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Publié par Saoudi Abdelaziz

"En ce début janvier 2014, alors que le président Bouteflika s’apprête à convoquer le corps électoral, il est tout aussi évident que le choix d’avril prochain a été déjà fait" affirme ce matin Abed Charef dans Le Quotidien d'Oran. Il explique : "Il est inconcevable, au vu de la nature du système politique algérien, que ceux qu’on appelle communément "les décideurs", en soient encore à palabrer". Les jeux seraient donc faits selon le politologue, on va bientôt nous livrer le numéro gagnant.

Pendant des mois, les systémologues algériens ont joué à qui perd gagne et ont perdu à tous les coups. Et puis, leur temps politique médiatique s'est figé, et ils le font passer bi na. A quelques pages du confrère qui jette l'éponge, Kamal Daoud veut au contraire continuer à jouer le jeu du qui est quoi. Au moins, avec lui on s'amuse à tuer temps.

 

 

 

LES CANDIDATS, UN PAR UN

 

Par Kamel Daoud,  9 janvier 2013

 

 

 

A une semaine de la convocation des électeurs et donc à deux semaines des premières candidatures, il faut faire le décompte : Qui reste sur le tapis de course et sur la liste du mur?

Bouteflika lui-même. Peu probable. Déjà tranché. L'homme est malade et cela on ne peut pas le changer en limogeant un directeur à l'ENTV ou en jouant sur les images. C'est une réalité. Par générosité, par raison, par élan, on ne peut pas prétendre guider un pays et en prendre la responsabilité devant l'histoire avec une santé défaillante. Il ne s'agit pas d'insulter la santé d'un homme mais de ne pas insulter l'avenir d'un pays.

Sellal Abdelmalek. Il est présenté et dit comme l'homme du consensus et de la continuité. Certains le trouvent léger en discours mais d'autres apprécient sa neutralité en politique. A force de surdosage en partis politiques, être sans parti n'est pas être orphelin, mais c'est être propre aux yeux des Algériens. L'homme doit travailler son image et son discours mais sans tomber dans le remake seconde catégorie de la sévérité boumediennienne. Il a sa chance. Parce qu'il n'est l'ennemi de personne, pas même l'ennemi de lui-même comme certains ministres.

Ouyahia. En Mauritanie. Chez lui. Dans sa tête. L'homme est si intelligent qu'il a compris qu'il vaut mieux laisser la soupe reposer avant de revenir. Lui aussi a très mauvaise image. A cause de lui, pas de l'ENTV cette fois. Peut-il faire président ? Non. Trop tôt. Trop loin. Trop dur. Trop mauvais souvenir.

Benflis. On le connaissait mou, il nous revient en indécis. Il a mis trop de temps et cela a fini par lasser et faire douter de sa force et de ses bras. Il le pense d'ailleurs lui-même, de lui-même. Si Bouteflika ne se présente pas, Saïdani sera mangé et le FLN (une partie) se repliera sûrement vers Benflis. Le problème c'est le temps. Il en a trop eu en retraité, il n'en a pas en candidat.

Bensalah ? Non. C'est un éternel numéro 3 et cela il le veut bien et il ne veut pas plus. Ni moins d'ailleurs. En politique algérienne, Bensalah n'est pas un nom, mais un prénom.

Khadra Yasmina ? Il vaut mieux ne pas en parler. Il est déjà dictateur avant d'être président et sa mise au point sera plus longue que ces deux phrases. Il a la délicieuse naïveté du patriotisme de certains militaires. Après avoir écrit des romans beaux, il rêve d'écrire la Constitution. Amusant.

Un islamiste ? Oui. Un jour. Après le Jugement dernier. Pendant le mois du ramadan. En Arabie. Mais plus ici.

Les deux ou trois immigrés dont personne ne retient le nom ? Oui. Pour rire. Le pays a été trop triste pendant une décennie.

Le patron de la police algérienne, El Hamel ? On en parlait il y a peu, sans plus. Sauf qu'à l'homme, il manque encore un poste de ministre de l'Intérieur pour apprendre à faire de la politique et il est encore tenté par de dangereuses confusions entre émotions, familles, institutions et emportements. Le soutien d'un journal salissant comme Ennahar ne va pas le servir, même en insultant les gens et les accusant de rouler pour la France (sic) et un privé, sur la base des fiches établies par un ex-ministre de l'Intérieur. La carrière du bonhomme est trop courte pour ce poste. Président ? Pas encore, même s'il confond déjà ambition et précipitation, liberté d'expression et garde-à-vous. Ennahar le salue déjà comme Président et croit le servir en insultant. On sait pourquoi.

Hamrouche ? Il ne veut pas. Il est dit homme tellement prudent qu'il n'a même plus d'ombre en Algérie, ni de corps, ni de parole. C'est le premier disparu des années 90. Et il n'est pas encore réapparu. Il est dit homme à idées, mais cela ne semble pas le convaincre lui-même au pays du « bras ».

Aït Ahmed. L'âge et la Suisse. Saïd Sadi ? La retraite et la certitude qu'il n'y a pas de vie prouvée après les années 90. Ni pendant. Pour lui ou pour les autres.

Benbitour ? Avec Ghardaïa comme arrière-plan, il a plus de chance. Ce n'est pas un guerrier, mais un bon lutteur de classe. Les Algériens ne se souviennent plus de lui.

Belkhadem ? Oui, s'il offre, comme à son habitude, des passeports de Hadj à 38 millions de personnes à la fois et un burnous. L'homme est sans os politiques. Sans teneur sauf son tampon au front. Il est un homme de main, pas la main.

C'est à peu près la liste qui reste.

 

Le Quotidien d'Oran

 

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