres pays du Maghreb et du Machreq?

 

Les législations sont très diverses.

Au Maroc, Les peines pour vente et usage de drogues varient entre cinq à dix ans. La Tunisie punit sévèrement la moindre possession de drogue, même à usage personnel, et prévoit un an de prison ferme au minimum pour de très petites quantités.

Les Émirats Arabes, le Koweït, l'Algérie et la Syrie prévoient la peine de mort en cas de trafic de drogue. La possession, même parfois de quantités infimes de drogues douces ou dures, peuvent être passibles de lourdes peines carcérales (de quelques mois à plus de vingt ans !).

L'Arabie Saoudite ne fait aucune différence entre l'usage et le trafic de drogues, ni entre drogues dures et douces. La peine maximale est la mort par décapitation ! Des peines de mort ont été prononcées pour possession de haschisch.

 

Dans le reste du monde

 

Les pays tolérants

 

En France, les peines de prison pour les délits moindres, tels que la possession ou l'usage, ou même la vente de stupéfiants à petite échelle, n'étaient que très rarement appliquées autrefois et ont été remplacées, en 2003, par le règlement d'une amende. Malgré un discours de sévérité, la législation a donc été assouplie. Mais elle ne le fut que dans le but d'éviter de dépénaliser ou de légaliser, tout en rendant possible l'application de la loi. Ces mesures font toutefois de la France un des pays les plus tolérants du monde, au même titre que bon nombre de ses congénères européens.

L'Irlande, le Danemark, le Portugal, l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche et la Hollande ont dépénalisé l'usage de cannabis tout en maintenant l'interdiction sur la détention, l'achat, la vente et le trafic. Les plus sévères pays d'Europe en matière de cannabis sont la Grèce, le Luxembourg, la Suède et la Finlande. Les Pays-Bas ont mis en place des programmes d'administration de méthadone dans le but d'endiguer la toxicomanie, ainsi que des distributions de seringues pour éviter la propagation du sida et des hépatites B et C. D'autres pays européens possèdent des programmes similaires. C'est en général une approche du problème vers laquelle les membres de l'UE se tournent de plus en plus. Chose que l'on ne peut pas dire du reste du monde… sauf du Mexique - dont la législation ressemble fort à celle pratiquée en France - et du Canada, où le débat sur la légalisation du cannabis sévit comme en Europe. Début 2004, le gouvernement est censé se prononcer concernant la dépénalisation de la possession de petites quantités de cannabis à usage personnel. Une telle loi serait accompagnée d'une augmentation des amendes pour vente ou trafic de cannabis.

En août 2001, la Colombie, par la voix de Carlos Holguin - président du directoire du Parti Conservateur - a proposé un accord national et international pour légaliser la drogue. Le contrôle de la cocaïne est devenu l'un des enjeux de la guerre civile qui ensanglante le pays depuis plus de trente ans. Selon lui, " plus la drogue est prohibée, plus son commerce est lucratif ". La légalisation des drogues serait alors peut-être le moyen le plus rapide d'obtenir une paix durable. Mais en ce moment même, plusieurs Français y purgent de lourdes peines pour trafic de stupéfiants.

 

Les pays sévères

 

En 1970, la loi antidrogue fédérale des États-Unis établissait une distinction entre la marijuana et les autres drogues tout en allégeant les peines. Mais les choses se sont corsées dans les années quatre-vingt et les sanctions ont été renforcées. Depuis, les condamnations pour possession et usage varient de un à trois ans d'incarcération, en fonction du nombre de récidives et du type de narcotique saisi. La cocaïne et ses dérivés font exception : entre cinq à vingt années de prison pour détention, cinq ans à perpétuité pour trafic ou confection de stupéfiants.

En Inde, l'usage ou la possession de stupéfiants peut valoir six mois à vingt ans de prison. Pas de liberté sous caution et l'attente du jugement peut durer plusieurs années.

 

Parmi les pays les plus intransigeants

 

La Chine compte plusieurs centaines de condamnations à mort et d'exécutions chaque année pour commerce ou usage de drogue. En Iran, même l'état de dépendance à une drogue est considéré comme un crime et les délits les plus graves sont punis de mort. Le Pakistan ne fait aucune différence entre l'usage et le trafic de stupéfiants. Quelle que soit l'infraction, le coupable peut être condamné à la prison à perpétuité ou à la mort.
À Singapour, la consommation de toutes drogues est interdite, ainsi que la possession d'ustensiles en permettant l'usage (pipe, seringues, etc.). Une très faible quantité de narcotiques suffit pour être inculpé de trafic, ce qui rend passible de la peine capitale ! Des test d'urine ou sanguins peuvent être effectués à l'entrée dans le pays. Un résultat positif sera légalement considéré comme une consommation sur place.

 

Source : Le Guide du Routard

 

 

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